Prorogation de l’enrôlement biométrique : « Affaire classée », selon Me Kéré

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Me Barthélémy Kéré, président de la CENI : “Nous ne voulons pas de politique stérile” (Ph : Burkina24)

La CENI  a définitivement tourné la page de la prorogation de l’enrôlement biométrique, qui est estimé à 8 milliards de F CFA pour le moment. Me Barthélémy Kéré et son staff ont les yeux maintenant rivés sur la phase de dédoublonnage et l’enregistrement des candidatures des partis politiques pour les couplées de 2012.

Devant la presse qu’il a rencontrée ce jeudi 30 août 2012, Me Barthélémy Kéré a tranché sur la question de la prorogation de l’enrôlement biométrique. « C’est une affaire qui est classée », a-t-il dit, expliquant que « nous ne voulons pas avoir de polémique stérile avec une partie de la classe politique ». Cependant, relancé par les journalistes, Me Kéré est revenu, sans le citer, sur les propos tenus par le président de Le Faso Autrement, Ablassé Ouédraogo. Ce dernier a dit en l’occurrence qu’il n’y a pas de crise au Burkina.

« Il n’y avait aucune crise au Mali »

Me Kéré a rétorqué que « avant le coup d’Etat de Hamadou Sanogo, il n’y avait aucune crise au Mali », disant néanmoins que s’il y a un décret qui repousse la date des élections, « je n’ai aucun problème  (…), nous allons nous réorganiser ». Cependant, il attire l’attention sur le risque institutionnel d’un ultime report. « Faisons attention, faisons en sorte que nos institutions soient fortes, ne donnons pas de prétexte à qui ce soit de perturber la stabilité de notre pays ». Quant au soutien des bailleurs de fonds dont parle le président du Faso Autrement, Me Kéré lance que « depuis que j’ai pris fonction, j’attends toujours ces Partenaires techniques et financiers ; c’est l’argent de l’Etat qui a servi à faire l’enrôlement jusqu’à présent ! »

Face à la presse, la CENI a donné les raisons de la non prorogation de l’enrôlement biométrique (Ph : Burkina24)

Me Kéré a aussi rappelé que la CENI avait planifié une opération de ratissage dans les chefs-lieux de provinces avec un dispositif technique particulier. En termes simples, ce dispositif permet à un électeur de s’enrôler  en précisant le bureau de vote où il voudrait être inscrit. Les opérateurs de kits n’ayant pas la technicité requise pour cette opération particulière, la CENI s’était résolue à utiliser les  180 superviseurs aptes à le faire. Mais l’opposition comme la majorité ont émis une réserve, voulant forcément que l’enrôlement se fasse sur toute l’étendue du territoire.

Pourquoi les partis politiques ont refusé la solution de la CENI

Me Kéré dit avoir sa petite idée là-dessus. Certains partis disent maîtriser tel village et ne maîtrisent qu’une seule partie de tel autre. A l’enrôlement, ils transfèrent des électeurs dans le village non maîtrisé afin de rééquilibrer et de pouvoir avoir le nombre de conseillers escomptés. Mais le dispositif proposé par la  CENI risquerait de fausser ces calculs politiciens, d’où les réticences des partis. « L’opposition comme la majorité nous ont fait les mêmes remarques », explique le président de la CENI.

4 millions de F CFA pour déplacer un hélico

Toutefois, le redéploiement sur l’ensemble du territoire n’est pas possible, à son avis, compte tenu du délai restant et aussi des problèmes techniques et financiers que cela poserait en prenant en compte l’inaccessibilité de certaines zones en cette saison pluvieuse. A titre d’exemple, « à Bani, il a fallu débourser 4 800 000 F CFA pour transporter le matériel en hélico et 4 800 000 FCFA pour le ramener ; doit-on le faire pour tous les villages du Burkina ? » Il rappelle que l’enrôlement a occasionné des dépenses d’un montant de 6 milliards de F CFA, sans compter les 2 autres milliards déboursés pour acquérir le matériel (11 milliards de F CFA à l’achat, mais les experts estiment que ce matériel servira à autre chose  après l’enrôlement d’où un amortissement qui équivaut à 2 milliards par an), soit un total de 8 milliards de F CFA.

Autant de raisons qui confortent Me Kéré à estimer satisfaisant les 4 426 021 enrôlés à la date d’aujourd’hui. Du reste, certaines catégories de Burkinabè (que vous trouverez en encadré) peuvent s’enrôler après la clôture de la date des inscriptions sous certaines conditions.

Pas de duplicata en cas de perte de carte d’électeur

La conférence de presse s’est intéressée à d’autres points. Les électeurs sont informés qu’ils ne doivent pas perdre leur carte biométrique car ils n’auront pas de duplicata. La carte coûte cher et les situations où des électeurs se retrouvent avec deux cartes d’électeurs risquent d’être perturbantes, selon Me Kéré. Des présumés cas de fraudes ont été décelés, selon Me Kéré, et la CENI a posé des plaintes et  la justice suit son cours.

Dans les jours à venir, la CENI ouvrira ses portes à tous ceux qui sont intéressés par les méthodes de travail de l’instance électorale. Et même, « tous ceux qui le souhaitent peuvent se faire assister par un expert pour échanger avec nos experts », affirme le président du  navire électoral.

Les Burkinabè qui peuvent toujours s’enrôler

– Les fonctionnaires ou agents de l’Etat et des établissements publics et privés mutés ou admis à faire valoir leurs droits à la retraite après clôture des délais d’inscription, ainsi que les membres de leur famille domiciliés avec eux à la date de la mutation ou de la retraite.

– Les personnes ayant recouvré leur droit électoral par la perte du  statut qui les y avait empêchées ainsi que les membres de leur famille domiciliées avec eux.

-Les  Burkinabè immatriculés à l’étranger lorsqu’ils reviennent, à titre provisoire, dans leur circonscription d’origine au moins 15 jours avant le scrutin.

– Les électeurs déjà inscrits sur une liste électorale lorsqu’ils changent de domicile.

Ces demandes d’inscription doivent être faites au président de la commission électorale compétente par écrit ou verbalement avec toutes les justifications requises jusqu’au 15e jour avant le scrutin. (Art. 60 et 59 du Code électoral)

La CENI fixera « incessamment » par arrêté les lieux où ces citoyens peuvent se faire enrôler.

Extrait du discours de Me Barthélémy Kéré

 

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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