Abolir la peine de mort au Burkina: “Il est temps de passer des promesses aux actes”

449 0
Le Directeur exécutif d'Amnesty International Burkina Faso, Yves Boukari Traoré. Ph.B24
Le Directeur exécutif d’Amnesty International Burkina Faso, Yves Boukari Traoré. Ph.B24

En dépit de revers, le monde poursuit sa route vers l’abolition. Un rapport publié par Amnesty International sur l’état de la peine de mort dans le monde en 2012 fait état d’une tendance générale favorable à l’abolition. La section burkinabè du mouvement a fait un zoom sur la situation du Burkina Faso, au cours d’une conférence de presse animée ce mardi, appelant une fois de plus à l’abolition in jure de la peine de mort dans le pays.

Comme chaque année,  Amnesty International a de nouveau mis en lumière le comportement des États vis-à-vis de la peine de mort durant l’année 2012. Chiffres a l’appui, son rapport publié le 10 avril dernier indique une tendance générale favorable à l’abolition, malgré de revers décevants dans certains pays.

Au 31 décembre 2012, 10 personnes étaient dans “les couloirs de la mort”.

Pour le cas du Burkina Faso, au 31 décembre 2012, 10 personnes étaient dans les couloirs de la mort. En 2012, le pays n’a enregistré aucune condamnation à mort contre 3 en 2011 et 6 en 2009. Malgré les chiffres encourageants pour les militants de l’abolition, le Burkina, abolitionniste de fait, tarde encore à franchir le pas vers une abolition de droit, comme l’y invitent  ses multiples engagements internationaux.

En 2009, lors de son passage à l’Examen périodique universel, le Gouvernement burkinabè s’engageait à abolir la peine de mort avant son prochain passage qui vient d’avoir lieu. Pour Amnesty Burkina, il est temps de passer des promesses et des engagements aux actes. Et la section, entend continuer ses actions de lobbying et de plaidoyer ainsi que la sensibilisation  des citoyens et des praticiens du droit.

Roger Minoungou, Yves Traoré et Noëlie Kouaraogo face aux journalistes ce mardi 07 mai. Ph.B24
Roger Minoungou, Yves Traoré et Noëlie Kouaraogo face aux journalistes ce mardi 07 mai. Ph.B24

Un code pénal anticonstitutionnel?!

L’abolition de la peine de mort est d’autant nécessaire que le pays a adhéré a plusieurs instruments internationaux. Qui plus est, estime Amnesty Burkina, “le code pénal burkinabè serait inconstitutionnel” en ces dispositions relatives à la peine de mort. “La constitution mentionne clairement dans son préambule, qui en fait partie, que le pays a souscrit à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, laquelle reconnait le droit à la vie à tout individu”, explique Roger Minoungou, chargé d’activisme de la section.

Amnesty Burkina table sur la relecture du code pénal, dont la procédure est enclenchée, pour voir le Burkina Faso abolir la peine de mort à l’instar d’autres pays de la sous-région.

Amnesty international s’oppose à la peine de mort quelles que soient les circonstances et les moyens utilisés. Le mouvement ne manque pas d’arguments pour souligner la nécessité d’abandonner une pratique qu’il juge “cruelle et inhumaine”. Parmi dix arguments, les erreurs judiciaires: “Il est illusoire de penser qu’un système judiciaire,  quelle que soit sa perfection, puisse être a l’abri des erreurs judiciaires”, a rappelé Yves Boukari Traoré, Directeur de la section.

Justin Yarga

Burkina 24

Chiffres sur la peine de mort au Burkina Faso

– Exécution en 2012= 0

– Condamnés à mort en 2012 = 0

– Condamnés à mort à la date du 31 décembre 2012 = 10

– Condamnations à mort commuées en 2012 = 0

– Grace accordées 2012= 0

– Personnes condamnées à mort innocentées en 2012 = 0

Source: Données recueillies par Amnesty Burkina auprès du Ministère de la Justice

 



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *