Crise économique : déclin annoncé pour la France?

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Morosité de la FranceLe 15 mai dernier, l’INSEE (cdlr : Institut national de la statistique et des études économiques) publiait les premiers résultats concernant les comptes nationaux trimestriels français. Il annonçait une contraction de la croissance de l’économie française au premier trimestre 2013 de 0,2% du PIB (cdlr : Produit Intérieur Brut) qui suit également la contraction déjà constatée au dernier trimestre 2012 du même ordre. Cette publication en contradiction avec les prévisions des premiers responsables du ministère de l’économie venait afficher clairement que la cinquième puissance économique mondiale se porte mal et entre en récession.

Les économistes français s’accordent à dire que le fait que l’’économie française soit en récession en ce début d’année 2013 n’est pas en elle même « trop » grave mais ce qui est plutôt inquiétant c’est le rapprochement de ces périodes de moins bon de l’économie française. En cela, nous rappelons qu’il s’agit de la deuxième fois que la France est en récession en cinq ans après l’épisode de 2008-2009.

Les causes d’un déclin annoncé

Tous les voyants économiques de la France sont au rouge comme nous le fait remarquer le quotidien français « Le Monde ». En effet, les principaux facteurs déterminants du PIB sont en bernes. Les causes d’une telle décrépitudes peuvent se trouver dans :

Le marché du travail : la France connaît depuis le début de la crise en 2008 une hausse soutenue du taux de chômage dépassant en mars dernier les 10% de chômeurs de la population active et décoiffant le triste records de 1997 avec plus de 3 224 600 personnes sans aucune activité.

Le marché financier : l’arrivée au pouvoir en France des socialistes il y a un an, rend un peu plus frileux les investisseurs. Nous rappelons qu’après les législatives de juin 2012, ils (la Gauche Française) détiennent tous les leviers du pouvoir (Présidence, Senat, Assemblée Nationale, collectivité territoriale) ce qui leur permet de faire passer toutes leurs propositions de loi dont la fameuse loi d’imposition de 75% des revenus supérieurs à 1millions Euros.

Egalement, à l’automne dernier le mouvement des « Pigeons » dénonçaient un malaise profond dans monde de entrepreneuriat. Malgré la reculade du gouvernement français à ce sujet, fort est de constater que les investisseurs ne se bousculent pas à la porte de l’économie française.

La compétitivité : malgré l’accord entre le patronat et les syndicats introduisant la notion de « flexi-sécurité » (cdlr : sécurisation de l’emploi aux salariés et de flexibilité aux entreprises), accord jugé historique par le Président François Hollande, le constat reste amer et on assiste toujours çà et là, à la fermeture d’usine française. Le quotidien français du « Le Figaro » dénombrait « En 2012, plus de 200 sites qui ont fermé leurs portes, soit 42% de plus qu’en 2011 » représentant « près de 24.000 postes supprimés ».  La majorité de ces départs de l’Hexagone se faisant principalement au profit des pays d’Asie et d’Europe de l’Est car les chefs d’entreprise jugent ces territoires plus attractifs avec une main d’œuvre à la fois qualifiée et coûtant moins chers.

L’ambiance de morosité générale et les politiques d’austérité : des millions de français ressentent le sentiment que leur pays est en déclin. Ce sentiment est accentué par les derniers chiffres de INSEE montrant que leur pouvoir d’achat a reculé de  0,9  en 2012 une première depuis 1984. On peut ajouter à ce triste tableau le niveau de sa dette avec sa note souveraine dégradée par Standard & Poor’s en janvier 2012, puis par Moody’s en novembre. Economiste chez Oddo, Bruno Cavalier affirmait que “On n’a pas besoin du PIB pour connaître l’état de l’économie française…”.

La France face aux pays émergents

Fort de ce constat d’un climat ambiant de déclin de la France,  une étude britannique qui prédit le déclin économique de la France. En effet, Le « Centre for Economics and Business Research » (CEBR) estime que l’économie britannique dépassera en 2013 celle de la France dans sa publication du « CEBR World Economic League » datée 27 décembre 2012.  Les experts de ce centre pensent également d’après leurs recherches qu’en 2022, l’Inde (PIB estimé à 4.935 milliards de dollars) et le Brésil (PIB estimé à 4.389 milliards) auront rejoint la Chine (PIB estimé à 19.516 milliards) dans le top 5 des plus grandes puissances mondiales dépassant ainsi la France dont le PIB serait estimé à 3.185 milliards de dollars (contre 2.607 aujourd’hui).  La France serait alors rétrogradé à la 9eme place mondiale.

Pour remonter le moral des français, la même étude montre que même si le trio de tête (USA, Chine, Japon) reste inchangé, les économies européennes en général perdraient en influence au fil des dix prochaines années. L’Allemagne, la Grande Bretagne et l’Italie perdraient elles aussi leur place et reculeraient respectivement de 2, 2 et 5 places.

Malgré tout les dirigeants français restent confiant avec en premier le Président François Hollande affirmant entre autre « l’inversion de la courbe de chômage à la fin de l’année 2013 ». La commission Européenne elle lâche un peu de leste le 3 Mai dernier en  accordant un sursis de 2ans à la France et d’autres pays de l’Europe (Italie, Espagne, Grèce) pour la réduction de leur déficit. Ce répit leur permettra d’assouplir les différentes politiques d ‘austérité et pourquoi pas la relance de leur économie par le retour de la confiance des ménages et la reprise de la consommation. Gageons que ce soit le début des bonnes nouvelles pour l’Europe en générale et la France en particulier.

Le classement des puissances économiques selon leur PIB en 2012 et en 2022 (projection)

HDLC / Correspondant Burkina 24 Europe



Hubert DeLorenzo COMPAORE

Correspondant de Burkina 24 en France

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