Mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo: Un ouf pour le pouvoir de Ouattara

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Ils doivent avoir le sourire gras, les partisans d’Alassane Ouattara. Cette fois, leurs détracteurs savent bien à qui s’en prendre! A la justice internationale depuis que la CPI a formellement lancé un mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo. Pour une fois, le pouvoir d’Alassane Ouattara peut se laver la main. Un peu à la ponce Pilate.

 Derrière la déclaration sobre du gouvernement ivoirien qui dit prendre acte de la demande de la CPI de transférer l’épouse de l’ex-président ivoirien visée par un mandat d’arrêt, il est aisé d’imaginer le grand ouf de soulagement que l’on pousse du côté du pouvoir de Ouattara. Tout comme il es facile d’imaginer que ce poids lourd du FPI, deuxième après son époux, constituait un gros morceau pour la justice ivoirienne, qu’elle ne pouvait avaler sans se faire décrier. Après l’arrestation de deux des responsables du FPI, une condamnation de Simone Gbagbo prononcée en Côte d’ivoire provoquerait immanquablement haro sur la justice ivoirienne, accusée déjà d’être sélective et dirigée contre un camp.

Et pourtant, plus que tout autre acteur de la crise, l’épouse de l’ex-président traine assez bruyamment des casseroles. Des escadrons de la mort, à l’assassinat du journaliste français Guy-André Kieffer, sa main est presque visible derrière de nombreux forfaits et on ne saurait l’épargner au nom de quoi que ce soit.

Mais vouloir qu’elle en réponde et se défendent devant les tribunaux ivoiriens aurait encore fait entendre, à l’heure du verdict, les arguments de “justice des vainqueurs” qui plaident pour l’impunité. Or il fallait bien qu’un jour cet acteur important et central de la crise ivoirienne réponde de son rôle. Sans vouloir renier à Simone Gbagbo son droit le plus élémentaire à la présomption d’innocence, on imagine mal comment elle sortirait blanche d’un procès. Tant mieux si cette culpabilité et l’éventuelle condamnation sont de la CPI.

Pendant que le pouvoir d’aller Ouattara peut enfin se débarrasser d’un fardeau, avis aux juges de la CPI de se préparer à affronter les arrogances d’un couple dont l’une est la force de l’autre au point que tout en face n’est que “maïs”.

 

 

 



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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