Relations Franco-Africaine : Un passé qui ne passe pas (1/2)

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Dans Présence française et abandon, François Mitterrand écrivait en 1957 : « Sans l’Afrique, il n’y aura pas d’Histoire de France au XXIe siècle ». Cette prédiction de celui qui sera pourtant à l’origine du discours de La Baule en 1991, illustre la complexité et l’ambivalence des relations entre l’ancienne puissance coloniale et son pré-carré africain.

La fin de la Françafrique annoncée par les nouvelles autorités françaises ne se révèle telle pas trop ambitieuse au regard de cette politique paternaliste qui perdure? Les liens historiques, géopolitiques et économiques de la France en Afrique ne semblent pas prêtes à céder le pas à une nouvelle forme de coopération.

 La France omniprésente en Afrique 50 ans après les indépendances, pour des raisons…

Historiques ? Si la France est toujours aussi active en Afrique, une première hypothèse pourrait être leur histoire commune. De par la colonisation d’aucuns estiment que la France ne saurait se désintéresser d’un continent dont elle a si considérablement influencé le destin. L’argument à notre avis est à double tranchant. Il fait d’une part de la France le débiteur de l’Afrique : responsable en partie de l’état actuel du continent, la France ne peut se désintéresser d’elle et aurait le devoir de l’aider. Mais il fait d’elle d’autre part son créancier : Cette histoire commune donne à la France un statut privilégiée qui pourrait lui avoir laissé l’impression qu’elle a le droit de se mêler des affaires du continent noir d’où sa politique paternaliste.

 Géopolitiques ? Si la France s’intéresse toujours tant à l’Afrique, pourrait-on penser dans un second temps, c’est qu’elle y trouve un surplus de puissance. Les pays africains sont des alliés inconditionnels dans les organisations internationales ou la France peut compter sur leur soutien. En outre il s’agit d’États francophones qui forment un bloc de résistance à la domination universelle de la langue et de la culture américaine.

Économiques ? Une dernière raison qui semble être des plus évidente est que la France maintient son influence en Afrique pour les intérêts économiques qu’elle y a. C’est un secret de polichinelle qu’elle en importe les matières premières qui lui font cruellement défaut. Elle y exporte aussi des biens de consommation et d’équipement et y dégage des excédants commerciaux confortables. Les grands groupes français profitent des privatisations imposées par les institutions de Brettons Woods pour investir de façon souvent peu transparente les secteurs les plus rentables des économies africaines.

En définitive plus de 50 ans après les indépendances, le temps ne semblent donc pas avoir modifié aussi radicalement qu’on aurait pu penser les relations entre la France et ses anciennes colonies. Faute pour celles-ci d’accéder à une souveraineté pleine et entière, qui aurait supposé notamment qu’elles assurent leur défense et qu’elles battent leur propre monnaie. Leurs relations avec la métropole ne se sont jamais vraiment muées en relations inter-étatiques mais sont toujours restées des liens intra-étatiques.

A suivre…

Nelson COMPAORE

Chroniqueur relations internationales, Burkina 24

(Source d’inspiration: Yves Gounin, le combat des anciens et des modernes)



Nelson compaore

Chroniqueur Relations internationales pour Burkina 24, Juriste internationaliste, Doctorant en droit.

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Il y a 2 commentaires

  1. Stephane Zoungrana |

    Belle analyse. Mais a mon sens, les raisons ?conomiques devraient venir en premi?re position parce que pesant plus dans la balance. Aussi, l Afrique a sa part de responsabilit? a assumer dans cette relation France Afrique. A tr?s bient?t, parce que je vois a suivre a la fin de l article; et surtout ravie de vous lire .

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