Conditions de détention: Semfilms et le MBDHP plaident pour l’adoption de la loi contre la torture

L’affiche du film Une vie de cachot.

Les conditions de vie dans les prisons et les violations des droits humains qui y ont lieu, en l’occurrence les actes de tortures, sont assez préoccupantes au Burkina. Face à ce constat, et autour du film Une vie de cachot de Inoussa Baguian, l’association Semfilm et le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) ont lancé une campagne pour l’humanisation des conditions de détention dans les prisons du Burkina et font un plaidoyer pour l’adoption d’une loi contre la torture, une pratique fréquente dans les prisons et que le Burkina tarde encore à réprimer.

Tout est parti d’un film documentaire: Une vie de cachot du jeune réalisateur Inoussa Baguian qui dépeint avec force détails les conditions de vie à l’intérieur de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Fruit du partenariat entre Semfilm, le MBDHP et le Cinéma numérique ambulant, la campagne  nationale de formation et de sensibilisation sur la lutte contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, selon Abdoulaye Diallo, est « une seconde vie donnée au film documentaire du jeune réalisateur ».

L’association Semfilms qui contribue à la promotion des droits humains et à la liberté d’expression au Burkina, et le MBDHP se sont  donné pour objectif de sensibiliser et former  les forces de sécurité et des gardes de sécurité pénitentiaire sur les thématiques spécifiques de l’humanisation des conditions de détention, l’interdiction de la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Car contre ce que l’on pourrait penser, selon le substitut du procureur Lafama Thiombiano du MBDHP qui anime les modules de formation, ces agents ignorent souvent l’essentiel même des normes internes et internationales de la détention.

L’adoption de la loi sur la torture en ligne de mire

Pour le réalisateur Inoussa Baguian, la campagne vise également à « sensibiliser les populations pour qu’il ait un autre regard sur ces hommes et femmes qui vivent derrière ces portes blindées aux grosses serrures ». D’où la tournée de projections du film qui a déjà touché plus d’une trentaine de villages du Burkina et plus de 53 000 personnes qui ont pu se rendre compte des conditions de vie de ces « humains ». Des conditions de vie marquées par le surpeuplement carcéral, comme à la MACO, initialement construit pour abriter 480 détenus et qui en abritait 1800 en décembre 2011, selon les chiffres du MBDHP.

Le réalisateur aux côtés d’une animatrice de Cinéma numérique ambulant, lors d’une projection du film dans un village. (Ph.Semfilms)

La MACO, initialement construit pour abriter 480 détenus, en abritait 1800 en décembre 2011, selon les chiffres du MBDHP

Fréquents dans les prisons du Burkina selon les témoignage d’ex détenus rencontrés par le réalisateur, les actes de torture constituent l’une des formes de violation des droits des prisonniers. Malheureusement, au Burkina Faso il n’existe pas encore de loi qui réprime la torture et les pratiques assimilées, malgré l’engagement du gouvernement devant la commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples en novembre 2010. Semfilms et le MBDHP, en attendant d’autres organisations intéressées par leur plaidoyer, ont ainsi en ligne de mire l’adoption de la loi portant définition et répression de la torture et pratiques assimilées, et veulent par leur campagne, amener le gouvernement à accélérer le processus engagé de l’adoption d’une telle loi.

 



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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