Mali : Ainsi, la guerre a finalement été déclenchée

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(Ph : rtbf.be)
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Crainte, repoussée, reculée, l’intervention  militaire hors armée malienne a finalement été déclenchée. Et ironie, ce n’est pas au nord, mais au centre même du Mali qu’elle a déposé ses tonnants canons et ses froufroutants hélicoptères. Il faut dire que le pouvoir « républicain » était sérieusement en péril, « l’île » d’oxygène de l’existence du pays était menacée d’asphyxie. La poudre à canon a finalement fermé le caquet au dialogue. Enfin,  pour le moment.

Combien de temps ?

La question c’est de savoir maintenant jusqu’où ira cette intervention ? Se limitera-t-elle à chasser les terroristes de Konna ou ira-t-elle plus loin ? Déclenchée dans la précipitation, ces détails n’ont sans doute pas été discutés et  le « cela durera le temps nécessaire » de François Hollande ne donne pas  plus de précision, le temps nécessaire pouvant autant durer que celui de nettoyer le Mali des terroristes (sans oublier les déplacés, les réfugiés, les morts innocentes et les conséquences imprévisibles que cela entraînera).

Ainsi, ne faut-il plus se leurrer : l’intervention militaire, ce ne sera ni plus ni moins que cela.

Quelle place dorénavant pour le dialogue ?

La question qui se pose maintenant est la place du médiateur de la CEDEAO dans cette histoire. Ce dernier n’avait pas caché qu’il n’avait pas de préférence particulière pour la voix des armes. L’absence d’hostilités sur le terrain était également le terreau de ses actions de médiation et la force militaire était ce qu’il mettait dans la balance pour amener les protagonistes autour de la table de la palabre. Ces deux éléments fortement compromis en l’espace de 72 heures, quelle chance pour la réunion du 21 janvier ? Les parties belligérantes entendront-elles l’appel à la cessation des hostilités lancé par Blaise Compaoré ?

L’Afrique toujours à la remorque de l’Occident

En attendant que les jours à venir répondent à cette question, l’Afrique s’est une fois de plus lamentablement illustrée en montrant qu’elle était incapable de prendre ses décisions par elle-même. Quand les terroristes ont déclenché les hostilités, les troupes de la Misma, qui devraient être la force souveraine africaine, n’était pas prête. Il a fallu que le Mali appelle à l’aide  à la France et que celle-ci se décide  à intervenir, pour que l’UA, la CEDEAO embouchent à queue leu leu les trompettes pour sonner  « feu à volonté » !

L’urgent étant la libération du Mali, cela fait, il faudra que les dirigeants se défassent une fois pour toute de cette fâcheuse habitude.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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