Libération d’otages en Algérie : Contre mauvaise fortune, l’Occident fait bon cœur

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Le site de la prise d'otages (Ph : rfi.fr)
Le site de la prise d’otages (Ph : rfi.fr)

La prise d’otages en Algérie, l’une des plus spectaculaires et des plus meurtrières de l’histoire du terrorisme, a fait de nombreux morts occidentaux. 20 victimes et le décompte n’est pas encore terminé. La réaction de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis a été accommodante.

En effet, François Hollande a félicité les autorités algériennes, estimant que le moyen utilisé était le meilleur, pendant Londres et Washington ont préféré rejeté  la responsabilité du carnage sur le dos des ravisseurs.

Mais avaient-ils seulement le choix ? Aucune autre solution que celle de la force n’était apparemment envisageable, à moins que la France n’accède aux doléances des islamistes, à savoir se retirer du Mali.

En plus, une issue négociée serait forcément à inscrire en vert sur l’ardoise actuellement rouge de fureur des islamistes. Enfin, l’Algérie se devait d’apporter une réponse à son attentisme remarqué depuis si longtemps devant l’avancée des djihadistes.

Que se passera-t-il maintenant ?

Assurément, même si des victimes ont été déplorées dans cette libération d’otages sanglante, elle annonce une nouvelle défaite et cinglante des terroristes. Et loin de calmer leurs ardeurs, elle risque de les décupler. Le monde doit donc s’attendre à des représailles et s’y préparer en conséquence.

Cela pose en même temps la question justement du traitement qu’il faudra réserver à ces prises d’otages. La méthode de l’Algérie deviendra-t-elle la panacée ? La force du terrorisme réside justement dans la « terreur » qu’il suscite. Terrifié, l’être humain est parfois prêt à faire toutes les concessions. C’est ainsi que depuis près d’une décennie, les terroristes utilisent cette technique séculaire pour obtenir soit une libération des leurs, une prise en considération d’une idéologie ou tout simplement pour avoir de l’argent.

Jusqu’où ?

Les Occidentaux seraient-ils prêts à appliquer dorénavant et sans restriction le principe du « pas de négociations ? » La stratégie, si ce n’est un coup de poker, peut s’avérer payante. Si les terroristes ont le sentiment que s’ils prennent des otages, ils seront purement et simplement passés à tabac, y compris leur « monnaie d’échanges», réfléchiront par deux fois.

Mais jusqu’où pourra aller cette « indifférence » ou ce sacrifice de nationaux que cela implique ? Les électeurs occidentaux cautionneront-ils longtemps cette façon de faire ? Et même si cette technique réussissait, il reste toujours les attentats suicides et la capacité d’adaptation de ceux qui ont déclaré la guerre à l’Occident et à sa civilisation.



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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