Les histoires de Tanga : La porte du nouveau maire

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(Ph : rene.maltete.com)
(Ph : rene.maltete.com)

« Attention, chien méchant ! » « Interdit d’entrer ». « Attention ! Caméra de surveillance ! » Et pour couronner cette belle foule de mises en garde, un vigile au regard rébarbatif et au fusil dissuasif.

C’est là les ornements du grand portail de la villa du nouveau maire de Bargassogodougou. Cela fait environ un mois qu’il était élu. Et Karim devait faire le pied de grue devant sa porte pour pouvoir espérer le voir.

Avant

Karim ne se rappelait pas que ce mur avait un si grand portail. La raison est toute simple : elle n’était jamais fermée. Jusqu’à ce jour. Karim se rappelait seulement que c’était la cour de Bargassogodougou. Il se souvenait qu’il était une fois passé vers la maison aux environs de 1h du matin et il s’était demandé si monsieur Korobaga n’avait pas peur des voleurs.

Pendant

Cela, c’était avant la campagne électorale. Quand celle-ci a débuté, Korobaga avait dû rendre jaloux le père Noël. Tous les jeunes du quartier, à commencer par lui, étaient ses amis. Il est même arrivé une fois où il a dansé avec eux dans un maquis de la place. Il avait un mot à la bouche : « quand je serai élu, vous allez voir ! »

Après

Et Karim voyait, en effet. Le vigile lui fit signe de reculer. Il ouvrit le portail et le véhicule du maire sortit du domicile. Les gestes de main de Karim ne ralentirent pas l’engin. Le vigile lui dit, l’air goguenard :

– Mon frère, toi tu ne sais pas que politicien, c’est comme la France ? Il n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts !

C’était la 6e fois que le vigile lui répétait cette phrase. Et pour la 6e fois, Karim reprit le chemin de son domicile, avec sous le bras, son projet de création d’un poulailler moderne que Korobaga avait promis de l’aider à monter dès qu’il serait élu maire…

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 3 commentaires

  1. Un politicien est cm un ?ne il te rend service mais le jour qu’il va te renverser tu ne verra pas ses oreille.on ne fait jamais confiance ? un politicien.

  2. C’est leur travail, ces politiciens ! C’est classique ! Tant pis pour ceux qui boivent leur parole sans mod?ration !

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