Mercure de la semaine : Y a-t-il de la qualité dans cette quantité d’écoles ?

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(Ph: lespuisatiers.com)

Arrosés par la volonté de l’Etat burkinabè de passer le relais de l’éducation au secteur privé, les lycées, collèges et universités non publics poussent avec enthousiasme et empressement aux quatre coins du Faso. Une bonne chose. Mais est-on certain que la graine et l’ivraie ne se mélangent pas dans ce foisonnement ?

Le vice du gain

On le sait, il y a de l’argent dans l’éducation. Et le risque est grand que la qualité de cette éducation ne soit sacrifiée sur l’autel du gain. Les avatars du commerce sont reconnus comme néfastes. Rien de plus dangereux que de maquiller la date de péremption d’un produit pour pouvoir l’écouler. Le danger est autant important quand on tam-tam les éloges de son établissement pour ensuite mettre sur le marché de l’emploi des chômeurs qui ne peuvent pas convenablement écrire leur nom. Pourtant, certaines pratique dans ce domaine tendent à cela.

Qualité des enseignants

L’un des éléments essentiels d’un enseignement aux résultats probants, c’est sans doute la qualité de ceux qui véhiculent le savoir. La recherche du bénéfice commercial pousse parfois certains chefs d’établissements à recruter des jeunes chômeurs sans le niveau requis, donc plus flexibles sur le plan financier. Ou alors, ils peuvent recruter des professionnels, mais ne payant pas ces derniers conséquemment, ils fournissent un travail au rabais.

Qualité des équipements

Ensuite, inculquer du savoir nécessite des instruments. Certains parents ont fait l’amère expérience d’établissements qui ont esquinté les crieurs publics afin d’annoncer qu’ils ont des salles d’informatique super équipées alors qu’il n’ont qu’une ou trois vieilles machines éreintées logées dans quelques mètres carrés. On ne parlera pas de ces collèges ou lycées qui ressemblent à des cases ou qui ne font pas de différence avec le domicile de leur propriétaire.

Qualité des références

Pour ce qui concerne les universités, le hic est à rechercher dans la reconnaissance des diplômes. Les parents, souvent mal renseignés ou en quête du moins disant, inscrivent souvent leurs enfants qui feront des études à perte car leurs diplômes ne leur seront d’aucune utilité.

La liste n’est pas exhaustive. Ce qui dont amener l’Etat à faire plus attention dans ce virage que négocie l’enseignement au Burkina.

Le gouvernement a sans doute signé des cahiers de charges avec tous ces établissements. Mais il serait peut-être temps d’établir une liste référentielle des établissements secondaires et supérieurs recommandables au Burkina. Cela aura l’avantage d’amener les canards boiteux à changer leur démarche.



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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