Les histoires de Tanga : Le violeur

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Plus jamais çaa_B24Christian n’en pouvait plus. Cela faisait trois mois qu’il se contenait. Trois mois ! C’est maintenant qu’il regrette sa vie d’antan. Celle dans laquelle il n’avait pas encore mordu dans le fruit défendu et où ne le taraudait qu’une simple curiosité qu’arrivaient à satisfaire quelques images dénudées.

Ce fruit-là

Le malheur est tombé sur lui la nuit où il a perdu son innocence dans une sordide chambre dans un des poisseux quartiers de Dapoya. Quartier dans lequel il est d’ailleurs reparti assez fréquemment depuis lors.

Mais cela, c’était quand il avait un peu de sous sur lui.  C’était quand il trouvait des trous à creuser et du béton à couler. Maintenant, les jeunes ont rempli la ville et la main d’œuvre surpasse l’offre. La rémunération aussi. Aujourd’hui, Christian travaillait plus pour moins d’argent.

Et sans argent, difficile à la fois de contenter le ventre et le bas-ventre. C’est ainsi que ce dernier a été délaissé mais ne manquait aucune occasion de se rappeler à la mémoire de son maître. Une jupe un peu courte sur une moto, un décolleté dérangé par une secousse, un parfum entêtant donnaient de sérieux cauchemars au jeune homme de  26 ans une fois la nuit tombée.

L’envie fatale

C’est ainsi qu’une de ces nuits, incapable de trouver le sommeil, il marcha au bord d’un canal mal éclairé. Sa croupe se balançant avec précipitation achevèrent de faire perdre tout contrôle à Christian.

Il accéléra le pas et rattrapa vite la jeune fille qu’il projeta sur le sol glacé par une nuit âgée de 2h du matin. Ses mains rencontrèrent enfin ce pour quoi il souffrait depuis trois mois. Mais la cervelle embrumée a oublié de lui souffler de fermer la bouche de sa victime, et plus grave, qu’il se trouvait en pleine rue et devant la porte de la maison d’un militaire.

Christian partit au ciel. Mais pas celui du 7e.

On meurt de ce que l’on aime.

Votre serviteur Tanga ([email protected])



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