Délestages : En Inde comme en Afrique ?

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(Ph : gabonenervant.blogpost.com)

Il n’y a donc pas que les pays pauvres qui se débattent dans les délestages. Même les puissances économiques, l’Inde en l’occurrence (3e puissance en Asie), ne sont pas  à l’abri des déboires qu’essuient les pauvres pays en développement comme le Burkina, le Bénin, le Sénégal et la liste est longue. A bien voir donc, l’électricité de l’Inde a de petits traits de ressemblance avec celle du cher « pays des Hommes intègres », entre autres.

Laxisme des sociétés d’Etat

Dans le pays de Gandhi comme dans celui de Thomas Sankara, la manne électrique est malaxée par les mains de l’Etat à travers des sociétés d’Etat. En Inde, on a beau accuser la surconsommation d’électricité des populations, il demeure que la Powergrid Corporation of India, la compagnie nationale d’électricité, peut difficilement se dédouaner d’une part de responsabilité dans la géante panne qui a mis dans le désagrément les 600 000 personnes en Inde.

La vétusté de ses installations et de son réseau est mise en cause. Comment peut-on comprendre qu’une société, nourrie à l’économie très florissante d’une puissance comme l’Inde, « bricole » la fourniture d’électricité avec des vieilleries ? Les raisons sont peut-être à chercher dans le laxisme observé dans les sociétés d’Etat.

Sans concurrence, bénéficiant d’un monopole sans partage, le principe du « client est roi » est appliqué à l’envers dans ces entreprises étatiques. Il est fort à parier que si les sociétés étaient deux ou trois à partager la fourniture du courant, laissant le choix aux Etats fédérés et à leurs populations de s’abonner aux services de la plus sérieuse, cette panne n’aurait peut-être pas eu lieu.

Et c’est ce même handicap qui règne dans les pays dits en développement comme le Burkina Faso. La SONABEL a habitué les Burkinabè  à des délestages intempestifs, récurrents et sans explication. Ou du moins, il est chaque fois avancé la sempiternelle raison de l’insuffisance de moyens financiers et matériels pour assurer les besoins des sujets de l’administration, pour ce qui est du Burkina ; des récriminations sur la qualité du combustible au Sénégal ou la recherche de boucs émissaires comme au Bénin.

Manque de prévoyance des gouvernants ?

Outre le laxisme doublé d’attentisme des sociétés qui gèrent l’électricité s’ajoute parfois l’imprévoyance des gouvernants. En Inde comme au Burkina, l’énergie étant le plus souvent gouvernée par le gouvernement, l’arrivée de certains faits désagréables est souvent étonnante.

On se demande, en effet, si les autorités indiennes n’étaient pas au courant de la vétusté du réseau électrique avant que celui-ci ne lâche. Si elles ne l’étaient pas,  pourquoi auraient-elles alors fixé des garde-fous à l’approvisionnement des Etats fédéré ?  Cela donne l’image en tout cas d’un Etat qui attend que la grêle lui tombe sur la tête avant de chercher un parapluie. Comme en Afrique.

On est émergent ou on ne l’est pas

Mais, en toute objectivité, le Burkina, et les pays africains en général, ont à leur décharge le manque de moyens d’un pays qui n’est pas émergent, même si certains en ont l’ambition. Pour une puissance qui cherche à soigner son image, cette panne ne fait pas joli sur le tableau de l’Inde. Pour mériter ce titre d’émergent, elle devra se débarrasser des mauvaises habitudes acquises quand elle était encore classée dans la catégorie des « en voie  de développement ». On est émergent ou on ne l’est pas.

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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