Eclipse de l’essence mélange: Le début du déclin des motos à courroie

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C'est désormais dans les stations "par terre" que les motos P50 se ravitaillent (Ph : b24)
C’est désormais dans les stations “par terre” que les motos P50 se ravitaillent (Ph : b24)

Depuis un certain temps certaines catégories de motos se trouvent sur le banc de touche des stations de service. Pour pouvoir utiliser des marques comme les P50, Ninja, Junior, Delta, CT etc., il faut compter désormais sur détaillants de carburant (en bouteilles), le mélange se faisant désormais rare dans les stations service. Burkina 24 a rencontré certains propriétaires de ces  engins. Lisez donc !

Dans la plupart des stations d’essence au Burkina Faso, il est devenu rare de trouver de l’essence-mélange pour les motos à courroie. Pour se ravitailler, les usagers de ces types de motos se retrouvent au bord des voies, dans les six mètres, ou occasionnellement dans quelques rares de stations. Cette situation qui confine à la marginalisation d’une partie de la population serait née de la décision des gérants de stations de mettre fin à la commercialisation de l’essence mélange.

La raison avancée est que le nombre de ces  types de motos a considérablement diminué dans la circulation. Les vendeurs détaillants en bouteilles installés aux abords des  routes et dans les stations à manivelles servent désormais de point de chute à tous ceux qui roulent sur ces engins. Pour Salam Zoungrana, qui roule à moto marque « ninja », le problème d’essence reste très crucial au point qu’à plusieurs reprises « j’ai poussé ma moto plusieurs centaines de mètre avant de trouver du carburant ». Du coup, je surveille mon essence à tout moment avant de démarrer de peur d’avoir une panne d’essence en route, ajoute-t-il.

De plus en plus, les conducteurs de motocyclettes deviennent rares à Ouagadougou (Ph : B24)
De plus en plus, les conducteurs de motocyclettes deviennent rares à Ouagadougou (Ph : B24)

« L’huile n’est pas de bonne qualité »

Par contre Wilfrid Ouédraogo, trouve qu’il est très facile maintenant plus qu’avant de trouver de l’essence mélange. Ce qu’il n’appréciât pas souvent « c’est la qualité de l’essence que nous payons au bord de la route. La mesure de l’huile qui se mélange à l’essence est aléatoire et cette huile n’est très souvent pas de bonne qualité ».

En effet beaucoup d’entre ceux qui vendent l’essence au bord des routes (« essence par terre ») n’utilisent pas de l’huile indiquée. Très souvent les huiles vidangées des autres motos et véhicules servent d’huile de mélange, indique Rasmané Diallo.

L'essence vendue au bord des voies reste le seul recours (Ph : B24)
L’essence vendue au bord des voies reste le seul recours (Ph : B24)

Alors c‘est ce qui amène les blocages des pistons, les dégagements de fumé ou le réchauffement très élevé des motos, confie Eric Nikiéma, mécanicien de moto qui ne souhaite plus voir ces marques de moto dans son garage.

Les pompistes des stations, qui n’ont pas pu écrire sur la machine qui sert l’essence mélange « en panne », se mettent souvent sur leurs nerfs ou bien même ne répondent pas aux propriétaires de ces types de motos qui viennent se renseigner de la disponibilité de l’essence.

L’essence mélange est commercialisé autant que le super 91

Monsieur Ouédraogo sert dans une station « Total » et selon lui « c’est juste une décision des patrons des stations, sinon l’essence mélange était aussi très bien commercialisé que l’essence super 91 ». Toujours est-il qu’il n’y peut rien que de servir ce qu’on lui ramène. Par ailleurs d’ici quelques années c’est bien évident que l’on ne parlera plus de ces engins étant donné qu’ils ne sont plus commercialisés au Burkina Faso, et ceux qui les détiennent de nos jours ne rêvent que d’une seule chose, « se défaire de ces engins au profit d’un tout autre type de moto  à vitesse, originale ou non ». Ces motos sont même une source de dénigrement pour les détenteurs vue que « les filles les dénomment laconiquement « vibreur » ». On pourrait leur donner raison.

Ce type de motos est une espèce en voie de disparition dans la capitale des deux roues (Ph : B24)
Ce type de motos est une espèce en voie de disparition dans la capitale des deux roues (Ph : B24)

Ça vibre, ça consomme du carburant et ce sont des engins imprévisibles ! Tout de même interdire la vente de l’essence mélange ne semble pas normal au regard des cahiers de charge que chacun de ces patrons a soigneusement lu avant d’ouvrir sa station. Il revient donc à l’Etat de prendre sa responsabilité  soit en réintroduisant ce type de carburant dans toutes les stations du pays soit en réglementant la vente des détaillant pour permettre à tous les propriétaires de ces motos de palier un temps soi peu les pannes perpétuelles d’essence.

 

Salifou OUEDRAOGO

Pour Burkina 24

 

salifbf

Journaliste-Reporter

Il y a 4 commentaires

  1. Dommage, ces motos ont fait la pluie et le beau temps dans les ann?es 90. Toutefois, il faut reconna?tre que les nouvelles motos sont plus adapt?es (moins ch?res et plus confortables). Tournons la page et suivons la roue de l’?volution!

  2. Bon, il faut dire que la concurrence des motos chinoises est rude, je dirais m?me plus, ravageuse ! La solution, ? mon avis, est de garer ces motos et de s’acheter les nouvelles. Parce qu’avec le traficotage auquel se livrent les “stations par terre”, il faut craindre un drame un de ces jours. Moi personnellement, vous ne pouvez pas savoir comme je suis content que les marques fran?aises aient disparu !

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