SPECIAL THOMAS SANKARA 25 ANS: Thomas Sankara et la jeune génération : « Moi, je veux être comme lui »

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Il y a maintenant environ 29 ans que le président Thomas Sankara a impacté le Burkina, l’Afrique et le monde de ses idées. Que deviennent ces idées une génération plus tard ?  Cette génération  connait-elle seulement l’Homme ? Que retient-elle de lui ? Comment ses idées peuvent-elles être exploitées aujourd’hui ?  Réponses avec six élèves et étudiants burkinabè d’une moyenne d’âge de 20 ans.

Baro Abdoul Aziz (Ph : Burkina 24)

Adoul Aziz Baro, élève en 2nde C au lycée Bodogodo

« J’entends les gens parler de lui »

« Je ne l’ai pas très-bien connu. J’entends les gens parler de lui et je pense que c’était un bon président. C’est un exemple, un battant, un président qui s’est battu. »

Boris Ouédraogo, élève en Tle D au lycée mixte de Gounghin

« Moi, je veux être comme lui »

Boris Ouédraogo  (Ph : B24)

« J’ai su que c’était un grand patriote. Il a joué un très grand rôle dans le développement du Burkina et je sais qu’il nous influence toujours. Chacun veut ressembler à Thomas Sankara. Ce qu’il a fait était très-bien. Même moi j’aimerais être comme lui. Thomas Sankara est un grand, il restera toujours un grand. Même en philosophie, on nous parle de lui.

Tout récemment, notre professeur de philo disait qu’il est parti en Europe. Lorsqu’on lui a demandé d’où il venait, il a dit qu’il venait du Burkina et les gens ne connaissaient pas. C’est quand il a dit qu’il venait du pays de Thomas Sankara qu’on l’a reconnu. Cela veut dire que les gens voient le Burkina à travers Thomas Sankara. Même s’il n’est plus là, je lui tire mon chapeau ! »

Donald Compaoré, élève en Tle au lycée de la Jeunesse

Donald Compaoré (Ph : B 24)

« Les gens ne le comprenaient pas »

« L’homme a essayé de faire progresser le pays. Mais il n’a pas essayé  d’expliquer aux gens son point de vue sur comment  ils devraient travailler pour qu’on arrive ensemble au développement qu’il a tant souhaité. C’est pour cela que beaucoup de gens ne le comprenaient pas. Voilà pourquoi ils avaient l’impression qu’on les obligeait alors que c’était pour leur propre bien.

Mais selon moi, il avait de bons objectifs, seulement il n’a pas eu la chance de les atteindre. Si ce qu’il entreprenait continuait de nos jours, je pense que le Burkina ne serait pas dans sa situation actuelle. »

Sié Dimitri Kam, étudiant en licence de Mathématiques à l’Université de Ouagadougou (U.O)

« Si on lutte pour nos idées, l’Afrique peut avancer »

Kam Sié Dimitri (Ph : B 24)

« L’homme, je ne l’ai pas assez connu. Parce que nous avons fait la Côte d’Ivoire avant de venir ici. Arrivé ici on a essayé d’en savoir plus sur le Burkina Faso. Même en Côte d’Ivoire, on savait qu’il y avait un président Thomas Sankara qui a lutté pour des idées pour l’amélioration de son pays. Mais qui n’a pas été suivi par l’ensemble de ses pairs et c’est de cela qu’il y a eu un assassinat en 1987. C’est ce que je retiens de l’histoire. Mais on essaie toujours d’approfondir pour savoir ce qui s’est vraiment passé. On voit souvent des syndicats qui luttent pour que le dossier Thomas Sankara soit rouvert. A travers tout cela, on cherche à savoir un peu plus sur l’homme.

« Le politique d’aujourd’hui cherche d’abord à se remplir les poches »

En  quatre ans de pouvoir, on a constaté qu’il a emmené des changements. C’est par lui qu’on a le nom de Burkina Faso.  Grâce à lui aussi il  y  a aussi la liberté, notamment la liberté de presse.  C’est quelqu’un qui a donné de nouvelles idées à son peuple. Par exemple qu’on peut partir de rien et arriver quelque part. Il avait beaucoup d’espoir et d’ambitions pour son peuple.

