Les histoires insolites de Tanga : Homme de Dieu le jour, voleur la nuit

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(Ph : telenetinfos.blogspot.com)

L’habit ne fait pas le moine. Le boubou ne fait pas le musulman. La croix ne fait pas le prêtre et dire « alléluia » ne veut pas dire être bon pasteur. La preuve ?

Ladji Moussa était craint et respecté dans le quartier. Sa voix était écoutée dans la mosquée. Ses prêches étaient bus. Sa fatwa était plus efficace que la décision d’un tribunal.  Chaque vendredi, sa mosquée était l’une des rares où les fidèles venaient deux heures avant que la grande prière ne soit « arrêtée ». C’était presqu’un saint.

Le vice se remplit

Mais LadjiMoussa avait un vice. Et personne ne le savait. Sauf lui, Dieu et son vice. Chaque soir après la prière et après avoir goûté subrepticement à la nourriture de ses quatre règlementaires épouses, le saint homme rentrait vite se coucher. Ladji Moussa était renommé pour être un « couche-tôt ».

Et quand il se couchait, personne ne devrait faire de bruit. C’est alors qu’à une certaine heure, au moment où les « habitants de la nuit » se levaient pour vaquer à leurs occupations, Ladji Moussa ouvrait doucement sa porte et se fondait dans l’obscurité. Rasant les murs.

Marche vers l’interdit

Grâce à un rayon de lumière, on peut s’apercevoir que Ladji Moussa ne porte pas son boubou habituel, mais un ensemble d’ancien combattant, du genre jeune premier dans les années 90. A la place de son boubou, un large chapeau jetait de l’ombre sur son visage. Difficile de le reconnaître.

Il se faufilait dans les ruelles, marchant rapidement, tête baissée, comme sachant très-bien où il allait. Après plusieurs détours, Ladji Moussa s’arrête brusquement devant une porte. Il frappe de ses deux doigts repliés, d’abord deux coups rapprochés, puis un coup.Bruit étouffé derrière la porte, qui s’ouvre ensuite, après d’autres bruits de crochets enlevés. Ladji Moussa entre et la porte se referme.

Et le vice versa

A l’intérieur, une ampoule jette une lumière blafarde et une voix annonce :

Ladji, elle est là, comme prévu !

– Elle est bien délicieuse, dodue et potelée comme je les aime ?

– Oui, bien-sûr ! Allez, goûtez voir !

– Mais comme tu sais, ça reste entre nous !

– C’est clair là, Ladji ! Je l’amène ?

– Mais bien-sûr !

La main amena ce qu’elle avait  à amener. Ladji écarta doucement le tissu.

– Walahi, j’adore vraiment la viande de cochon !

Votre serviteur Tanga ([email protected])

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 8 commentaires

  1. Un saint n'est point Dieu ! Il n'y a que Dieu seul qui soit PARFAIT et qui n'ait point besoin de r?demption puisqu'il est de par sa nature la REDEMPTION elle-m?me par excellence !

  2. Moi j' aime pas la viande du porc parce que tout simplement m?me vivant il m' inspire pas du tout confiance, pis s il se r?trouve ds mon ventre entre mes intestin n oubliez pas il mange tout sur passage!

  3. tu es trop fort zour?. le sens de dire vrai dans le comique. ya quoi m?me dans viande de cochon la m?me et tout le monde en est si friand m?me ton Ladji Moussa?

  4. Ki? walay! Ladji! Rien que pour le porco tu fais des efforts extraterrestres! Mais il l’aura voulu puisqu’il est connu et v?n?r? comme un sain. Et pourtant…

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