Élections couplées 2012: le délai de dépôt des dossiers de candidatures, nouvelle pomme de discorde

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Proroger le délai de réception des dossiers de candidature pour les élections couplées du 02 décembre. La doléance a traduit les préoccupations et plaintes exprimées par une partie de la classe politique au cours de la rencontre tenue mardi soir entre les représentants de partis politiques et le chef du gouvernement Luc Adolphe TIAO. Une rencontre qui devait se pencher sur les difficultés et recueillir les suggestions pour la suite du processus électoral et dont on retiendra que les délais dépôt des dossiers de candidature constituent la nouvelle pomme de discorde de la classe politique.

Après la question de prorogation de l’enrôlement qui a souffert de divergences et la question du report de la date des élections même, souhaité par une partie de la classe politique, c’est maintenant le délai de réception des candidatures par la CENI qui constitue la pierre d’achoppement du processus électoral et qui divise à nouveau la classe politique. La rencontre du chef du gouvernement avec les partis politique a été l’occasion pour des représentants de partis politiques de soulever des difficultés pratiques et faire des doléances à ce sujet.

Échu le 23 septembre dernier, le délai de dépôt des dossiers des candidatures était très court à en croire certains responsables de partis politiques qui n’ont pas pu réunir tous les éléments qui composent les dossiers de candidature. D’où une doléance portée par plusieurs partis politiques: “Nous proposons qu’avec la multiplicité des pièces, on puisse permettre soit aux partis politiques de compléter les pièces manquantes soit de restreindre le nombre de pièces qui sont demandées pour les différentes candidatures”, a indiqué Mamadou Kabré du Parti Républicain pour l’Indépendance Totale (PRIT/Lannaya).

Une doléance sans suite?  

D’autres représentants de partis appellent à la patience, refusant de voir dans la concertation du jour un échec. C’est le cas de Louis Armand Wali de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) qui estime que “pour le moment nous sommes dans l’application de la loi” et que des assouplissements ont même été faits en faveur des partis pour le dépôt des dossiers de candidature.

Mais du côté du gouvernement, la doléance semble déjà avoir sa réponse: “le chef du gouvernement a entendu tout le monde, mais a estimé qu’à l’état actuel, il faut laissé les choses aller à leur terme”, selon Jérome Bougouma. “Ceux qui trouvent qu’il y a des insuffisances peuvent saisir la justice”, a poursuivi le ministre, comme pour sonner la fin du débat, du moins entre acteurs politiques.

 Pas question de boycotter

“Même ces partis qui se plaignent ont déposé des dossiers” a rappelé le ministre Jérôme Bougouma. De l’avis des plaignants en effet, qu’ils pensent à saisir la justice comme le président du Faso autrement, ou qu’il affiche leur méfiance à l’égard de la justice comme Boukari Kaboré dit le Lion, il n’est pas question de boycotter les élections du 02 décembre. Et “S’il y a élection le 02 décembre nous allons y aller”, a réaffirmé Ablassé Ouédraogo. Même s’il semble évident que le gouvernement n’ordonnera pas à la CENI de lever le pieds de l’accélérateur du processus, l’engouement pour les élections reste au point.

Cette rencontre de concertation se tient à une phase délicate de la procédure, celle de la validation des candidatures en cours au niveau de la CENI.



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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Il y a 2 commentaires

  1. Ce ? quoi il faut le plus veiller, c'est ? l'observance d'une stricte neutralit? de la part de la CENI. ? en croire son Secr?taire G?n?ral, dans une interview qu'il a accord?e au journal "Le Pays de ce vendredi 5 octobre, certains partis, et en particulier le CDP aurait d?pos? plusieurs listes de candidature concurrentes dans certaines localit?s. Et la CENI travaillerait ? trouver une conciliation pour le compte de ces partis afin de retenir une seule liste qui fasse consensus.

    Si on peut comprendre et admettre son souci de travailler ? l'appaisement, on se demande bien de quel droit elle va s'ing?rer dans la gestion de conflits internes ? un parti. S'il s'agit de conflits opposant deux partis politiques diff?rents, oui, cela touche ? la mission de la CENI. Mais lorsqu'il s'agit de difficult?s rencontr?es par un parti pour confectionner ses propres listes de candidature, la CENI n'a pas le droit de s'en m?ler, la loi ne lui en donne pas le pouvoir et cela n'entre pas dans ses attributions.

    Elle a l'obligation de recevoir toutes les d?clarations de candidature qui parviennent ? son niveau dans les d?lais, mais par la suite, elle n'a pas le droit de permettre que les partis viennent rectifier ces listes, les retirer ou les compl?ter. C'est comme si elle accordait un d?lai suppl?mentaire ? ces partis que les autres n'ont pas pu avoir. La seule chose qu'elle peut constater c'est que le parti qui a des listes multiples concurrentes n'a pas pu pr?senter de liste dans les conditions exig?es par la loi. Et il n'appartient pas ? la CENI de faire un tri pour lui trouver la liste qui est la mieux plac?e pour remporter les ?lections, ni de permettre ? ce parti de le faire hors d?lai, ni d'autoriser n'importe quels autres partis ? le faire, cela f?t-il par consensus.

    On suppose en effet que chaque parti a un mandataire charg? de signer la liste de candidatures avant qu'elle n'engage le parti. Si un mandataire en signe plusieurs sans en annuler aucune, il n'aura pas ?t? ? m?me de manifester une volont? claire pour engager son parti et c'est son parti et lui qui devront g?rer cela. Il est tout ? fait normal en ce moment que les autres partis concurrents, qui ont certainement connu aussi des difficult?s pour confectionner leurs listes et qui ont consenti des sacrifices pour se conformer aux d?lais pr?vus par la loi, puissent tirer profit des insuffisances des autres. C'est cela m?me le sens de la comp?tition politique. Sinon c'est comme si l'on modifiait les r?gles de jeu pour permettre ? certains de faire des s?ances de rattrapage. Et surtout lorsque cela se fait en faveur du parti majoritaire, dans lequel tous les ministres du gouvernement et les haut fonctionnaires de l'?tat tout comme les op?rateurs ?conomiques les plus en vue, bref, les forces vives de la nation font acte de candidature ou d'all?geance, c'est "retirer le mil du pauvre pour nourrir la vache du riche" comme le disait l'ancien Pr?sident Thomas Sankara.

    Si on veut offrir de r?elles chances de changement d?mocratique et pacifique ? ce pays, c'est par ces genres de pratiques qui caract?risent le pass? d?savou? qu'il faut commencer par mettre fin. C'est exactement cela qui cultive le sentiment de la persistance de l'impunit? et de l'impossibilit? ? lutter contre.

  2. Ce ? quoi il faut le plus veiller, c'est ? l'observance d'une stricte neutralit? de la part de la CENI. ? en croire son Secr?taire G?n?ral, dans une interview qu'il a accord?e au journal "Le Pays de ce vendredi 5 octobre, certains partis, et en particulier le CDP aurait d?pos? plusieurs listes de candidature concurrentes dans certaines localit?s. Et la CENI travaillerait ? trouver une conciliation pour le compte de ces partis afin de retenir une seule liste qui fasse consensus.

    Si on peut comprendre et admettre son souci de travailler ? l'appaisement, on se demande bien de quel droit elle va s'ing?rer dans la gestion de conflits internes ? un parti. S'il s'agit de conflits opposant deux partis politiques diff?rents, oui, cela touche ? la mission de la CENI. Mais lorsqu'il s'agit de difficult?s rencontr?es par un parti pour confectionner ses propres listes de candidature, la CENI n'a pas le droit de s'en m?ler, la loi ne lui en donne pas le pouvoir et cela n'entre pas dans ses attributions.

    Elle a l'obligation de recevoir toutes les d?clarations de candidature qui parviennent ? son niveau dans les d?lais, mais par la suite, elle n'a pas le droit de permettre que les partis viennent rectifier ces listes, les retirer ou les compl?ter. C'est comme si elle accordait un d?lai suppl?mentaire ? ces partis que les autres n'ont pas pu avoir. La seule chose qu'elle peut constater c'est que le parti qui a des listes multiples concurrentes n'a pas pu pr?senter de liste dans les conditions exig?es par la loi. Et il n'appartient pas ? la CENI de faire un tri pour lui trouver la liste qui est la mieux plac?e pour remporter les ?lections, ni de permettre ? ce parti de le faire hors d?lai, ni d'autoriser n'importe quels autres partis ? le faire, cela f?t-il par consensus.

    On suppose en effet que chaque parti a un mandataire charg? de signer la liste de candidatures avant qu'elle n'engage le parti. Si un mandataire en signe plusieurs sans en annuler aucune, il n'aura pas ?t? ? m?me de manifester une volont? claire pour engager son parti et c'est son parti et lui qui devront g?rer cela. Il est tout ? fait normal en ce moment que les autres partis concurrents, qui ont certainement connu aussi des difficult?s pour confectionner leurs listes et qui ont consenti des sacrifices pour se conformer aux d?lais pr?vus par la loi, puissent tirer profit des insuffisances des autres. C'est cela m?me le sens de la comp?tition politique. Sinon c'est comme si l'on modifiait les r?gles de jeu pour permettre ? certains de faire des s?ances de rattrapage. Et surtout lorsque cela se fait en faveur du parti majoritaire, dans lequel tous les ministres du gouvernement et les haut fonctionnaires de l'?tat tout comme les op?rateurs ?conomiques les plus en vue, bref, les forces vives de la nation font acte de candidature ou d'all?geance, c'est "retirer le mil du pauvre pour nourrir la vache du riche" comme le disait l'ancien Pr?sident Thomas Sankara.

    Si on veut offrir de r?elles chances de changement d?mocratique et pacifique ? ce pays, c'est par ces genres de pratiques qui caract?risent le pass? d?savou? qu'il faut commencer par mettre fin. C'est exactement cela qui cultive le sentiment de la persistance de l'impunit? et de l'impossibilit? ? lutter contre.

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