Si la jeunesse de nos jours ne s’accroche pas au matériel et qu’elle veut lutter pour le peuple, cela peut changer. Quand on regarde le politique d’aujourd’hui, il cherche d’abord à se remplir les poches. Si la jeunesse veut suivre ce même chemin, on n’aboutira nulle part. Mais si cette jeunesse prend conscience (…), si lajeunesse lutte pour ses idées, si on lutte pour nos idées, pour que le Blanc ne vienne pas tout imposer ici, l’Afrique peut avancer. »

Boureima Zougouri, étudiant en maîtrise de physique appliquée à l’UO

Boureima Zougouri (Ph : B 24)

« Pourquoi ne pas transformer ce que nous cultivons pour manger ? »

« Je n’ai pas fait le Burkina Faso, mais quand je suis arrivé, j’ai essayé de me renseigner sur lui. Avec les bouquins écrits sur lui, c’est quelqu’un qui se souciait de façon générale de l’Afrique et en particulier du Burkina Faso.

Quand on écoute ses discours, on se rend compte que c’était vraiment un patriote, quelqu’un qui aimait sa patrie. Sur la question consommons burkinabè, c’est une bonne chose ! Pourquoi ne pas consommer ce que nous produisons au lieu de tout importer ?  Les gens aiment dire que le Burkina est un pays pauvre. Mais c’est l’avis des hommes politiques.

 J’étais dans la Boucle du Mouhoun où on cultive de la pomme de terre mais qui était chaque fois exportée à Belgique. C’est dangereux. Pendant que nous crions famine, pourquoi ne pas transformer ce que nous cultivons pour manger ? Ce sont des idées que Sankara avait, mais on ne lui a pas permis de faire ce qu’il devait faire. Malheureusement, il a été assassiné et n’a pas pu faire ce qu’il ambitionnait. Il y a certains qui sont certes contre ses idées ou sa nature, mais tôt ou tard, justice sera rendue à  cet homme.»

Dominique Bamouni, étudiant en 3e année de physique appliquée à l’U.O

« Il incitait les jeunes à travailler »

Dominique Bamouni (Ph : B 24)

« Les idées de Thomas Sankara peuvent toujours servir notre nation. Il incitait les jeunes à travailler. Il aimait encourager les jeunes dans le cadre des études. Quand il est arrivé, en  rien de temps il a réalisé de nombreuses choses. Présentement, on peut toujours utiliser ses idées. Il y a ses discours, son idéologie. »

 

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 8 commentaires

  1. Sankara le messi Africain!
    Si le Burkina Faso a ?t? malgr? tout capable d?attirer sur lui l?attention des pays ?trangers, Sankara y est ?videmment pour quelque chose. Et c?est peut-?tre en ce sens que l?homme appartient en d?finitive plus ? l?avenir qu?au pass?. Il incarne une nouvelle race de chefs d?Etat, celle dont font partie ?galement le Ghan?en Jerry Rawlings et l?Ougandais Yoweri Museveri, ceux qui r?vent d?une moralisation de la chose publique dans un monde et surtout dans une Afrique o? seuls les d?mons du pouvoir font la loi. Un r?ve qui a valu ? Thomas Sankara des adversaires de tous les horizons. D?abord la vieille classe politique africaine qu?il prive de son sport favori : la bataille pour le pouvoir et pour l?argent ? travers la manipulation de l?opinion publique. Puis les chefs d?Etat auxquels le Burkinab? n?a pas voulu ressembler et qui ont vu, en ce h?ros de la justice sociale, un exalt? dont la popularit? est devenue un danger pour la p?rennit? de leur propre image. Thomas Sankara a voulu faire tourner le monde dans un autre sens. C?est en d?finitive la seule r?volution qui l?a v?ritablement mobilis?. Une vieille id?e que d?autres ont tent? sans succ?s, de concr?tiser avant lui. Certains en sont morts. Echappera-t-il ? leur sort ? Sankara ne s?est jamais fait d?illusion sur son avenir lointain. D?s son arriv?e au pouvoir il savait qu?il allait d?ranger, et qui, il allait d?ranger. En octobre 1983 il lan?ait ce d?fi : ?si vous tuez Sankara demain, il y aura vingt Sankara.? Ce n?est doute pas vrai, mais il en n?est bel et bien convaincu. Les Sankara auxquels il pense ne lui ressembleront que sur deux points : ils seront aussi jeunes que le capitaine qui s?empara du pouvoir en 1983 et, comme lui, assez fous pour prendre au s?rieux leur ?mission? et croire en ce qu?ils font. Sans jamais se prendre eux-m?mes au s?rieux.
    Extrait du livre Sankara le rebelle

