Contrôle de l’action gouvernementale: Le récent exemple du parlement britannique

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Le parlement britannique.
Le parlement britannique.

Ce jeudi soir, le parlement britannique a refusé d’autoriser le Premier ministre David Cameron à lancer une attaque militaire contre Damas. Ce refus, soutenu par trente députés du camp de Cameron, pourrait inspirer nombre de parlements africains qui n’ont pas encore bien compris le rôle d’un député.   

Dans la plupart des États africains, le parlement se transforme paradoxalement en accompagnateur des projets de « Président Fondateur », pour emprunter l’expression de l’humoriste Mamane. Or, le contrôle de l’action gouvernementale ne saurait s’accommoder avec cet état de fait. Au Burkina Faso par exemple, les discours du Premier ministre devant l’Assemblée Nationale sont une occasion pour la majorité de mettre son « Atalakou », et une aubaine pour une opposition « aigrie » qui n’attendait qu’à verser sa bile. Du coup, tout est ficelé d’avance.

L’hémicycle  ne devrait pas se transformer en palais de justice

L’homme politique Etienne Traoré abordait à juste titre ce problème, dans une interview accordée à notre confrère Lefaso.net : « Le rôle du député c’est aussi de critiquer et non d’être de façon systématique du côté de ceux qui sont au pouvoir, et le niveau même des débats fait parfois problème ». En effet, notre hémicycle  ne devrait pas se transformer en palais de justice, où l’opposition incarne toujours le rôle de procureur-inquisiteur, et la majorité celui d’avocat-griot.

Le Burkina n’a pas besoin de défenseurs acharnés du gouvernement, mais de contrôleurs critiques

En Occident, le métier de « Bouffon du roi », qui a pour mission d’égayer et de flatter le monarque, a disparu depuis des siècles. Les gens ont plus sérieux à faire. La Grande Bretagne, pays à longue tradition bicamérale, vient de nous donner un exemple. C’est dans un contexte où se mène dans notre pays un débat à propos de la mise en place d’une seconde chambre du Parlement. Combien sont-ils les élus de la majorité qui n’approuvent pas cette réforme, mais n’osent pas l’avouer publiquement? Une chose est sure: il en existe au sein de la majorité. Et il faut le dire: le Burkina n’a pas besoin de défenseurs acharnés du gouvernement, mais de contrôleurs critiques de ce dernier. A propos, Montesquieu, l’un des théoriciens de la séparation des pouvoirs, disait que « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».

Comparaison n’est pas raison, mais il n’empêche qu’il y a des exemples qui devraient inspirer ceux qui aspirent à une vie démocratique.

Michel KONKOBO

Pour Burkina 24



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Il y a 2 commentaires

  1. En Afrique surtout au Burkina il n’y a pas de s?paration de pouvoir. Les d?put?s sont useless pour le peuple. Nos dirigeants ne savent pas ce que la d?mocratie est en r?alit

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