CHRONIQUE DU WEEKEND – Sya, la belle cité aux cicatrices d’affiches publicitaires

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Des débris d’affiches sur le monument de la Femme de Bobo. Ph. Burkina 24

Bobo-Dioulasso ou cité de Sya fait la fierté du Burkina pour son hospitalité, ses industries et son tourisme. Lors du cinquantenaire de l’indépendance du pays qui y a été célébré en décembre 2010, la ville s’est vu rénover : constructions d’infrastructures et de monuments, réhabilitation de routes,…Mais de nos jours, force est de constater que les monuments et autres places publiques, et même les panneaux de signalisation, sont devenus des galeries d’affiches publicitaires.

Les choses ont atteint leur paroxysme en mi-novembre 2012, lors de la campagne pour les élections couplées passées : Des partis politiques rivalisaient d’occupation des espaces publics pour l’affichage des logos, slogans et autres messages visant à séduire l’électorat. Au bout d’une semaine, le rond-point de la Femme, le rond-point du paysan, celui du Cinquantenaire et la place de la Nation, étaient envahis par la faune et la flore politiques. Et ce n’est pas tout. En longeant les principales artères de la ville, l’on constatait des affiches ça et là, sur les poteaux de feux tricolores, les panneaux directionnels et de stop.
A l’heure actuelle, des panneaux de signalisation sont encore marqués par le sceau du scrutin couplé. Les monuments, eux, en portent les cicatrices. Ainsi, les chevaux en bronze du monument de l’indépendance ont toujours des selles en logos de partis politiques. Le monument de la Femme, quant à lui, est encore entaché de débris de papiers multicolores.
En ce mois de mars, à l’occasion d’une campagne d’évangélisation, une église chrétienne avait  à nouveau inondé la ville d’affiches. Personne ne pouvait dire mot. Surtout pas certaines autorités municipales qui ont sillonné nuitamment la ville pendant la campagne électorale, pour coller leurs affiches.
Les organisateurs de spectacles ont également trouvé l’astuce pour économiser les frais de pub. Pour le concert d’un artiste ou la kermesse d’un lycée de la place, il leur suffit de recourir aux affiches.
La Brigade Verte  de la commune (organisation de femmes bénévoles qui balaient les routes) fait de son mieux pour débarrasser les monuments et panneaux des affiches, une fois l’événement passé. Toutefois, les qualités des papiers et des cols utilisés pendant l’affichage compliquent les choses. Par exemple, certaines affiches du rond-point du Cinquantenaire ne pouvaient être déchirées que par rayure.  Du coup, cela pose le problème de l’entretien de nos monuments, de l’héritage de la célébration du Cinquantenaire, et même de l’insécurité routière.
Les nouvelles autorités communales de Bobo devraient donc être plus regardantes sur les conditions et modalités d’affichage dans les lieux publics.
Michel KONKOBO
pour Burkina 24 

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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