Bony: ‘’Ces hommes qui font la coiffure pour dames ne sont pas forcément des homosexuels’’

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Bony en pleine travail dans son salon. (Ph. B24)

Des femmes qui coiffent des dames c’est bien courant. Mais des hommes qui excellent dans ce métier, assez rares pour attirer l’attention lorsqu’on en voit. Et justement, nous en avons rencontré sans manquer d’attention ni de questions. Il s’appelle Bony , DIE THEOPHILE  à l’état civile et de nationalité ivoirienne. Comment en est-il arrivé là ? Quelle est l’avis de l’opinion sur ce métier ? Découvrons ensemble cette autre face de la coiffure dans cette interview que nous a accordée le propriétaire de Mondial coiffure situé au quartier 1200.

Burkina 24 : Depuis quand exercez-vous dans ce métier ?

BONY : Mes débuts remontent aux années 2003, mais il faut dire qu’à cette époque j’étais apprentis donc je peux dire que j’ai commencé réellement en 2004, soit un an plus tard.

 

Coiffeur malgré lui?

Burkina24 : Dites- nous qu’est-ce qui vous a motivé à choisir ce métier de tradition pour femme ?

BONY : Il faut savoir que je n’avais jamais eu cette idée. C’est par la force des choses si j’ai emprunté cette voie. Mon rêve était de devenir artiste chanteur, mais j’avais  pas les moyens d’entrer en studio. J’en parlais à mon grand-frère qui m’a conseillé de quitter Bangolo ou je vivais pour Abidjan pour me faire un peu de sous. Arrivé il m’a confié à un de ses amis pour apprendre la coiffure. Je n’étais vraiment pas content. De mon rêve de devenir artiste je me retrouve apprenti coiffeur.

                               

Il n’ya pas de sous métier

Burkina 24 : Alors comment vous en êtes arrivé là, puisque ce n’était  pas votre choix ?

Bony : C’est vrai que ce n’était pas mon choix; les débuts n’ont pas été faciles. Me retrouver dans un milieu si féminin me gênait un peu. Mais comme on le dit toujours il n’y a pas de sot métier j’ai fini par m’encourager et au fur et à mesure j’ai aimé la chose. Je me suis alors concentré et sacrifié mon rêve de devenir artiste pour bien apprendre. Et après un an d’apprentissage j’excellais beaucoup; ce qui a précipiter mon ascension.

Conduit au Burkina par la volonté de découvrir

Burkina24 : Vous disiez plus haut que vous avez commencez en Côte d’ Ivoire. Comment vous êtes-vous retrouvé au Burkina- Faso ?

Bony : Ah oui ! Après Abidjan j’ai été employé dans un salon à San Pedro, et là le salaire qu’on me donnait ne me satisfaisait pas. J’avais ce désir de découvrir d’autre cieux, je voulais évoluer dans un autre pays. Pas pour d’autres raisons, mais juste parce que j’aime voyager. Et Dieu faisant les choses une de nos clientes qui appréciait mon travaille m’a dit que sa sœur  au Burkina cherche un  excellent coiffeur.J’ai alors saisi l’occasion.

Burkina 24 : N’aviez-vous pas des craintes? Un pays que vous ne connaissiez pas réellement.

Bony : Je n’avais pas peur parce que je connaissais le Burkina à travers les gens et je savais que je n’allais pas avoir de problèmes en y venant. Le problème ce fut plutôt ma famille. Je me suis décidé sans l’avis familial, mon frère ainé s’tant catégoriquement opposé. Il avait même confisqué mes papiers. Mais j’ai trouvé les moyens pour réaliser mes ambitions. Voilà comment je suis arrivé au Burkina.

 

                       Plutôt  s’établir à son compte que de travailler pour quelqu’un.

