Me Bénéwendé Sankara sur le dossier Thomas Sankara : « Ce peuple a besoin de vérité, pas de vengeance »

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Me Bénéwendé Sankara : "Ce peuple n'a pas besoin de vengeance" (Ph : B24)
Me Bénéwendé Sankara : “Ce peuple n’a pas besoin de vengeance” (Ph : B24)

Le président du Faso Blaise Compaoré peut-il invoquer la réouverture du dossier Thomas Sankara pour ne pas quitter le pouvoir en 2015 ? « Ce ne serait pas à son honneur », pense Me Bénéwendé S. Sankara, président de l’UNIR/PS (Union pour la renaissance/ Parti sankariste), parti d’opposition burkinabè. Pour lui, « ce peuple (burkinabè) a besoin de vérité, pas de vengeance ».

« Mieux vaut quitter dans de bonnes conditions», déclare Me Bénéwendé Sankara à l’adresse du président du Faso Blaise Compaoré, à l’occasion d’une conférence de presse ce 21 février 2013 de retour du 36e Congrès du Parti communiste français (PCF), tenu à Paris en France du 7 au  10 février 2013. Congrès en marge duquel a eu lieu une campagne de plaidoyer afin que l’Assemblée nationale française agrée la demande d’enquête parlementaire sur le dossier de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara déposée par des ONG de défense de droits de l’homme.

« Ce peuple n’a pas besoin de vengeance »

Interrogé sur la possibilité que la réouverture d’un tel dossier ne joue sur la volonté du président du Faso de ne pas céder le fauteuil tel que l’indiquent les dispositions constitutionnelles, Me Bénéwendé Sankara a estimé que « ce ne serait pas à son honneur ». Car pour lui, il faut qu’il fasse « face à son histoire » et « assume ses responsabilités ». Se référant à l’institution de la Journée du pardon, le président du parti de l’œuf a rappelé que « l’esprit n’était pas de sévir ». « Ce peuple a besoin de vérité, qu’on lui explique ;  ce peuple n’a pas besoin de vengeance », pense Me Sankara.

L’idée d’une modification de l’Article 37 étonne en France

Du reste, il croit que Blaise Compaoré ne se représentera pas en 2015 puisque Me Bénéwendé Sankara « ne pense même plus » à l’éventualité  d’une modification de l’article 37 de la Constitution. En France, confie-t-il, « toute le monde est étonné » quand on évoque cette idée. Pour lui donc, « il ne faut même pas penser au référendum » car « on ne peut pas finir les chantiers » et le « sursis prend fin en 2015 ».

Aller au « communisme de nouvelle génération »

Cela dit, pour revenir aux enseignements de son séjour à l’Hexagone, le président du parti de l’idéal sankariste partage le nouveau mot d’ordre qui  a été lancé lors du Congrès du PCF, à savoir que l’heure est à une redéfinition du communisme devant un capitalisme qui montre ses limites. C’est-à-dire « un communisme de nouvelle génération », pour reprendre l’expression de Pierre Laurent, reconduit aux commandes du PCF, qui doit se donner une direction et s’adapter aux aspirations des peuples afin « de rallumer les étoiles ». Me Sankara pense que ce nouvel ordre d’idée peut être appliqué au Burkina par l’idéal sankariste.

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Il est temps de passer à un communisme de nouvelle génération” (Ph : B24)

La médiation au Mali pourrait ne pas servir le Burkina

Me Sankara a également participé à un forum sur le Mali et il a laissé entendre qu’il est pensé en France que la médiation enclenchée par le président du Faso « pourrait ne pas être à terme profitable au Burkina Faso », notamment à  sa diaspora. Il en veut pour preuve ce long voyage de 7 heures, au lieu de 5, qu’il a dû subir pour aller au pays de François Hollande pour « éviter certains territoires ».  L’air grave, Me Sankara s’est posé aussi des questions, se basant sur ce colis suspect découvert à l’aéroport de Ouagadougou  et la possibilité que certains dirigeants islamistes crèchent à Ouaga, sur la sécurité tant interne qu’externe des Burkinabè.

Elections couplées : la page est tournée pour l’UNIR/PS

Terminant sur les élections, un peu forcé par les journalistes, le patron du parti de l’œuf a demandé où sont allés les 65% d’électeurs. Mais l’UNIR/PS semble ne pas vouloir protester. Pour Me Sankara, « la page est tournée », même à Téma-Bokin (même s’il a promis de revenir là-dessus en temps opportun), et qu’il est temps de passer à autre chose.

Abdou ZOURE

Pour Burkina24.com

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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