Ouagadougou : Deux présumés voleurs brûlés au cimetière de Tabtenga

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Le corps brûlés du premier voleur (Ph : B24)
Le corps brûlé du premier voleur (Ph : B24)

Deux jeunes hommes (moins de la trentaine), soupçonnés de vol et de vol à main armée, ont été tués et brûlés par la population au petit matin du lundi 18 mars 2013 au secteur 45 de Ouagadougou, ex secteur 28 à la lisière du cimetière de Tabtenga.

Ce sont deux corps  (dont l’un est ligoté comme un mouton) calcinés et  exposés à la curiosité des badauds qui constituait l’attraction matinale de ce 18 mars 2013 à la lisière ouest du cimetière de Tabtenga, au secteur 45 de Ouagadougou. Comment et pourquoi est-ce arrivé ? Les langues se déliaient difficilement.

Pourquoi ?

Des badauds prenant des photos du second présumé voleur calciné (Ph : B24)
Des badauds prenant des photos du second présumé voleur calciné (Ph : B24)

Mais sur quelques témoignages recueillis auprès des riverains, les deux jeunes hommes ont été pris en flagrant délit, l’un de vol d’une somme de 200 000 F CFA et l’autre en train d’agresser une  femme selon certains et trois femmes, selon d’autres. Mais les deux présumés voleurs n’ont pas été tués au même moment et n’ont pas été pris sur le lieu où ils ont rendu l’âme. Le premier l’aurait été aux environs de 1h à 2h du matin.

Passé à tabac, la foule aurait ensuite essayé en vain sur lui des coups de machette. Les lyncheurs l’ont alors ligoté, enfoui sous des pneus et des herbes, puis lui ont mis le feu. Selon un témoin, dont la cour est voisine du lieu du drame, le voleur aurait crié jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Quant au second, il aurait été pris  aux environs de 5h à 6h du matin. Conduit là où le premier a été incinéré, il a subi le même sort. Il aurait cependant supplié la foule de le libérer, arguant qu’il était marié et père. Mais cela n’a pas suffit pour émouvoir la foule.

« C’est bien fait pour eux ! »

Aucune compassion ne s’affichait non plus sur le visage des badauds venus dévisager les deux corps, dont l’un était encore fumant aux environs de 9h. Au contraire, les commentaires étaient plutôt à « c’est bien fait pour eux ! C’est la récompense du gain facile ! ».

Les corps sans vie sont restés longtemps exposés à la curiosité (Ph : B24)
Les corps sans vie sont restés longtemps exposés à la curiosité (Ph : B24)

 Ces mêmes commentaires indiquent que depuis le début de l’année, la zone était sous la coupe d’agresseurs qui, couteaux en mains, dépouillaient les passants, surtout les femmes marchandes qui font le commerce des légumes, qui s’aventuraient sur les abords du cimetière, désert et non éclairé, à des heures tardives ou tôt le matin. Selon un homme, sa femme a été victime de ces coupeurs de route. « Elle n’avait que son vélo et deux cents francs CFA. Ils l’ont menacée de la tuer et ils ont tout pris ! », laisse-t-il entendre.

Le commissariat de police de Bogodogo a procédé aux constats d’usage et a pris les dispositions pour que les corps soient enlevés.

La Rédaction

Il y a 15 commentaires

  1. n’importe quoi, il faudra alors supprimer toutes les institutions judiciaires et retourner aux lois de la jingle, les responbles de ces crimes doivent etre severement punis

  2. C’est inhumain ce qu’ils ont fait,nul n’a le droit de priver une personne de sa vie,hors mis la justice personne n’a le droit de donner une sentence ? autrui

  3. Franchement yen a marre. la justice fait rien donc la population va s'en charg?.
    bien fait pour eux.

  4. Dans un pays o? la pauvr?t? est ? son paroxysme,on risque la vie ? cause d’un biscuit et ?a, tout le monde le sait. S’il sont coupables, ils ont eu ce qu’ils ont cherch? mais si quelqu’un est innocent?

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