Lotissements à Bobo-Dioulasso : De la patate chaude pour les futurs maires

Photo d'illustration : la mairie de Bobo-Dioulasso (Ph :  Ville de Bobo-Dioulasso)
Photo d’illustration : la mairie de Bobo-Dioulasso (Ph : Ville de Bobo-Dioulasso)

Bobo-Dioulasso fait partie des villes du Burkina ayant été secouées par les crises liées à la gestion des parcelles. Les tractations ont commencé pour les élections des maires d’arrondissement, et la population, elle, attend fermement ces nouveaux maires et leurs décisions.

Des sept arrondissements que compte désormais la ville de Sya, seulement un (l’arrondissement numéro 1), n’a pas de problèmes criards de lotissements. L’arrondissement qui s’est le plus illustré dans le refus des spéculations sur les parcelles, c’est bien le numéro 5, avec son tout nouveau secteur 26. Ce secteur est le regroupement des villages de Koua et de Kuinima. Sa population s’est fortement accrue ces dernières années, à cause notamment de l’immigration et du retour massif de personnes de la Côte d’Ivoire. Le secteur 26, un non-loti ou presque (puisque le bornage y a été effectué, mais il n’ya pas encore d’attribution), avait manifesté le 21 Mai 2012 contre la façon dont les parcelles étaient gérées. Au cours de cette marche organisée par le Mouvement de Revendication de Parcelles et de Logements(MRPL), les 4000 manifestants avaient scandé des slogans hostiles au maire d’arrondissement de l’époque, M. Sidi Sanogo. Aujourd’hui, pendant que les élections de maires sont imminentes, nous avons rencontré le Secrétaire Général du MRPL, M. François Kaboré, pour connaître les attentes des habitants à l’endroit du futur maire et de son équipe. « Il ya des adultes qui sont nés dans ce secteur, et d’autres qui y vivent depuis plus de trente ans. Il faut qu’en cas d’attribution, ces personnes soient prioritairement prises en compte. Mais nous avons remarqué que les listes qui étaient sorties attribuaient d’abord les parcelles à des non-résidents, des personnes qui, peut-être, n’ont jamais mis pied à Bobo », a expliqué M. Kaboré. Le Secrétaire  Général du MRPL pointe particulièrement du doigt le maire sortant qu’il accuse de n’avoir pas bien géré les dossiers de parcelles. « Nous descendrons dans la rue si Sidi Sanogo est reconduit à la tête de l’arrondissement 5 », a dit M. Kaboré à Burkina 24.

Pour sa part, un conseiller municipal de l’arrondissement 5, élu de l’opposition, a confié à Burkina 24 sa crainte de voir des partisans politiques satisfaits au détriment de ceux qui sont dans la nécessité. « Le problème va à coup sûr se poser », a-t-il prévenu.
Dans l’ex-secteur 15 de Bobo (arrondissement 4), une autre affaire de parcelles a fait couler beaucoup d’encre et de salive.  A la suite de cette affaire, le Sieur Salif Nabaloum a été condamné le 10 juillet 2012 à 4 ans de prison ferme (qu’il purge actuellement à Orodara), et à une amende d’un million et demi de francs CFA. Il avait  été reconnu coupable d’organisation de manifestation interdite, et d’actes de vandalisme. Six autres manifestants ont  écopé chacun de 24 mois de prison ferme et d’une amende de 100 000 francs CFA.
Dans les arrondissements 2, 3, 6 et 7, les mêmes problèmes se posent. L’un des cas les plus sensibles est celui du quartier Belle Ville (arrondissement 7), où des dizaines de personnes ont payé chacun 450.000 francs CFA à un groupe d’individus qui vendaient des parcelles. Ces parcelles mises en vente étaient en réalité destinées à des bénéficiaires d’un don humanitaire. L’affaire remonte à deux ans, et personne de ceux qui ont déboursé leur argent n’a pu obtenir un lopin de terre. « Nous attendons l’installation du nouveau maire pour nous faire entendre », a confié une des victimes-complices à Burkina 24.
La gestion des parcelles devra donc être faite avec la plus grande transparence, pour éviter que des mandats de conseils municipaux ne soient   troublés.
La rédaction
Burkina24.com


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