Sordébène: « La politique sportive a la part belle au détriment de la musique dans notre corps »

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Sordébène est un artiste musicien burkinabè. A l’état civil, Sutong-noma Réné Ouédraogo est assistant de police. C’est aussi un passionné de la musique. Et très tôt, il se lance dans la réalisation de son rêve. Il possède actuellement deux albums dans son bac à disques. Pour en savoir davantage sur sa carrière de musicien, il a bien voulu répondre à l’équipe de Burkina24.

Selon l'artiste musicien Sordébène, la politique de sportive a la part belle au détriment de la musique (Ph : B24)
Selon l’artiste musicien Sordébène, la politique de sportive a la part belle au détriment de la musique (Ph : B24)

Burkina24 (B24) : Quelles ont été vos motivations réelles pour la musique ?  

Sordébène (S) : C’est un rêve d’enfant qui est devenu réel. Dans le quartier, je dansais avec les dodos. Et c’est en 1992 que j’ai commencé à interpréter le Zouglou, le Rap à travers Mc Solar et Mickael Jackson. En 1994, j’ai commencé avec le reggae, grâce à mon cousin qui était rentré des études d’Europe. En écoutant ce genre musical, j’ai renforcé mon anglais.

La poésie a été aussi une source d’inspiration pour moi. Ma carrière a vraiment décollé en 2006, lorsque j’ai rencontré l’artiste musicien Oskimo qui m’a à son tour mis en contact avec un arrangeur, Karim Dika. C’est ainsi que tout est parti.

Ce dernier m’a écouté chanter puis je suis rentré en studio pour l’enregistrement de mon premier album intitulé ‘’Cohésion’’. Et sa sortie a eu lieu le 21 mai 2009. Je me suis inspiré des évènements qui ont eu lieu les 20 et 21 décembre 2006. L’accrochage entre policiers et militaires. J’ai vraiment déploré cela.

B24 : Dites-nous, quel est votre genre de musique ?

Sordébène: Je fais principalement du reggae. Il m’arrive parfois d’ajouter un peu de ragga car c’est la tendance actuelle que les jeunes aiment bien danser.

B24 : Quel rapport entretenez-vous avec les autres musiciens du même corps que vous ?

Sordébène : On s’entend parfaitement. La preuve en est que j’ai passé trois mois dans l’orchestre militaire en 2008 et en 2009, une semaine au niveau de la garde nationale. J’ai rencontré des forestiers, douaniers, gendarmes et militaires musiciens lorsque j’étais au niveau du ministère des arts et culture.

Il faut le dire, le milieu musical est dur donc les artistes peinent à se faire connaitre. La pratique de la musique dans notre milieu est méconnue parce que le sport se fait la part belle sur le budget accordé au domaine des arts et de la culture. C’est le problème majeur. Vous savez, dans notre corps, il n’y a pas de syndicat comme dans les autres corps. Celui qui a créé l’armée a bien fait d’instaurer ces règlements.

B24 : Rencontrez-vous des problèmes particuliers avec votre hiérarchie ?       

Sordébène : Je n’ai pas de problème particulier avec ma hiérarchie. Ceux qui peuvent m’aider financièrement quand je vais les voir le font et beaucoup me soutiennent à travers leurs encouragements et leur soutien moral. Ma hiérarchie ne me complique pas la vie. Quand j’ai une prestation à faire, je les informe 72 heures à l’avance et ils m’accordent leur autorisation.

B24 : Pensez-vous que votre musique intéresse les Burkinabè ?

Sordébène : Si, parce que ceux de l’intérieur depuis 2009 à nos jours m’ont soutenu à travers les appels et les encouragements et ceux de l’extérieur comme les Burkinabè vivant au Sénégal, au Congo, au Gabon et en Afrique du Sud m’appellent et surtout les femmes en permanence.

Sandrine Ashley GOUBA

Pour Burkina24                                                                    

sandy

Journaliste chargé des affaires en société et développement

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