Côte d’Ivoire: Soro-Bakayoko ou la guerre froide des dauphins

629 0
Soro et Bakayoko mènent une guerre sans merci
Soro et Bakayoko mènent une guerre sans merci (Ph : rumeursd’abidjan.net)

L’après Alassane Dramane Ouattara(ADO) en Cote d’Ivoire crée déjà des passions. Guillaume Soro, Président de L’Assemblée Nationale et Hamed Bakayoko , Ministre de l’intérieur, sont à couteaux tirés. La bousculade meurtrière de la nuit de la Saint Sylvestre qui a endeuillée la Côte D’Ivoire a mis le feu aux poudre dans les relations existantes entre les deux leaders. Visiblement, l’après Ouattara s’annonce chaud. Soro et Bakoyoko sont déjà en « guerre »

Les relations entre Guillaume Soro et Hamed Bakayoko ont sans doute atteint le summum après la sortie du rapport du Ministère de l’intérieur. En effet, ce rapport remis au Chef de l’Etat ivoirien épinglait la garde rapprochée de Guillaume Soro. Ces militaires, chargés d’assurer la sécurité de l’Assemblée Nationale, se seraient livrés à des tirs de sommation, accentuant ainsi la panique lors de la bousculade de la Saint Sylvestre.

La tension est vive entre ces deux personnalités qui mènent une guerre à distance, peut-être déjà pour l’après Ouattara. On se rappelle de la bruyante absence de l’ex chef des rebelles lors des derniers Koras Awards, une cérémonie sur laquelle Ahmed Bakayoko aurait régné en grand maître sans le désastreux trouble-fête de la meurtrière bousculade.

Absence anodine ?

Tout porte à croire que Soro veut au  maximum éviter de croiser le chemin  de son « ennemi » politique, surtout lorsqu’on se rappelle que c’est grâce à ses efforts que Ouagadougou a abrité les Koras Awards , il y a de cela quelques années.

Une guerre médiatique sans merci

Quand on connaît la “puissance de feu” des médias sur l’opinion ivoirienne, il faut  ajouter à l’escarcelle de cette “guerre froide”, la course aux “armements médiatiques” des deux hommes. Le ministre Bakayoko a à lui la presse “matérielle”. Il a dans son “camp” le quotidien ivoirien “Le Patriote”, journal du RDR ( Rassemblement des Républicains), parti du président Alassane Dramane Ouattara.

Quant à l’enfant terrible de Kofiplé, il se sert, et sans se gêner, de la “bombe atomique virtuelle”, dont le noyau est  constitué par ses 31000 fans sur Facebook et 16000 abonnés sur Twitter.

L’arme politique des protagonistes

Sur le plan politique, l’ancien chef rebelle et le fidèle compagnon de ADO procèdent par différents moyens. Hamed Bakayoko peut se vanter d’être « le chouchou du président ». Normal. Il est le ministre de “l’Intérieur”. Deux privilèges qui peuvent être utilisés pour rallier les faveurs de l’opinion.

Guillaume Soro, quant à lui, organise des meetings sur tout le territoire, même dans les zones hostiles au président Ouattara , il séduit la diaspora. C’est aussi grâce à lui que certains proches du régime Gbagbo ont bénéficié de la clémence des autorités ivoiriennes qui leur ont attribué une liberté provisoire.

La “guerre…froide” est donc ouverte. C’est peu de dire que le président Ouattara a du pain sur la planche s’il se met en tête de réconcilier son « chouchou politique » et celui-là qui l’a aidé à mettre fin au régime du Président Laurent Gbagbo.

Aziz BANSE



Article similaire

Il y a 1 commentaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *