Contrôle des denrées alimentaires : le laboratoire de microbiologie de l’IRSAT reconnu mondialement apte

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Le ministre de la Recherche scientifique, Gnissa Konaté (main posée) visitant le laboratoire en compagnie du chef du DTA, Hagrétou Sawadogo/Lingani (à g.) (Photo montage Burkina 24)

Il y a désormais un laboratoire de microbiologie mondialement reconnu pour faire le contrôle des denrées alimentaires exportées et importées du Burkina. Il s’agit du Laboratoire de microbiologie du Département de technologies alimentaires de l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologiques (IRSAT). Il vient d’obtenir l’accréditation ISO/CEI 17025 version 2005 du Comité français d’accréditation (COFRAC). La presse a été conviée ce jeudi 4 octobre 2012 au siège de l’IRSAT à Ouagadougou pour avoir plus d’informations.

Le 1eraoût 2012, le laboratoire de microbiologie du DTA de l’IRSAT a obtenu l’accréditation ISO/CEI version 2005 du COFRAC.

Le sésame ! (Ph : Burkina 24)

Il est le premier au Burkina. C’est ainsi une reconnaissance  internationale des compétences techniques et humaines du département, de son management qualité et du soutien que ce laboratoire apporte aux PME/PMI agroalimentaires.

« Le marché ne va plus imposer le prix en doutant de la qualité »

« Cela signifie que désormais les résultats d’analyse microbiologique obtenus et délivrés par le DTA (…) ne peuvent plus être contestés par aucun client des produits agricoles et alimentaires à travers le monde », a expliqué le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Gnissa Isaïe Konaté.

Plus concrètement, un client  ne peut plus se prévaloir de la non accréditation d’un produit pour le payer à 500 F CFA alors qu’il coûte 1000 FCFA. « Ce n’est plus possible ! Le Burkina a maintenant un laboratoire accrédité ! »,

Dr Ibrahim Diawara, directeur de l’IRSAT : “Le marché ne va plus imposer le prix en doutant de la qualité” (Ph : Burkina 24)

a martelé Dr Ibrahim Diawara, directeur de l’IRSAT et coordonnateur du programme qualité. « Le marché ne va plus imposer le prix en doutant de la qualité parce que ce laboratoire est là pour accompagner les entreprises et l’Etat », a-t-il ajouté. Une accréditation qui a donc des avantages certains pour les professionnels de l’agroalimentaire et pour l’économie du Burkina.

Pas de concurrence

Gnissa Konaté s’est aussi enquis des difficultés que rencontre le personnel du laboratoire (Ph : Burkina 24)

En effet, les produits agroalimentaires  exportés ou importés  soumis à l’expertise du laboratoire et certifiés conformes et non contaminés par les microbes généralement craints sur ces produits, seront commercialisables dans n’importe quelle partie du monde.

Il faut souligner cependant que ce laboratoire ne rentre pas en conflit avec les autres laboratoires du Burkina, notamment le Laboratoire national de santé publique. « Nous sommes complémentaires », a laissé entendre Hagrétou Sawadogo/Lingani, chef du DTA.

10 ans d’efforts soutenus

Le défi qui reste maintenant, a signifié le ministre Konaté, est de convaincre les entreprises agroalimentaires de soumettre leurs denrées au laboratoire. Un défi à lever car l’obtention de cette accréditation  a coûté cher en temps, en investissements et en compétences. Hagrétou Sawadogo/Lingani affirme en effet qu’il  a fallu 10 ans d’efforts et de recherche de la maîtrise et de la qualité pour pouvoir enfin atteindre ce niveau d’excellence. « Au Ghana, ils  ont mis 15 ans», renchérit Dr Ibrahim Diawara.

Mais c’est peut-être maintenant que le plus dur commence pour le personnel du DTA.

Le laboratoire de microbiologie d’IRSAT/DTA est désormais à la disposition des entreprises,  exportateurs et importateurs de produits agroalimentaires (Ph : Burkina 24)

L’accréditation ne vaut que pour 4 ans et il faut que les efforts qui ont contribué à l’obtenir doivent être maintenus, voire décuplés, a expliqué Mme Sawadogo. Le COFRAC procédera à des évaluations et le sésame peut être retiré au moindre signe de défaillance.

