Industries minières au Burkina : Pas assez de suivi de la part de l’Etat, selon une étude de l’ORCADE

L’Etat burkinabè ne fait pas le suivi nécessaire des industries minières au Burkina et ne dispose pas d’assez de données sur elles. C’est la conclusion d’une étude sur les emplois des nationaux dans les projets miniers menée conjointement par l’ONG ORCADE (Organisation pour le renforcement des capacités de développement) et deux autres ONG et rendue publique ce 22 juin 2013.

Les structures techniques ne font pas le suivi  des sociétés minières, selon l'étude (Ph : B24)
Les structures techniques de l’Etat  ne font pas le suivi des sociétés minières, selon l’étude (Ph : B24)

Il est loisible de se rappeler les manifestations et autres actes de mécontentements des populations riveraines des mines d’or exploitées par les sociétés minières au Burkina. Ces manifestations touchaient notamment au fait que ces sociétés n’employaient pas suffisamment les nationaux.

L’ORCADE, le RAJIT (Réseau africain de journalistes pour l’intégrité et la transparence) Burkina et la Coalition Mine’Alerte ont réalisé une étude sur l’emploi des nationaux dans les projets miniers dans deux sociétés minières (Kalsaka Mining et Iamgold Essakane SA) et dont les résultats ont été communiqués aux médias ce samedi.

Pas de données

La première des conclusions c’est que les enquêteurs ont découvert que les structures techniques étatiques ne font pas un suivi conséquent des sociétés avec qui l’Etat a signé des conventions. « Quand vous les (les structures) approchez pour avoir des informations, ils sont obligés d’appeler les sociétés pour demander des informations pour ensuite vous les communiquer », révèle Jonas Hien, chargé de programme à l’ORCADE.

Jonas Hien, chargé de programme de l'ORCADE (Ph : B24)
Jonas Hien, chargé de programme de l’ORCADE (Ph : B24)

 Le ministère en charge du Travail et de l’Emploi ne disposait pas de données sur le sujet de l’enquête et le ministère en charge des mines a des chiffres qui ne coïncident pas avec ceux fournis par d’autres sources, ajoute Pierre Dabiré, président du RAJIT Burkina.

Mais les conférenciers ont des approches de justificatifs à cet état de fait. Rappelant les cas où un préfet et un directeur régional de la Police national ont été éconduits et humiliés alors qu’ils tentaient d’accéder à des mines, Jonas Hien avance le constat que ces sociétés sont gérées « au haut niveau », sans implication des structures qui sont habilitées à le faire. Dans tous les cas, la société civile a recommandé que des mécanismes de collecte et de gestion des données de ce secteur soient mis en place.

Les sociétés respectent leurs engagements

La deuxième conclusion importante de cette étude révèle que les sociétés minières « respectent leurs engagements en matière d’emploi de nationaux ». En effet, énumère Pierre Dabiré, Kalsaka mining a un taux d’emploi des nationaux de 90 % alors que la marge prévue par sa convention signée en 1997 était de 75 à 90 %. Iamgold Essakane SA emploie plus de 90% de Burkinabè dont 40 % issus des populations riveraines du site.

Selon les données de l’étude, recueillies auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), 11 181 travailleurs miniers ont été déclarés à la date du 31 décembre 2012, dont 10 840 Burkinabè.

Pierre Dabiré, Président du RAJIT Burkina (Ph: B24)
Pierre Dabiré, Président du RAJIT Burkina (Ph: B24)

Malgré cela, l’étude précise que les tensions entre les sociétés et les populations riveraines demeurent quant à la qualification du personnel à recruter. Selon le président du RAJIT, citant l’étude, le Burkina ne jouissant pas d’une tradition minière, les sociétés sont obligées de recourir aux expatriés pour certains profils introuvables au Faso, .

Du reste, la société civile a recommandé d’amplifier les actions de communication pour juguler ces tensions, a expliqué Pierre Dabiré.

L’enquête s’est déroulée sur 5 mois et a bénéficié de l’appui financier de Revenue Watch Institute et la Banque mondiale.

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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