François de Sales Bado: Tout sur son engagement en politique

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François de Sales Bado : “Le sens de mon engagement est d’aider mes frères à redécouvrir le vrai sens de la politique” (Ph :B24)

François de Sales Bado n’est plus Secrétaire national de la Commission épiscopale « Justice et paix ». Il s’est maintenant engagé en politique. Ainsi, il a donc quitté la société civile pour mettre les pieds dans ce domaine considéré comme le paradis du mensonge. Mais François de Sales Bado rétorque : « Est-on obligé de mentir au peuple ? »

C’est par un livret que François de Sales Bado  a décidé d’expliquer les raisons et le sens de son engagement en politique. Il l’a intitulé « Mon engagement en politique : est-on obligé de mentir au peuple ? ». Trois facteurs ont conduit l’inspecteur du  travail et des lois sociales, désormais affecté à la Direction générale de la Fonction publique, à embrasser la politique, a-t-il expliqué lors de la dédicace de cet ouvrage de 40 pages à Ouagadougou ce jeudi 8 novembre 2012.

Trois raisons

La 4e édition des Semaines sociales du Burkina Faso le 14 octobre 2012 autour du thème « doctrine sociale de l’Eglise et engagement politique des chrétiens » a appris à François de Sales que le Chrétien peut faire de la politique et doit la faire afin de la purifier. Le Symposium du cinquantenaire des indépendances de Cotonou du 16 au 20 novembre lui a enseigné que « l’audace, (est l’)unique défi pour une Afrique nouvelle » et la crise socio-politique de l’année 2011 l’a finalement convaincu que « la société burkinabè a atteint un stade de putréfaction très avancé qui appelle à un changement de régime et de gouvernance ».

Le silence des justes

Son oncle, Laurent Kilachiu Bado, ayant pensé que « le mal de notre siècle réside moins dans l’action des méchants que dans le silence des justes », François de Sales s’est alors donné une mission : « aider mes frères à redécouvrir le vrai sens de la politique ». Et ce sens est : « de servir la nation ».

Mais les inquiétudes, tant de lui-même que de ses proches, n’ont pas manqué et continuent d’ailleurs d’affluer. N’y a-t-il pas de risque que de chrétien convaincu il devienne menteur, corrupteur ou corrompu comme tant d’exemples dans la politique ? C’est alors que François de Sales Bado rétorque : « Est-on obligé de mentir au peuple ? » Voilà donc le combat enclenché par Bado : faire la politique pour servir sa nation et non pour se servir.

« La personne de Laurent Bado ne m’intéresse pas »

Pour cela, il a choisi le Parti de la renaissance nationale (PAREN) qui l’a d’ailleurs désigné coordonnateur de la région du Centre-ouest. « La personne de Laurent Bado ne m’intéresse pas du tout » a-t-il répondu à ceux qui pensent qu’il s’est engagé dans le parti à cause de son oncle. A son avis, ce sont l’idéologie du parti inspirée de la doctrine chrétienne, les valeurs africaines et les droits de l’homme qu’il défend qui l’ont fait adopter le PAREN.

Le démocrate chrétien

Et surtout, ses idées « originales » pour le développement du Burkina. Empruntant le langage de franchise qu’on lui connaît, il a trouvé que le discours employé par Laurent Bado n’était pas « approprié » pour défendre ces idées. « Pourquoi les jeunes entre nous ne nous organisons-nous pas pour s’approprier ces idées et foutre Laurent Bado dehors ? » s’interroge-t-il, trouvant qu’ « il ne faut pas sacrifier l’utile sur l’autel de l’accessoire ».

Le parrain de la dédicace, Emile Songré, le désormais Secrétaire national de la Commission épiscopale « Justice et paix », a, comme les amis et illustres personnalités de l’Eglise présentes à la dédicace, souhaité du courage à celui qu’il a qualifié et qui apparaîtra dorénavant comme le « démocrate chrétien ».

 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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