Mercure de la semaine : Cette ségrégation qui règne au sein des médias burkinabè

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Le thermomètre du Faso a décidé cette semaine que le cordonnier ne doit pas être mal chaussé et que la charité bien ordonnée devrait commencer par soi-même. Les médias passent trop de temps à parler des maux des autres et s’oublient eux-mêmes. Exception à cette règle donc pour parler de cette ségrégation qui règne au sein des médias burkinabè.

La RTB, la reine des médias au Faso !

S’il y a un média qui mérite le titre de reine des médias au Faso, c’est bien la Radiodiffusion et télévision du Burkina (RTB), disons plus précisément la Télévision nationale du Burkina. Chouchou des autorités (normal, elle est publique !), caressée par les organisateurs d’activités (tout le monde veut se voir à la télé), la télé nationale a le pouvoir de retarder une cérémonie, une activité et de faire patienter les « gourous ».

C’est compréhensible. C’est la télévision de tous les Burkinabè, celle qui est nourrie par l’argent des contribuables, véhicule de l’image du Burkina Faso et gardienne de la république (un coup d’Etat n’est  jamais un coup d’Etat s’il n’est pas annoncé à la télé !). Normal qu’elle bénéficie de certains privilèges et fasse l’objet de quelques égards.

La RTB elle seule ne peut suffire  à informer les Burkinabè

Cependant, le micro ne devant pas cacher les caméras, il ne faudrait pas croire que la télé à elle seule suffit à informer les Burkinabè. Quelle fade et anémiée information que celle relayée exclusivement par un seul et unique média. La RTB dispose sans doute du plus important réseau d’information, mais elle n’est certainement pas la plus ou la seule écoutée. Inutile donc de mettre des bâtons dans les plumes et les micros des autres, surtout de la presse privée.

C’est malheureusement ce qui est constant sur le terrain. Dieu seul sait les misères qu’on fait subir aux autres membres de la presse burkinabè pour faire plaisir au média d’Etat, sans compter l’arrogance dédaigneuse dont font montre malheureusement certains confrères appartenant à ce membre important de la famille médiatique. Ce n’est pas de l’aigreur, mais juste faire comprendre à ceux qui sont coupables de  cette situation que loin de construire, ils détruisent.

La presse en ligne, parent plus que pauvre de la presse au Faso

L’autre discrimination concerne la presse en ligne. Elle est le segment le plus abandonné des médias burkinabè. L’on ne pourrait décemment pas parler de son jeune âge car le plus ancien de ses membres compte 9 ans à son calendrier. Pourtant, elle n’est soumise à aucune règlementation, n’est objet d’aucune aide digne de ce nom et est royalement dédaignée par les organisateurs d’évènements, donc doit tirer le diable par la queue pour pouvoir survivre, les annonceurs la dédaignant, pour ceux qui la connaissent.

Pourtant, c’est la seule catégorie de médias qui  peut se vanter de pouvoir informer le monde entier de ce qui se passe au Burkina. Elle représente également la relève, la grande tendance dans le monde entier montrant que l’avenir de l’information se jouera, non plus fondamentalement sur le papier ou sur les ondes, mais dans les entrailles des ordinateurs et des téléphones intelligents. Le gouvernement burkinabè donnerait un sens à son e-gouvernement en donnant tout son sens à l’e-information. C’est cela aussi œuvrer vers l’émergence du Burkina.

La Rédaction

Il y a 4 commentaires

  1. Merci mon fr?re pour ce d?cryptage! franchement ?a commence ? devenir du n'importe quoi! les m?dias et les journalistes se valent quelques soient leurs talents ou le l?extension de leur zone de couverture. C'est ? nous journalistes de faire en sorte pour partager le respect et la consid?ration autour de nous!

  2. Jean-Marie NABI zopito |

    votre article est tr?s pertinent. c’est d?j? une tr?s bonne et surtout dans votre int?r?t et dans l’int?r?t de l’ensemble de la presse priv?e d’accentuer de telles initiatives qui pourrait dans le temps vous accorder toute la place qu’il faut dans le paysage m?diatique burkinab?. au del? de cette publication, je vous sugg?re de rendre visible cet ?tat de fait ? travers des conf?rence et autres activit? de grande visibilit?,attirer de fa?on permanente l’attention du minist?re de la communication…

  3. Sans aucune tache, je dirais que c’est la verit? rien que la verit? et toute la verit? du moment. Combien ont le temps pour feuillet? encore un journal? On est ? 90% du temps connect? et on lit en ligne et entre les lignes mais j’ai l’impression que les autorit?s ne comprenent pas en r?alit? ce qu’ils font.

  4. L'analyse est pertinente certes, mais n'est pas all?e en profonde pour d?crier les choses.le probl?me est plus grave et s?rieux pour que votre r?daction le survol de la sorte.il appartient toutefois ? la nouvelle g?n?ration de journaliste de mieux se faire respecter ? tous les niveaux

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