Sortie de crise au Mali : Ce que dit l’accord de Ouagadougou

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Le gouvernement malien, le MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad) et le HCA (Haut conseil pour l’unité de l’Azawad) ont finalement pu signer l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali ce mardi 18 juin 2013. Retour sur les axes majeurs de cet accord.

Les deux parties échangeant les documents (Ph : B24)
Les deux parties échangeant les documents (Ph : B24)

L’accord qu’ont signé le Colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre malien de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, et les représentants de Muhamedou Djeri Maïga (chef de la délégation MLNA/HCA) et ses compagnons dans l’après-midi de ce 18 juin 2013 dans la Salle polyvalente du Palais présidentiel de Kossyam va se dérouler en deux temps : avant et après l’élection présidentielle.

Cessez-le-feu et l’armée malienne à Kidal

Avant  l’élection présidentielle, c’est l’arrêt total des hostilités, le déploiement de l’armée malienne sur toute l’étendue du  territoire malien afin d’en assurer la sécurité et le cantonnement des groupes armés du Nord Mali. Les deux parties ont accepté le principe. Sous certaines modalités.

Le déploiement des forces de sécurité et de défense et (FDS) se fera sans délai, mais « en étroite coopération » avec la MINUSMA/MISMA et la Mission française Serval. Une Commission technique mixte de sécurité (composée des représentants des FDS, des groupes armés, de la MISMA/MINUSMA, de la Force Serval, du Médiateur, du médiateur associé et de l’Union africaine) sera mise en place dès ce 18 juin (comme l’a annoncé Djibrill Bassolé) et se chargera du suivi et de la mise en œuvre du cessez-le-feu.

Plus de « ami-ami » avec les terroristes

 Un comité de suivi présidé par le représentant spécial de l’ONU veillera au suivi et à l’évaluation de l’application de tout l’accord. Une commission d’enquête internationale devra être également mise sur pied afin de se pencher sur tous les crimes commis durant la période trouble du Mali.

Moussa Sinko Coulibaly du gouvernement malien et Bilal Ag Cherif du MNLA (d.) signant l'accord (Ph : B24)
Moussa Sinko Coulibaly du gouvernement malien et Bilal Ag Cherif du MNLA (d.) signant l’accord (Ph : B24)

Enfin, les groupes doivent s’abstenir d’avoir toutes relations, même pas« un soutien moral », avec les groupes terroristes.

Des pourparlers pour prendre en compte les groupes armés

Pour ce qui concerne l’après élection présidentielle du 28 juillet et  60 jours après la constitution du gouvernement, les parties se sont engagées à  entamer des pourparlers de paix en collaboration avec la Commission dialogue et réconciliation et la communauté internationale.

Cliquez ici pour lire : ACCORD MEDIATION MALIENNE

Ces pourparlers porteront en réalité sur l’intégration des revendications des groupes armés de l’Azawad, notamment la prise en compte des « régions Azawad » dans l’organisation administrative et institutionnelle du Mali. Ces pourparlers parleront également du désarmement total des groupes armés et de leur démobilisation et leur réinsertion socio-économique. Enfin, entre autres, le retour des réfugiés pourra être abordé avec la question de la justice et la réconciliation.

Tout le monde est content !

Le médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, entouré des autres membres du pool de la médiation (Ph : B24)
Le médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, entouré des autres membres du pool de la médiation (Ph : B24)

Il va sans dire que l’intégrité du territoire national et l’unité nationale sont les premiers ingrédients de cet accord que Moussa Sinko Coulibaly a qualifié de « tremplin vers un Mali nouveau » et pour lequel il a assuré « la ferme volonté » des autorités maliennes à vouloir le respecter et le mettre en œuvre.

Mohamedou Djeri Maïga, chef de la délégation des groupes armés, l’a lui imagé comme « un point de départ » qui permettra de « rebâtir un Mali dans toutes ses composantes ethniques et ses diversités culturelles ». ll a aussi assuré que lui et ses pairs le mettront en œuvre, « si Dieu le veut ».

La CMFPR et le MAA adhèrent

La délégation du MAA et du CMFPRC signant l'accord (Ph : B24)
La délégation du MAA et du CMFPRC signant l’accord (Ph : B24)

La Coordination des Mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), deux groupes armés d’auto-défense du nord Mali, ont adhéré à l’accord préliminaire quelques minutes seulement après son adoption, ce 18 juin 2013, conformément à l’article 24 qui indique que tout groupe armé non signataire peut y adhérer. A travers une déclaration lue devant les médiateurs, les représentants des deux mouvements ont affirmé se retrouver dans l’accord, notamment en son aspect respect des principes de l’intégrité et de l’unité nationales et de la laïcité du Mali, et  ont dit s’engager sans condition. « Si les mouvements terroristes et indépendantistes le (l’accord) respectent », a toutefois ajouté leur porte-parole, Me Harouna Toureh.

A.Z

 

 

 

Blaise Compaoré, le médiateur de la CEDEAO, le considère comme un accord « équilibré, réaliste et pragmatique » et, rejoignant son co-médiateur Goodluck Jonathan, les représentants de l’UA, de l’ONU et de l’Union européenne, il en a appelé « au sens de responsabilité » des parties prenantes pour que cet accord donne des fruits pour la paix au Mali.

A noter que cet accord est ouvert à tout groupe armé malien qui souhaite y adhérer sous réserve cependant de « respecter toutes ses dispositions sans conditions ». Mais il y a déjà du monde (voir encadré) !

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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