La communauté internationale au chevet du Sahel : vers l’élaboration d’une stratégie régionale intégrée

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Le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon, a présidé le mercredi 26 septembre à New York, une réunion de haut niveau sur le Sahel. Plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement, des Ministres, ainsi que des représentants d’organisations sous régionales, régionales et internationales, ont participé à cette rencontre. Le Burkina Faso a été représenté par le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération régionale, SEM Djibrill  Bassolé qui y a fait une déclaration au nom de SEM Blaise Compoaré, Président du Faso et Médiateur de la CEDEAO pour le Mali.

Environ une cinquantaine de Chefs de délégation sont passés à la tribune de cette importante rencontre qui a été consacrée à la situation de crise que vit le Sahel depuis quelques années, et particulièrement l’invasion depuis plusieurs mois du septentrion malien  par des islamistes, des terroristes et des indépendantistes armés.

En effet, le Sahel est confrontée depuis des années à plusieurs défis que sont la sécheresse, les inondations, les famines, le chômage, la faible présence de l’administration, la faiblesse des institutions étatiques… la pauvreté.  Cette situation a été aggravée par la crise actuelle au Nord Mali, où les populations depuis plusieurs mois, sont prises en otage  par des groupes armés  extrémistes et séparatistes de tout genre, transformant ainsi la région sahélienne en un sanctuaire de trafiquants de drogues, d’armes, d’êtres humains.

Si plusieurs intervenants ont évoqué les défis globaux qui se posent à cette région, tous ont surtout axé leur intervention sur le cas malien. Ils ont vigoureusement déploré et condamné la situation de violation flagrante des droits de l’Homme dans le Nord du pays, et ont favorablement accueilli la décision du Secrétaire Général des Nations Unies de nommer un envoyé Spécial pour le Sahel.

La grande majorité, pour ne pas dire l’ensemble des intervenants, ont appelé à une intervention militaire immédiate. Le Premier Ministre malien, Cheick Modibo Diarra, qui a conduit la délégation de son pays à cette rencontre a, après avoir fait un bref état des lieux, sollicité « la mise en place d’une force internationale composée de tous ceux qui veulent et peuvent nous aider à reconquérir les territoires occupés ». Pour le Président français François Hollande, à ce stade, tout effort de négociation fait plutôt le jeu des terroristes. Dans son allocution, il  a exprimé la détermination de son pays à trouver une solution urgente à cette crise. Il a alors  affirmé  que la France ferait « tout ce qu’elle peut » pour soutenir les futures opérations militaires.

Le Burkina prône une approche politique et diplomatique combinée à l’usage de la force

Si la majorité des intervenants appellent de tous leurs vœux une intervention militaire immédiate pour la reconquête du Nord Mali, d’autres, comme  Ban Ki-moon, sans être contre l’usage de la force pour chasser les bandits armés qui sévissent dans cette région,  invitent à un examen approfondi de cette option, et à beaucoup de prudence. Pour le Secrétaire Général de l’ONU,  toute tentative de résoudre cette crise par la force doit être examinée avec le plus grand soin, car elle pourrait avoir des conséquences humanitaires importantes, notamment de nouveaux déplacements de population et une restriction d’accès aux populations par les organismes humanitaires.

Tous les représentants des pays de la sous région ouest africaine, ont dans leur adresse, condamné les exactions et les sévisses endurées par les populations au Nord Mali, et appelé à une solution concertée et vigoureuse afin d’éviter à l’ensemble de la sous région une contagion. Le Président nigérian Goodluck Jonathan qui a parlé au nom du Président Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO, a souligné la nécessité de l’adoption d’une position commune et concertée pour la résolution de cette crise. Pour le Chef de la diplomatie burkinabè, représentant le Médiateur de la CEDEAO, SEM Blaise Compaoré, Président du Faso, « Le développement de l’extrémisme religieux, du terrorisme associé à la grande criminalité transfrontalière seront de nature à compromettre durablement la paix, la stabilité et la sécurité  régionale voire internationale si nos actions en faveur des populations locales de la région du sahel n’étaient pas  à la hauteur de leurs aspirations légitimes.

 L’atteinte de nos objectif de paix, de sécurité et de développement durable au Nord du Mali comme dans toute la région du Sahel nécessitera une approche politique et diplomatique combinée à l’usage de la force dont l’objectif sera de mettre hors d’état de nuire les bandes armées à vocation transnationale qui développent le terrorisme, l’extrémisme religieux et la criminalité organisée. J’exhorte par conséquent la communauté internationale à se mobiliser pour une approche globale et intégrée visant à créer dans la région du Sahel les conditions d’un environnement de paix et de stabilité débarrassée de toute de menace ». Et pour le Président de la commission de la CEDEAO, « la manière dont nous seront en mesure de collaborer avec efficacité, en tant que communauté internationale, pour résoudre la crise constitutionnelle et territoriale à laquelle est confrontée ce pays contribuera largement à servir de modèle pour la mise en œuvre de la stratégie à court et moyen terme ».

En effet, pour le moyen et long terme, et pour éviter à la région une telle crise à l’avenir,  l’ONU, à la demande du Conseil de sécurité s’emploie actuellement  à l’élaboration d’une stratégie régionale intégrée pour le Sahel qui vise à renforcer les moyens régionaux d’action afin de lutter contre l’insécurité, de prévenir et combattre les crises de grande envergure et de promouvoir la gouvernance démocratique et le respect des droits de l’homme.

DCPM MAECR



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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