Guinée équatoriale : 18 burkinabè expulsés

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La Guinée équatoriale vient d’expulser 250 étrangers de son territoire parmi lesquels 18 Burkinabè selon le quotidien camerounais Mutations. Ceux-ci seraient donc déversés à la frontière avec le Cameroun et le Gabon, Kyé-ossi.

Tout serait parti d’un décès d’une dame, femme d’une notabilité du pays survenu dans la nuit du 27 au 28 janvier 2013. Et depuis lors, les étrangers sont pourchassés par la police équato-guinéenne qui les accuse d’en être responsables.

Une chasse aux sorcières assez déplorable qui cependant n’est pas une première en Afrique centrale. Dès le lendemain du meurtre, les informations ont filé à la vitesse de l’éclair, et la traque s’est mise en route avec le filtrage à la frontière qui était déjà bloquée.

Les premiers expulsés, embarqués Mani militari dans des véhicules de fortune, ont été déversés à la frontière. A la date du 6 février 2013, 256 expatriés ont déjà été expulsés dont 118 camerounais, le reste étant constitué des ressortissants de l’Afrique de l’Ouest.

«En dehors des Maliens qui selon le commissaire Bela ont admis à Kyé-ossi après présentation des papiers par leur consul honoraire, conformément à la convention qui lie le Cameroun à leur pays en matière de visa, les autres méditent leur sort dans la zone tampon. Il s’agit notamment de 18 burkinabè, un nigérian, un Ghanéen et un Guinéen (Conakry)», précise la source.

Déposés à Kyé-ossi, ils ont été dépouillés de leurs biens et fortune, après avoir été torturés pendant plusieurs jours dans les commissariats où ils ont été copieusement tabassés et les femmes violées.  Ces arrestations arbitraires se sont déroulées en violation des droits de l’homme.

Les motifs de leur expulsion à Kyé-ossi seraient, selon les autorités équato-guinéennes, l’entrée illégale dans le territoire en passant par cette ville camerounaise. Mais, il s’agirait purement et simplement d’une xénophobie déguisée et préméditée.

«Chaque jour, on nous tabassait en nous demandant de payer 300.000 fcfa pour sortir. Tous ceux qui avaient payés ont été rattrapés le même jour et reconduit dans un autre commissariat. La nuit, les policiers violaient les femmes et venaient les remettre dans les cellules. Pour arriver à Kyé-ossi, on nous a embraqués à Malabo dans un avion militaire où nous avons voyagé à destination de Mongomo pieds et mains ligotés (…). Nous sommes tous malades parce que nous dormons les pieds dans l’eau à la belle étoile. Nous demandons à notre consul honoraire de faire quelque chose pour nous, sinon, nous allons tous périr ici à la zone tampon, faute de soins.», témoigne Traoré Malik, jardinier Burkinabè de 35 ans.

 Boureima LANKOANDE pour Burkina 24

 

Source : Mutations via Abidjan.net


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