  2. C’est bon qu’une pl?iade jeunes puissent s’exprimer de la sorte. Moi j’ai 49 ans et je puis vous dire qu’en ces temps-l? nous fr?missions rien que pour Thomas SANKARA! Avec le temps vous comprendrez que pour observer le ciel on ne rentre pas dans un puits! Or Ouagadougou pullulaient de puits et non de collines!

  3. Karim Nasser Nikiema |

    25 ans, cent ans, mille ans, Blaise n'est pas le premier des diables mais un etre humain comme vs et moi qui s'est tromper mais justice sera faite tot ou tard.
    J'avais 17 ans le 15 octobre 1987 et le 16 j'etais a dagnoen pr constater les faits.
    Le 16 octobre 1987 au matin, je peus dire et confirmermer que ns etions parmis les premiers a dagnoen a constater les fais de cette trahison, temoignage(deus militaires burkinabe rescap?s fesant parties de ceux qui ont donner l'assaut a l'assassinat de Thomas Sankara discutant sur un nom sur une tombe de nom de Sawadogo hamad?)ds la precipitation de ceux qui ont enterer les victimes du 15 octobre , ils se sont tromper de nom et ont mis sn nom sur cette tombe au lieu du vrai destinataire Sawadogo Hamade.
    Alors ils etaient la pr rectifier le nom, mais avec le temps je sais plus ce qu'ils sont devenu ses deux militaires .
    Conclusions, dans cette histoire du 15 octobre, je dis et je le redis je ne condanne pas Blaise parce que c'est blaise meme si c'etait Sankara qui avait trahi la revolution d'aout je le condannerai a vie.

  4. LE CAPITAINE THOMA SANKARE . PAIX A SON AME.
    J ‘ETAIT EN CE MOMENT LA AU CE2.JE ME RAPPEL TOUJOUR DE SES MOTS:PIONNIER OSEZ LUTTER SAVOIR VAINCRE.VIVRE EN REVOLUTION MOURIR EN REVOLUTION LES ARMES A LA MAIN LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS. C’ETAIT UN MOMENT DE BONHEUR. ALORS JE ME POSE AUJOURDHUI CE QUESTION: “A QUAND LE BURKINA FASO?”

  5. UNE PENSEE POUR NOTRE REGRETE, LE CAPITAINE THOMAS SANKARA !

    Souvenez-nous de cette Afrique dont il r?vait et pour laquelle il a ?t? l?chement assassin? un certain 0tobre de l'ann?e 1987, en fin d'apr?s-midi !
    Paix, Capitaine ! Nous ne t'oublierons jamais et, la post?rit? s'inspirera des tes aspirations pour l'?dification d'une Afrique nouvelle, digne et, juste envers tous ses enfants sans discrimination aucune !
    A bas tous les fossoyeurs de l'?dification d'une Afrique digne, fi?re, et radieuse !

    La Dignit? ou la Mort, l'Afrique VAINCRA !

  6. UNE PENSEE POUR NOTRE REGRETE, LE CAPITAINE THOMAS SANKARA !

    Souvenez-nous de cette Afrique dont il r?vait et pour laquelle il a ?t? l?chement assassin? un certain 0tobre de l’ann?e 1987, en fin d’apr?s-midi !
    Paix, Capitaine ! Nous ne t’oublierons jamais et, la post?rit? s’inspirera des tes aspirations pour l’?dification d’une Afrique nouvelle, digne et, juste envers tous ses enfants sans discrimination aucune !
    A bas tous les fossoyeurs de l’?dification d’une Afrique digne, fi?re, et radieuse !

    La Dignit? ou la Mort, l’Afrique VAINCRA !

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