Christine Lagarde, de l’ombre à la direction du FMI : Profil d’une allégeance

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Quel ne fut pas le choc face à la divulgation d’une lettre « d’allégeance » à Nicolas Sarkozy, découverte chez Christine Lagarde lors d’une perquisition dans le cadre de l’affaire Tapis ? Un choc qui certainement force la loupe à se poser sur cette dame qui, bien qu’occupant l’un des postes les plus prestigieux au monde, surtout par ces temps de crise économique, est restée très discrète.

Christine Lagarde (Photo BBC)
Christine Lagarde (Photo BBC)

On se demande alors comment Mme Lagarde est-elle arrivée à être directrice générale du FMI (Fond Monétaire International). Cette allégeance a-t-elle joué un rôle ? La réponse se trouve peut être dans le parcours de celle qui était inconnue jusqu’en 2005 du grand public français.

On se souvient que celle qui a tenu pendant longtemps les caisses de l’Etat français a été parachutée au FMI dans la tourmente de l’un des plus grands scandales politico-médiatiques de notre temps : l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn accusé de tentative d’agression sexuelle sur la personne d’une dame de chambre d’un hôtel dans lequel il était de passage à New York. Nicolas Sarkozy alors aux commandes n’a pas tremblé de la main pour désigner Christine Lagarde pour remplacer l’ange déchu.

A l’époque la majorité des observateurs était unanime à dire qu’elle était celle qui avait la « tête de l’emploi », principalement pour son bilan somme toute positif à Bercy.

Mais, avant d’être sous les projecteurs de la scène politique, Christine est avant tout une avocate brillante qui, en 1981, après ses études de droit, intègre le barreau parisien puis rejoint le département de droit social du bureau parisien du cabinet d’avocats d’affaires Baker & McKenzie, un des premiers cabinets d’avocats mondiaux avec 4 600 collaborateurs dans 35 pays. Elle y gravit tous les échelons pour devenir en 1999, présidente du comité exécutif mondial dudit cabinet. Première femme à ce poste, elle est classée en 2002, 5e femme d’affaire européenne par le Wall Street Journal Europe. En avril 2005, elle entre, au conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING, une institution financière internationale de bancassurance.

Cette pépite française est remarquée par Jean Pierre Raffarin alors Premier Ministre mais, elle n’entrera au gouvernement que le 2 Juin 2005 en tant de Ministre Déléguée au commerce extérieur sous De Villepin.

Comme son ascension dans le privé, elle avancera telle une fusée dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, avec comme premier ministère plein, celui  de l’agriculture et de la pêche pour passer juste après à la tête du très puissant Ministère de l’économie, des finances et de l’emploi en 2007 où elle sera également la première femme à occuper le poste aussi bien en France que dans les Etats du G8.

A ce poste, celle qui est restée fidèle à son poste va engranger de nombreuses distinctions honorifiques avant d’être désignée par Sarkozy en 2011 pour remplacer DSK à la tête du FMI ; elle devient donc le 2 Juin la première femme à occuper ce poste.

On l’aura vu donc, Christine Lagarde certes brillante avocate, a gravi les échelons politiques à la vitesse grand V. Serait-ce à cause de son CV ? Cela aujourd’hui semble peu probable car beaucoup d’autres responsables politiques avaient un CV conséquent. Serait-ce pour une allégeance restée longtemps secrète ? Peut être bien. Ce ne serait pas étonnant à l’état actuel des choses après la découverte de cette lettre où celle qui a été toujours « la première femme à… » déclare à Sarlozy «utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting. » .

Youssouf Bâ

Pour Burkina 24



Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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