Fête de l’indépendance du Burkina au Canada : Quelques personnalités s’expriment

196 0

C’est en date du samedi 11 août 2012 qu’était célébrée, à Ottawa (Canada), la fête de l’Indépendance du Burkina Faso. A cette occasion, un BBQ et matchs de soccers étaient organisés dans la région et nous avons pu nous entretenir avec quelques personnalités, dont Adrien Koné, ambassadeur du Burkina au Canada, le président de l’association des Burkinabé d’Ottawa et de l’Outaouais (ABOO), l’association organisatrice de l’événement, Cheick Savadogo et madame Stéphanie Sinaré, chargée des relations externes de l’ABOO.

Adrien Koné, ambassadeur du Burkina Faso au Canada: J’aimerais inviter les frères  à ne pas oublier la mère patrie”

Burkina 24 (B24): Quels sont vos grands projets pour le développement des partenariats entre le Canada et le Burkina?

Adrien Koné (AK): Mes objectifs c’est d’abord d’inviter la communauté à s’organiser parce qu’il y a beaucoup d’expertise dans cette communauté, il faut qu’elle puisse partager avec les frères du pays et j’aimerais les inviter à ne pas oublier la mère patrie. Maintenant pour ce qui est du partenariat Canada-Burkina, il est tout à fait normal qu’il y ait des actes fondamentaux qui sont là et qu’on doit suivre, par exemple pour ce qui est de la coopération économique, culturelle et aussi sur le plan de la formation et des ressources humaines. Vous savez que le Canada regroupe beaucoup d’étudiants ici, cela veut dire que la formation est là et nous devons chercher avec les accords qui sont présentement en place afin de voir à ce qu’il y ait beaucoup plus d’étudiants burkinabé qui s’orientent vers des secteurs de pointe, tel que les mines, les technologies de la communication, cela est très important et j’invite tous les Burkinabé qui sont là, qui ont cette expertise de s’asseoir et de partager leurs savoirs. Nous devons le faire pour notre mère patrie.

B24: Est-ce que vous planifiez une tournée de rencontres avec les communautés burkinabé à travers le Canada bientôt?

AK: Nous avons reçu des inscriptions pour la désignation du délégué du Canada au Conseil supérieur du Burkina à l’étranger, nous devons organiser cela, et présentement, nous sommes entrain de préparer notre circulaire pour dire aux différentes communautés, aussi bien à Toronto, qu’à Québec, Montréal, et puis, ici à Ottawa, que nous allons nous déplacer vers eux, les rencontrer et discuter des modalités pratiques de cette organisation d’élection  du délégué burkinabé du Canada du Conseil supérieur de l’étranger, parce que les textes pratiques sont là, mais si on est sur le terrain, on ne peut pas remplir toutes les conditions, donc, c’est à nous maintenant de voir par rapport à notre contexte comment nous organiser et une fois cette organisation faite, nous devons nous améliorer pour les prochaines fois.

Donc, bientôt, je crois dans les mois de fin août, début septembre je ferai le déplacement vers ces les trois autres coins (Montréal, Toronto et Québec), puisque je réside à Ottawa, pour qu’on puisse s’organiser et désigner quelqu’un qui puisse être un porte-parole des Burkinabé-Canadiens au Burkina Faso. 

 Cheick Savadogo, Président de l’ABOO : “Quand on aime son pays, il faut être prêt à  tout faire pour réunir le maximum de personnes”

Son Excellence et le Président de L’ABOO

Burkina 24 (B24): Pourquoi avoir organisé cette fête, cela représente quoi pour les Burkinabé?

Cheick Savadogo (CS): Avant de commencer, je tiens d’abord à remercier Burkina24 pour sa présence ici et donner cette opportunité de pouvoir nous exprimer, c’est très important.

Donc, cette fête souligne l’indépendance du Burkina Faso et puis, nous la célébrons chaque année et c’est en cette occasion que nous sommes ici, aujourd’hui, ensemble, avec plusieurs autres communautés afin de faire la fête et nous amuser.

B24: Comment vous êtes venu l’idée d’organiser cet événement?

CS: Avant d’être Président de l’association des Burkinabé d’Ottawa et de l’Outaouais, j’étais responsable à la culture et à l’organisation et j’avais déjà cette initiative et cette facilité de pouvoir organiser des fêtes comme celle-ci afin de réunir le maximum de gens possible. Pour nous, c’est très important de célébrer cet événement, car il marque en fait, l’indépendance de notre pays et on a travaillé dans ce sens pour permettre aux gens de se retrouver et faire la fête!

B24: Pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

CS: J’ai débuté dans l’association en 2006 et puis, parce que je suis une personne qui aime beaucoup s’impliquer dans les associations et c’est cela qui m’a motivé et travailler dur pour permettre aux Burkinabé de se retrouver et l’événement d’aujourd’hui peut en témoigner. Cela me fait vraiment plaisir, et puis, cela me donne vraiment une certaine fierté, parce que pour moi quand on aime son pays, il faut être prêt à tout faire pour pouvoir réunir le maximum de personnes possibles et aussi permettre aux gens de  partager leurs cultures et permettre aux Burkinabé de faire connaître notre pays sur la plan international.

B24: Parlez-nous un peu de votre association ?

CS: L’ABOO, c’est d’abord l’association des Burkinabé d’Ottawa et de l’Outaouais, qui existait avant 2002, mais de manière plus informelle. C’est en 2002 que nous avons enregistré l’association et je suis venu travailler avec le Président sortant, Edmond Ziba, qui m’a approché afin de voir comment on peut travailler ensemble pour permettre aux gens de se réunir de temps en temps et c’est comme cela que je suis rentré dans l’association en 2006 et j’étais responsable à la culture et à l’organisation. Ensuite, il y a eu une assemblée générale et par vote, je suis devenu le nouveau Président de l’association des Burkinabé d’Ottawa et de l’Outaouais.

B24: Et jusqu’à présent, comment vous sentez-vous dans ce rôle de Président?

CS: Je me sens bien, car comme je le disais précédemment, j’aime vraiment permettre à la communauté de se retrouver, essayer de voir ce que je peux faire dans ce sens, avec l’ensemble de l’équipe bien sûr, car nous sommes une équipe très dynamique. Je sens vraiment que les gens/la communauté a un engouement pour les activités que nous organisons. Par exemple, comme la journée d’aujourd’hui, on a réussi à regrouper plusieurs autres communautés, comme celle du Mali, du Togo, de la Cote d’Ivoire et du Cameroun, donc, si les gens sont intéressés aux activités, cela facilite le tout, le travail, par exemple. Il faut vraiment aimer ce que l’on fait et vouloir faire bouger les choses.

B24: Quels sont les prochains événements qu’on peut attendre?

CS: Pour l’instant, on en a pas mal de projets, mais on ne peut pas trop se prononcer là-dessus, on a beaucoup de travail à faire. Nous voulions, en premier lieu,  fêter l’indépendance du Burkina et avec l’ensemble de l’équipe, nous allons organiser d’autres activités et événements, comme, par exemple, organiser un gala avec l’ensemble des associations burkinabé qui existent au Canada et l’ambassadeur, qui est très ouvert et dynamique. Nous sommes très chanceux d’avoir son Excellence, monsieur Adrien Koné parmi nous et nous allons le soutenir.

Madame Stéphanie Sinaré, chargé des relations externes de l’ABOO: Il faut que le pays nous dise de quoi il a besoin”

Son Excellence et l’équipe de l’ABOO

B24: Est-ce votre 1ère participation à cet événement?

Stéphanie Sinaré (SS): Non, ce n’est pas ma première participation à cet événement, cela fait quatre ans et demi que je suis dans la région et dès que j’ai déménagé, j’ai joint l’association, le bureau, en tant que bénévole d’abord et cela va être ma 3e grande participation aux activités de l’association.

B24: Quel est votre rôle dans l’association?

SS: Mon rôle au départ a vraiment été en tant que bénévole aux activités et donner un coup de main lorsque nécessaire et puis, ensuite, je me suis impliquée de manière plus formelle et j’ai eu le poste de chargé des relations extérieures, qui consiste à participer aux activités des autres communautés ou toute activité qui donne de la visibilité à l’ABOO, et aussi à mener les gens à participer à nos activités. Je vois cela comme un échange entre les Burkinabé et les autres communautés, qui viennent participer à l’occasion. Par exemple, aujourd’hui, vous avez pu voir le tournoi de soccer, où on a invité d’autres communautés, telles le Cameroun, le Mali, etc. Mon rôle c’est d’être cet intermédiaire, on pourrait dire, entre les communautés et les autres activités externes.

Mon rôle, à cet l’événement, présentement, c’est multidisciplinaire, c’est-à-dire à organiser le BBQ, veillez à ce que tout aille bien et aussi rencontrer les gens et discuter avec eux. C’est vraiment intéressant!

B24: Quelles sont vos impressions sur l’événement ? Est-ce que cela a fonctionné comme vous l’espériez?

SS: Oui, nous trouvons que cela a bien fonctionné, surtout que nous étions incertains par rapport à la météo. Finalement, nous sommes vraiment contents, car c’est ensoleillé et les gens sont venus en grand nombre, à leur rythme. Donc, oui, c’est réussi! Pour les amateurs de soccer, ils peuvent suivre les matchs et tout le monde peut se réunir, discuter et s’amuser. Je suis satisfaite de la journée. Il y a aussi le tournoi de scrabble et de dames qui se passent présentement et les gens sont satisfaits.

Les trophés

B24: Pour terminer, quel serait votre souhait pour la communauté burkinabé du Canada?

SS: Je sais que dans les différentes villes, les Burkinabé organisent des événements pour se retrouver, se rassembler, au niveau local, oui ils sont organisés. Maintenant, au niveau du Canada, il serait bien qu’il y ait un rassemblement plus grand où, par exemple, on se réunirait autour d’une même activité pour faire rayonner le Burkina, ça pourrait être autant une activité culturelle que des activités de développement économiques où on inviterait des talents du Burkina au Canada, par exemple, inviter des chefs d’entreprise burkinabé et faire des jumelages avec des Burkinabés travaillant dans des entreprises canadiennes. Je suis convaincue qu’il y a beaucoup d’événements de cette nature à organiser.

D’ailleurs, je constate depuis quelques années, qu’il y a beaucoup des Burkinabé qui s’impliquent, mais surtout lorsqu’il y a des leaders qui prennent l’initiative de faire ce type d’activité.

Je prends l’exemple d’un ministre qui était au  Burkina et il voulait savoir quelles sont les compétences qui peuvent être utilisées pour que ceux du Burkina ou les Burkinabé vivant au Canada puissent jouir de nos connaissances et expériences mutuelles afin de contribuer ensemble au pays. Il faut aussi que le pays nous dise de quoi il a besoin, faire un projet-partenariat et je pense qu’il y a beaucoup de projets à faire.

Mon souhait serait vraiment d’avoir une activité centrale qui nous permette de tous nous rassembler.

Par exemple, je sais qu’à Montréal, il y a Miss Burkina Canada qui a été une belle initiative afin de rassembler toutes les associations burkinabé du Canada et oui, ce serait un bon exemple à suivre.

L’équipe gagnante : Rép. Centrafrique

Entrevues réalisées par Judith F. Langevin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre