Ouagadougou/Arrondissement 11 : Un établissement scolaire au cœur d’un litige foncier

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Dimanche 1er septembre à Dayongo, dans le secteur 47 de l’arrondissement 11 de Ouagadougou, un groupe de personnes membres d’une association ont détruit les constructions d’un établissement scolaire. Un désaccord à propos d’un terrain a conduit à la destruction d’une bonne partie des constructions de l’école : la plus grande partie du mur, trois bâtiments nouvellement construits de l’école, sur des limites contestées, en ruine.

Les ruines d'un des nouveaux bâtiments, ce lundi 02 septembre 2013. Ph.B24
Les ruines d’un des nouveaux bâtiments, ce lundi 02 septembre 2013. Ph.B24

Esther II. C’est le nom de cette école au cœur d’un litige foncier qui dure pendant 13 ans. À Rayongo, au secteur 47 de l’arrondissement 11 où est bâtie l’école, rien ne va plus entre M. Nikiéma, fondateur de cette école, la mairie de l’arrondissement 11 et une partie de la population, notamment des personnes non attributaires de parcelles. Ces derniers se sont pris aux constructions de l’école, estimant que le fondateur occupe 14 parcelles pour son établissement, au-delà de ce qui lui ai attribué. Sur le site de l’école où nous nous sommes rendus ce lundi 02 septembre, du grand mur de l’école, en pierre taillée, il ne restait qu’une petite partie. Trois nouveaux bâtiments qui devaient servir pour la maternelle et pour une salle de professeurs sont complètement en ruine.

Pour le fondateur de l’école, Pierre Claver Nikiéma, cet acte de démolition n’est pas justifiée : « Ce n’est pas ma maison. C’est une école pour les enfants du quartier », une école dont il précise qu’elle est « sociale ».

le plan topographique, avec en rouge la parcelle superficie affectés à l'école. Ph.B24
le plan topographique, avec en rouge la parcelle superficie affectés à l’école. Ph.B24

Un topographe véreux, l’homme par qui le litige est né 

L’explication de ce qui confine à un scandale foncier remonte à 2000. Sur la colline de Rayongo, cette partie encore non habitée à cette époque, M. Nikiéma, un enseignant à la retraite, a acquis un terrain de 14 526 m² auprès de propriétaires terriens. Le litige serait né lorsque l’agent de topographie d’un cabinet a procédé à un lever topographique, dans le cadre du lotissement, et a intentionnellement morcelé le terrain de l’école en 14 parcelles. De la superficie initiale, il ne restait pour l’école que 2 574 m², que l’agent a d’ailleurs enregistré sur le plan comme une « Réserve foncière », et non pas comme une « École ».

Selon la version du fondateur, l’agent de topographie aurait réclamer 100 000 francs pour effectuer son travail, et n’ayant pas obtenu, il a décidé de supprimer l’école du plan. Différentes démarches entreprises par le fondateur de l’école, qui était hors du pays au moment du lever topographique, ont juste permis d’obtenir de l’ancien maire du Bogodogo l’attribution de la « réserve foncière » de 2 574 m², sous la description de parcelle 00 lot 30 section 773, pour l’école.

 Qui a fait la force à l’autre ?

Face à cette superficie insuffisante pour un établissement d’enseignement, le fondateur a entrepris la construction d’une école maternelle, d’une salle de professeurs, d’un forage et d’un mur, le tout sur les limites initiales de l’école.

Cette occupation par le fondateur de l’école de l’espace initiale, a ravivé la tension des membres de l’association de non attributaires de parcelles qui ont mis à exécution leur menace de destruction des constructions. Les pourparlers avec le maire de l’arrondissement 11, Ousmane Ouédraogo, n’ont pas permis de trouver une solution et selon M. Nikiéma, le maire ne serait pas étranger à cette destruction. Le maire lui, nie toute implication de la mairie et affirme qu’elle n’a rien à voir avec cette destruction.

Ousmane Ouédraogo, maire de l'arrondissement 11 © Burkina 24
Ousmane Ouédraogo, maire de l’arrondissement 11 © Burkina 24

Du côté de la mairie, on estime que M. Nikiéma occupe illégalement. Au vu du document de lever topographique, et une fois sur les lieux, « nous avons constaté que c’est 14 parcelles plus 2 voies, qu’en plus de la superficie que l’ancien maire lui a attribuée, que Mr NIKIEMA a occupé illégalement » a indiqué le maire. Et pour lui, «  C’est M. NIKIEMA qui nous a fait la force ».

Pour l’instant, plusieurs questions restent sans réponse, notamment celles de savoir si les membres de l’association peuvent de leur propre chef décider de démolir les constructions, ou de savoir si l’on en veut-on à Monsieur Nikiéma d’être fondateurs de deux écoles ?

Justin Yarga

Pour Burkina 24

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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Il y a 7 commentaires

  1. je pense que parce qu il ya des hommes que l ecole existe.et on nou parle du social.es ce gratuit.et si vou occupez a vous seul 14 parcel.non soyon juste.

  2. je trouve qa m?me que dans un pays o? nous nous battons pour l alphab?tisation et la scolarisation il n’y a pas lieu de tou ?a. Il suffisais juste de mettre une amende sur ceci m?me si elle ?tai exc?ssive. j ai suivi un documentaire o? en coupan un arbre je di un arbre sans l accord du proprio le Mr ? pay? 8000$(3700000CFA) ? la cour et on lui demande de poser sa plainte et venir avec son avocat pour commencer le debat (au Canada). un arbre!!!! e dans mon pays on detrui des ?coles. j ai mal.

  3. Le fondateur de l’?tablissement a-t-il obtenu au pr?alable un permis de construire? je suis quasiment s?r que NON, car lors de la constitution de son dossier de demande de permis de construire, les services en charge de l’Urbanisme auraient rejet? son dossier pour superficie insuffisante, la construction d’un ?tablissement scolaire n?cessitant un terrain de plusieurs hectares. Je soup?onne ?galement qu’il n’a pas dit la v?rit? aux services techniques concern?s du Minist?re en charge des Enseignements pour obtenir les autorisations y relatives.

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