Burkina 24 : Racontez-nous vos débuts au Burkina 

Bony :Je suis arrivé en 2010. Et comme je le disais, c’est une femme qui m’a fait venir. Mon salaire était de 75.000 francs. C’était pas suffisant, mais il fallait commencer avec ce salaire. Ensuite, une autre m’a découvert et m’a proposé un salaire de 125.000 francs. Mais le mode de payement n’était pas correcte, et j’ai alors pensé à prendre mon indépendance. Je me suis associé à un ami pour ouvrir un salon à moi.

 

 ‘’Je Suis illettré, et ça me rattrape’’

BURKINA 24 :Voulez-vous donc dire que vous êtes deux à gérer le salon ?

Bony : Je vais préciser: nous étions deux mais actuellement je suis seul à gérer mon salon, car avec mon ami nous avons eu des problèmes. J’ai oublié de dire que je ne suis jamais allé à l’école, donc c’est ce dernier qui gérait tout ce qui concernait les finances. Je remarquais des inégalités et j’ai préféré mettre fin à cette collaboration. J’ai donc ouvert seul mon salon au 1200 logements où je suis actuellement.

Burkina 24 : Parlez-nous de vos collaborateurs et comment est réglementer le travail?

Bony : Actuellement j’emploie onze filles et un garçon. En matière de règlement, je suis stricte d’abord en ce qui concerne le respect du client et ensuite j’interdit les commérages car les salons sont connus pour être un endroit ou les commérages sont courants. Et tous les employés respectent cela.

Ce n’est pas un métier d’homosexuels

Burkina24 : Apparemment les gens n’ont pas toujours une bonne opinion des hommes qui font des métiers pour dames ou évoluent dans un milieu féminin.

Bony :Oui, c’est bien le cas. Les gens n’ont pas toujours une bonne vue sur ce que nous faisons. Je crois qu’ils ont raison car ils ne sont pas dans le milieu. Certains même nous traitent d’homosexuels. Mais il faut que les gens comprennent que c’est pas forcément le cas. C’est de la pure imagination. Ce n’est pas parce qu’ on exerce ce métier qu’on est forcément homosexuel.

 

La fierté d’une famille

Burkina 24 : Avant votre mot de fin, que dit votre famille aujourd’hui ?

Bony :Ma famille est très fière de moi. Avec ce que je gagne, je peux supporter mes propres charges  et  pourvoir à certains besoins de la famille. Je suis issu d’une famille pauvre mais aujourd’hui je dis: “Dieu merci”.

Burkina 24 : un dernier mot, et peut-être des conseils à l’endroit de  vos jeunes frères ?

Bony : Je dit merci à Burkina 24 pour cet entretien en espérant que les gens auront une autre image de ces quelques hommes qui font ce métier. Et à mes jeunes frères,  d’écouter les conseils des ainés. Comme on le dit, «  c’est l’homme qui fait l’homme ». Si je suis ce que je suis aujourd’hui c’est grâce à mon grand frère, car c’est lui qui m’a amené à faire ce travail. Dieu nous aide tous Merci.

 

Ce que pensent les clientes.

Etant donné l’ambiance qui régnait dans le salon de Bony, nous avons tenu l’échange dans la cour arrière du salon. Mais après notre entretien, nous sommes revenus constater le travail, mais surtout, recueillir l’avis d’une cliente.

MLLE EDITH ZONGO la cliente en question s’est exprimée en ces termes: « j’apprécie beaucoup le travail de Bony, il est correct dans son travail, l’accueil est bien dans son salon. J’ai pas de préjugés par rapport à son travail. Il mange à la sueur de son front. Je choisis Bony pour me  coiffer quand c’est des modèles complexes que les coiffeuses ordinaires ne peuvent pas faire. Il est homme ce qu’il veut voir sur sa chérie (sourit-elle) il le reproduit sur les clientes.»

A.S

 

 

Il y a 1 commentaire

  1. Konf? Abdoul Razack Ha?ti |

    il n y’a pas de sous metier.le domaine est mal connu par le grand publique.je discute souvent avec les dames et beaucoup assure pue les hommes s’y connaissent souvent mieux en travaux destin?s ? la gente f?minine.bon vent ? lui et surtout beaucoup de courage!

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