Article 37 : Que vaudra le poids de l’Éléphant ?

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Au moment où le débat sur le sénat fait plus que jamais rage et aiguise  des appétits politiques, un match entouré de suspens se prépare: celui de l’article 37 de la Constitution, limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Des observateurs avertis parient que la compétition se jouera sur le terrain parlementaire, avec l’ADF/RDA comme arbitre. Le parti de l’éléphant a rompu le silence ce vendredi, en déclarant officiellement qu’il votera contre la mise en place du sénat. 

Depuis l’entame des réflexions instituées par le CCRP, l’ADF/RDA s’est démarqué de la majorité présidentielle, au sujet d’une éventuelle révision de l’article 37, se déclarant toutefois favorable au bicaméralisme. Mais à présent, Le parti de Maître Gilbert Ouédraogo reproche au futur sénat diverses imperfections : « Il ne prend pas en compte par exemple les jeunes qui sont pourtant majoritaires dans notre pays, ne garantit pas une représentation significative des femmes au Sénat et n’accorde pas une place aux différentes sensibilités du pays.

Par ailleurs, au moment où les tensions sociales s’accumulent, la mise en place d’un Sénat à gros effectif ne paraît pas opportune au vu de la charge importante que cela constituerait pour le budget de l’État ». Au fond, la question de l’alternance pourrait expliquer le retrait de l’équipe de Maître Gilbert Noël Ouédraogo du gouvernement. Car 2015 s’annonce, et le dignitaire du roi guette le trône.

Les choses s’orientent vers le Parlement

En toute hypothèse, les tenants de la révision de l’article 37 se sentent mieux sur le terrain parlementaire. Mais là, un éventuel soutien de l’ADF/RDA est de plus en plus impensable. Le CDP et les partis satellitaires de la majorité ne réunissent pas la fraction requise (93 députés). D’où le fait que les stratèges du parti majoritaire ont adopté un plan B : le sénat.

En effet, à part le représentant de l’Église catholique, des syndicats et d’une partie du patronat, les autres sénateurs seront probablement acquis à la cause de la majorité présidentielle et n’auront point peine à sauter le verrou constitutionnel (Avec leur nombre dépassant le tiers du parlement, quota requis).

La voie référendaire est certes envisageable, mais incertaine. Pour cette dernière solution, il faudra avoir le financement de partenaires extérieurs qui sont, pour la plupart, hostiles à la retouche; suspendre le vol du précieux temps, prendre le risque de débordements et de bras de fer avec la société civile.

Aussi, l’enquête Afrobaromètre sur l’avis des burkinabè en la matière n’encourage pas à un referendum. 54 pourcent des enquêtés sont contre la révision. Ainsi, même si les résultats ne seront pas entachés de fraudes et d’irrégularités, s’ils donnent le « Oui » gagnant,  la rue criera à la magouille.

Les derniers événements indiquent que les burkinabè n’ont pas oublié la rue : Les syndicats commencent à déterrer leurs pancartes de 2008, des actes de vandalismes sanctionnent la moindre infraction, l’autorité est défiée.

Tout pourrait se jouer avec les élus de l’ADF/RDA

Si par miracle l’ADF/RDA décide de cautionner la révision du célèbre article, l’on n’y peut pas grand-chose. Toutefois, cette complicité parait probable. L’entêtement de la majorité pourrait accoucher d’un sénat à la césarienne. Et, après cela,  il faudra admettre la possibilité que des députés ADF soient approchés individuellement et nuitamment, étant donné que le vote est secret.

La position de L’ADF/RDA s’explique par la peur de perdre une occasion historique de se racheter. Dans une interview accordée à Mutations (N° 25 du 15 mars 2013)l’ancien président du Conseil Supérieur de l’Information, Adama Fofana, disait que  «…même si par extraordinaire, une plus forte représentation de l’ADF/RDA avec des postes ministériels plus nombreux lui était proposée, Me Gilbert Ouédraogo hésiterait à s’aliéner dans un partenariat jugé à terme non gagnant pour lui. »

A présent, les choses se dessinent sur la scène parlementaire, particulièrement au sénat. Si l’ADF/RDA maintient sa position initiale sur l’article 37, cela sera un grand soutien de moins pour les  « pro-révision ».

Mais tout ceci ne s’inscrit que dans le cadre d’une analyse. Le Président Compaoré, principal intéressé dans cette affaire, n’a pas encore dit mot. Son patriotisme peut l’emmener à laisser les choses en l’état. A propos, terminons avec cette phrase d’Adama Fofana, dans Mutations : « Plaise à Dieu que la confiance nourrie par Ablassé envers Blaise puisse illuminer Blaise et l’éloigner de toute tentation de révision de l’article 37.»

Burkina 24

 



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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Il y a 4 commentaires

  1. MAXIME (Max the upright) |

    vivement que l’ADF-RDA, ne nous r?serve pas de mauvaises surprises. on n’a d?j? ?t? trahi une fois, donc on ne fait plus confiance.

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