Cinéma : Le Sénégal veut soutenir ses cinéastes, qu’attend le Burkina ?

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Le cinéma burkinabè a besoin du soutien de l’Etat (Ph: Sidwaya)

Ouagadougou est la capitale du cinéma africain. Le FESPACO en est la fière bannière. Les fans du cinéma african l’ont surnommé Ouagawood à l’image de Bollywood (cinéma de Bombay en Inde) et Nollywood (cinéma du Nigéria). Mais il ne suffit pas d’avoir une bannière. Il faut aussi des soldats et des actes pour la défendre. Un seul exemple, le soutien de l’Etat aux réalisateurs et producteurs de films n’est toujours pas au rendez-vous. Pendant ce temps, les autres avancent.

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Cas du Sénégal. Le nouveau ministre de la Culture sénégalais, Youssou N’Dour, vient avec de nouvelles ambitions pour le cinéma sénégalais. « Il y a désormais une ferme volonté politique pour la relance de la production sénégalaise », a-t-il exprimé dans les colonnes de notre confrère Lematin.ma.  L’une de ces ambitions est de fournir une aide de l’Etat à la production cinématographique. Mais ce n’est pas du « carrefour du cinéma africain » que le pays de Macky Sall compte s’inspirer.

Ouagadougou n’est pas une source d’inspiration

Sa source d’inspiration, c’est le Maroc. « Des professionnels et responsables du secteur du cinéma au Sénégal ont exprimé, vendredi à Dakar, leur ambition de marcher sur les traces de l’expérience marocaine pour relancer leur production cinématographique », confirme en effet notre confrère Lematin.ma ce lundi 13 août 2012. Et les Sénégalais ne tarissent pas d’éloges sur le cinéma marocain : « Le cas d’école du cinéma marocain qui offre un exemple édifiant pour l’ambition sénégalaise », a exprimé Hugues Diaz, le directeur sénégalais de la  cinématographie.

Plus précisément, les compatriotes de Sembène Ousmane veulent s’inspirer du Centre cinématographique marocain, une structure spécialisée dans le soutien à la production cinématographique. Pour le Sénégal, il s’agira de mettre sur pied une structure semblable qui permettra concrètement de fournir une avance sur recettes aux cinéastes, qui leur permettra d’avoir une part importante du budget de leurs films avant d’aller chercher le reliquat auprès de structures étrangères.

Les cinéastes du pays qui abrite le « Festival de Cannes africain » ont besoin de financements (Ph : inalco.fr)

L’Etat doit s’investir un peu plus dans la production cinématographique

Voilà un cas d’école pour le carrefour du cinéma… africain où les cinéastes se débattent, jonglent, courent de gauche à droite pour boucler le budget de leur production. Il n’est pas besoin d’être un professionnel du domaine pour savoir que les réalisateurs burkinabè sont laissés à eux-mêmes quant aux ressources financières nécessaires à leurs films. Noraogo Sawadogo, scénariste et producteur très connu dans le milieu cinématographique, confirme : «  Le cinéma burkinabè d’aujourd’hui souffre du  manque de moyens à la fois artistique que financier».  Boubakar Diallo, réalisateur burkinabè, fournit plus de détails sur artiste.bf: « Nous avons réussi à faire 6 films sur 8 sans subvention de l’Etat (…) J’étais obligé en tant que scénariste, à me déguiser en réalisateur, en producteur et en démarcheur pour taper de porte en porte pour parler aux gens de mon projet ». Voilà à quoi donc sont réduits les cinéastes burkinabè.

Même s’il est vrai qu’une Association pour le fonds d’appui au cinéma burkinabé, présidée par Gaston Kaboré, se donne pour ambition d’aider  financièrement les cinéastes burkinabè, il demeure qu’elle reste une initiative privée et qu’elle ne pourra faire que ce qu’elle peut faire. Le « Fonds de soutien succès cinéma du Burkina » a été ponctuel (septembre 2011 à juin 2012) et très sélectif, comme la plupart des fonds de financement du cinéma.  Il est donc temps que le Burkina aille aussi à l’école du Maroc et mette en place un système de financement durable.

Un centre, à l’image de celui qu’ambitionne le Sénégal,  mis en place au Burkina, appuyé par la dite association, résoudrait pour beaucoup le casse-tête des fabricants de films au Faso et les aidera certainement à être dignement les tutélaires représentants du carrefour du cinéma africain. Et surtout, à tenir valablement face à la production de leurs frères africains

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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2 commentaires

  1. Formidable! Le S?n?gal va s'inspirer du Maroc (qui s'est inspir? du CNC fran?ais) pour b?tir une nouvelle politique cin?matographique ! Pendant que la Commission europ?enne s'efforce de fragiliser les CNC europ?ens, quasiment la totalit? des pays du monde d?veloppent des mod?les similaires en esp?rant obtenir des performances similaires pour leur cin?ma… Morale : "Nul n'est proph?te en son continent".

  2. C’est vraiment triste de voir que le gouvernement n’a pas encore compris l’importance du cin?ma. Lentement mais s?rement on va perdre notre meilleur outil de promotion du Burkina ? l’international.

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