« Nous ne baisserons pas les bras ! »

C’est pourquoi Dr Ibrahim Diawara a plaidé pour que le gouvernement aide un peu plus le laboratoire afin de le sustenter en moyens financiers, techniques et humains. D’autant plus que l’IRSAT/DTA a aussi l’ambition d’accréditer en 2013 son laboratoire de biochimie. Ce qui est certain, même si c’est dur, « nous ne baisserons pas les bras ! » Foi de la patronne du DTA !

La genèse du laboratoire remonte en 1991 où il s’appelait le laboratoire de biochimie et de technologie alimentaire du CNRST. En 1997, avec la naissance de l’IRSAT, le DTA  a été créé et le laboratoire relève désormais de ce dernier. La démarche qualité d’IRSAT/DTA a été soutenue par l’Union européenne, l’ONUDI, l’UEMOA et la coopération danoise.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 4 commentaires

  1. F?licitation ? vous et ? tout le burkina! Cette accr?ditation est non seulement b?n?fique pour le laboratoir en terme de reconnaissance et de potentialit?s ? exploiter mais aussi pour les populations qui devraient ?tre rassur?es ? partir de cet instant de la qualit? des produits qu'elles consomment. les produits export?s sous le label de ce laboratoir se veront ?couler facilement. Bravo ? vous!

  2. F?licitations, vous rehaussez notre fi?ret? nationale tant du point de vue scientifique que du s?rieux des burkinab? au travail -seul le travail paye. Puisse nos braves populations b?n?ficier de ces r?sultats

  3. Gomtibo Kadiogo

    La mondialisation du marche exige des normes; ce qui signifie que nous devons parler le meme langage. aucun pays meme le burkina ne peut s’extraire a cette demarche. J’informe Monsieur Felix B.M que tous les laboratoires a travers le monde cherche a rentrer dans ce processus d’accreditation. en Europe par exemple l’Union Europeenne appui les laboratoires de la zone UE pour cette reconnaissance internationale en appliquant la norme ISO/CEI 17025. C’est une grosse erreur de croire que la demarche est faite pour nous exclure du marche. l’insuffisance dans la communication dans nos pays nous amene souvent a croire que certaines demarche internatonale sont etablies contre nous car nous ignorons que la demarche est applicable partout. Les ghanens ont compris avant nous l’importance de la demarche qualite dans les laboratoires; leur laboratoire a ete accredite 4 ans environ avant nous.
    Je suis personnelement contre la mondialisation; mais on y peut rien contre la mondialisation. elle est en marche et c’est les pays europeens qui commence a subir les consequences graves de la mondialisation et les pays emergeant en profitent par leur dynamisme. On doit etre competitif au plan international si le pays veut avoir une place sur le marche mondial. je vous informe aussi que la chine ou la coree du Sud etaient plus pauvre que le Burkina Faso il y a une cinquantaine d’annee.

  4. F?licitaions ? vous, on ne devrait plus en principe entendre que du riz avari? a ?t? refoul? d'un pays voisin pr se retrouver au BURKINA;je voudrait dire ?galement que le march? ne pourra plus imposer les prix (?lev?s) en surestimant la qualit? des produits, le labo est l? pour donner l'information juste ? tous. Toutefois je reste ?coeur? de voir que l'autre monde reste tjrs le referentiel pr la qualit? et que sais-je encore; les comp?tences existent, les r?sultats ?galement, faut-il que nous ayons ce foutu papier pr qu'on prenne nos produits au s?rieux; certes il ya des avantages; mais on a int?r?t ? travailler davantage entre pays du "sud" pr gaspiller moins de temps et d'?nergie (10 ans pr une accr?ditation, pr une large acceptation de nos produits ? l'ext?rieur c'est trop, m?thode pr nous retarder). Alors IL FAUT CONQUERIR LE MARCHE AFRICAIN QUI EST ENORME ET PLUS ECONOMIQUE, et l'accompagnement des d?cideurs politiques pr moins de tracasserie est n?cessaire.

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