Mali : La négociation en berne

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(Ph : lepays.bf)
(Ph : lepays.bf)

La tonnante voix des canons brouille les douces ondes de la négociation au Mali. Les kalaches chargées et les bruits de botte à Konna et à Sévaré ont sérieusement, en l’espace de 72 heures, ruiné les chances d’aboutissement de quelques onze mois  de travail d’araignée (depuis mars 2012) du médiateur de la CEDEAO.

Ansar Dine, mauvais pion ?

Ansar Dine, l’une des parties ciblées par Blaise Compaoré dans son plan de négociation, a rendu désormais difficile la tâche de facilitation en s’alliant aux djihadistes qui ont lancé l’offensive contre Mopti. Un acte qui peut équivaloir à de la trahison et valoir son pesant d’amertume si l’on se rappelle l’ardeur et la conviction qu’a mises le locataire du palais de Kossyam pour faire paraître ou rendre Ansar Dine « fréquentable », au risque d’effriter sa crédibilité et de faire douter de ses intentions.

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Le médiateur s’est-il trompé sur le compte de ce groupe armé qui, maintenant, profère des menaces de représailles contre la France ? Ansar Dine s’est-il joué du médiateur, se servant de lui comme d’une ancre pour s’établir au Mali, endormir la vigilance pour tisser tranquillement sa toile et enfin attaquer quand il s’est senti prêt ? Le déroulement actuel des faits donne de la plausibilité à cette hypothèse.

Encore une chance pour le dialogue ?

Et cette hypothèse offre généreusement des vagues d’eau au moulin de ses pairs de la CEDEAO et aux Occidentaux qui n’ont jamais caché leur désapprobation pour la voie du dialogue dans laquelle s’entêtait, et semblait seule y croire, Ouagadougou.

Maintenant qu’Ansar Dine a cassé la « calebasse » de la palabre, pourra-t-il être encore appelé à la table de la négociation si la date du 21 janvier, devenue maintenant hypothétique, venait à être malgré tout respectée ? Que pourrait encore invoquer la médiation pour crédibiliser ce groupe, appelé « groupe armé », mais manifestement devenu aux yeux de tous « groupe terroriste », pour le faire asseoir à cette table sans risquer elle-même de perdre sa crédibilité ?

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Certes, on pourrait difficilement en vouloir à Ouagadougou d’avoir voulu préférer la sortie de crise en douce aux conséquences imprévisibles (mort de civils, dégâts matériels, insécurité manifeste pour tous les pays africains et l’Occident si l’option militaire ne réussissait pas à éliminer de façon indélébile la menace terroriste) d’une manœuvre militaire. Mais visiblement, ce morceau-ci semble  dur d’oreille. Et une fois de plus, les armes termineront ce que le dialogue a commencé. Malheureusement.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 2 commentaires

  1. Balise ne fait que tirer les marrons du feu!
    Blaise a-t-il eu peur que le Burkina, comme le Mali soit attaqu? par des djihadistes? Profite-t-il comme le dit la presse malienne de trafics avec les Touaregs,
    Je crois tout simplement qu’il a ?t? manipul? par les Fran?ais dont le v?ritable dessein ?tait (est?) la formation d’un Etat touareg dans le seul but d’exploiter des ressources ?nerg?tiques (le p?trole notamment). D?s lors que les islamistes ont bout? les Touaregs hors de leur Azawad et qu’ils ont commenc? ? march? vers Bamako, toute n?gociation est devenue caduque.
    Pauvre Blaise! Il s’en ira certainement un jour. seuls resteront les int?r?ts fran?ais.

  2. bravo ? la France d'avoir sauv? nos fr?res Maliens!ansardine, le mijao, aqmi, et le mnla ne sont pas des groupes ? n?gocier;pourquoi faut-il negocier avec des terroristes?J'esp?re que le facilitateur comprendra que ceux qui ?taient pour l'intervention avaient raison!

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