MALI: Kidal va-t-elle s’embraser avant la présidentielle?

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Image. jeuneafrique.com
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Quatre personnes sont mortes dans des affrontements entre touareg et populations noires à Kidal dans la nuit du jeudi au vendredi derniers. L’on déplore en plus de nombreux blessés et l’incendie du marché central de la ville.

D’après un communiqué du ministère de la défense qui rapporte de manière officielle les faits, les affrontements auraient commencé le jeudi dernier  autour de 22H00; « des éléments armés auraient attaquées des habitants » faisant ainsi quatre morts parmi eux et de nombreux blessés. Dans la foulée, des maisons et boutiques ont été incendiées.

Le vendredi, les violences prennent une tournure encore plus grande, se soldant ainsi par l’incendie du marché central.

Le texte officiel du ministère de la défense ne nomme ni « les touaregs » qui ont perpétré les attaques, ni les « noirs » qui en ont été victimes. Il se borne juste à soutenir que l’agression a été commise par des gens en armes opposées à l’unité du Mali contre les populations favorables à cette unité. Le MNLA n’est cité nulle part mais l’on voit bien en filigrane de qui il s’agit lorsque l’on parle de groupes armées opposés à l’unité du pays.

« les violences ont eu lieu entre un groupe touareg accusé d’être du MNLA ou proche du MNLA contre des populations noires ».

Les hommes de la force de la MINUSMA qui ne se sentent pas liés par cette gymnastique des mots, ont mis des noms sur les concernés d’après des propos d’une source militaire de la MINUSMA rapportés par l’AFP qui affirme que « les violences ont eu lieu entre un groupe touareg accusé d’être du MNLA ou proche du MNLA contre des populations noires ».

Les dites violences auraient été déclenchées par une rumeur sur l’arrivée de nouveaux éléments de l’armée malienne dans la ville, après que l’accord dit de Ouagadougou ait permis le déploiement de 150 éléments des forces armées maliennes dans Kidal.

Les autorités n’ont pas mis de temps à dénoncer cette violation grave selon elles de l’accord de Ouagadougou.

grâce à cet accord, l’armée malienne à eu la permission des rebelles du MNLA pour entrer à Kidal

Il faut rappeler que cet accord est intervenu à la veille de l’ouverture de la campagne pour les élections présidentielles afin de permettre leur tenue sur l’ensemble du territoire le 28 Juillet prochain donc à Kidal aussi puisqu’il « paraît » que cette ville fait partie de ce territoire. Ainsi donc grâce à cet accord, l’armée malienne à eu la permission des rebelles du MNLA pour entrer à Kidal.

 Au nom de quoi la France empêche-t-elle à l’armée de prendre possession de son territoire ? Kidal fait-elle partie du Mali ?

Souvenons-nous également que depuis l’arrivée de l’armée française Kidal est une sorte d’enclave où la France a interdit aux forces maliennes de pénétrer même si avant le début de la crise cette ville faisait partie du Mali ; car désormais la question se pose : Au nom de quoi la France empêche-t-elle à l’armée de prendre possession de son territoire ? Kidal fait-elle partie du Mali ?

En tout état de cause, pour le moment un appel au calme a été lancé et les choses semblent être sous contrôle et la tenue du scrutin le dimanche prochain ne semble pas compromise.

Toutefois,  la prudence est de mise puisque ces violences ne révèlent qu’un climat délétère et explosif qui prévaut dans la ville, le tout alimenté par une méfiance plus que jamais exacerbée entre des populations qui vivaient dans l’harmonie avant des velléités indépendantistes qui ont conduit le pays tout entier dans l’abîme que l’on sait et dans la « recolonisation française » dont la ville de Kidal est désormais le symbole.

Youssouf Bâ

Pour Burkina 24



Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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