Élection Américaine 2O12 : Que peut espérer l’Afrique?

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L’Amérique en tant que première puissance du monde passionne la grande majorité des africains. Elle nous passionne d’avantage aujourd’hui qu’elle s’apprête à choisir son président. Cependant cette question: Obama ou Romney ? Que peuvent être les conséquences de ce choix pour l’Afrique.

L’élection de 2008 a revêtu un caractère très particulier dans l’histoire des élections présidentielles américaines. D’abord, bien sûr, parce qu’elle a amené à la Maison-Blanche le premier président noir,  mais aussi parce que, contrairement à la tradition, les thèmes  internationaux ont joué un rôle décisif lors de la campagne et dans l’issue du scrutin : le sujet de l’image des États-Unis dans le monde, très ternie par l’administration Bush fut constamment au centre des débats, comme celui des deux guerres étrangères dans lesquelles se trouvaient engagées les forces américaines, et autant que les conséquences internationales multiples de la  guerre contre le terrorisme.

L’élection de 2012 revêt à tous égards un caractère différent. D’abord, elle met cette fois aux prises un président sortant qui brigue sa réélection. Mais surtout il apparaît, à l’issu des trois débats télévisés entre les candidats, que l’élection se joue sur des thèmes prioritairement nationaux, dans un contexte de crise économique et financière prolongée.

Les thèmes internationaux n’auront été qu’effleurés durant la campagne et concerne principalement le Proche et le Moyen Orient.  Cette absence des grands sujets diplomatiques et géopolitiques dans la campagne présidentielle est donc un retour à la norme, et constitue un rappel brutal de la « primauté absolue de l’économique et du social dans les préoccupations des électeurs américain ».

Quid de L’Afrique dans cette campagne électorale?

 Pas aujourd’hui plus qu’en 2008 le continent noir n’est un terrain géopolitique prioritaire pour les Etats-Unis. Il n’a été ni un thème de campagne électoral, ni un lieu de divergences d’appréciation entre démocrates et républicains comme la Chine ou l’Iran. Hors mis quelques axes stratégiques majeurs qui touchent à la sécurité de l’Amérique -la lutte anti terroriste- ; son économie -approvisionnement énergétique- ou pour jouer son rôle de gendarme du monde et pacifier une région -Darfour, Libye, Nord Mali-, l’Afrique au sud du Sahara est beaucoup plus l’affaire du département d’État que de la Maison Blanche.  Dans cette campagne électorale, de l’Afrique il n’yaura eu que « des considérations déjà mille fois entendues sur le Printemps arabe et la démocratie » (Cf jeune Afrique oct-nov 2012).

Obama ou Romney, l’Afrique n’est pas la priorité pour la maison blanche

 L’arrivé à la tête de la toute puissante Amérique d’un président noir, 40 ans après l’assassinat de Martin Luther King a résonné comme une victoire des minorités. L’Afrique noir avait particulièrement jubilé.  Mais il était illusoire de croire que même ayant des attaches avec le continent Obama allait se comporter comme le président par procuration des Africains. Gouverner c’est prendre des décisions et les décisions de Barack Obama ont été et seront toujours en faveur du peuple américain qui l’a élu. Et au soir du 6 novembre re-Obama ou Romney, l’Afrique ne doit pas trop espérer une mutation de la diplomatie Américano-Africaine.

Pour l’universitaire Michael Cox : « si Romney est élu, je suppose qu’il proposera les mêmes solutions que Obama. C’est la logique du pouvoir, une fois qu’on est sortis de la rhétorique de campagne. La position de l’Amérique dans le monde, ses alliances, ses positions économiques et militaires, et la logique du système, poussent plus à la continuité entre les présidences qu’a la rupture»

Pour ma part je crois encore au rêve d’une société plus juste porté par Obama. Ses actions en faveur d’un monde plus équitable seront certainement plus visibles durant un second mandat, et auront à n’en pas douter un impact sur les rapports de l’Amérique avec le reste du monde, y compris avec le continent africain. Le redressement de l’Afrique restant avant tout un challenge des gouvernants africains.

Nelson COMPAORE

Chroniqueur pour les relations Internationales, Burkina 24



Nelson compaore

Chroniqueur Relations internationales pour Burkina 24, Juriste internationaliste, Doctorant en droit.

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