CPI: la nouvelle brèche ouverte par le Kenya

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Les députés kényans ont voté ce jeudi une motion demandant au gouvernement “des mesures urgentes pour retirer le Kenya du Statut de Rome”, alors que deux de ses plus hauts dirigeants sont poursuivis par la Cour.  Une décision qui marque un nouveau tournant dans la croisade des dirigeants africains contre la CPI.

Tout comme la Cour qui divise les Africains, la demande des kényans de retrait du pays de la Cour fait elle aussi débat. Que vaut bien cet éventuel retrait du Kenya du traité fondateur de la CPI, étant entendu, selon la Cour, qu’il n’a aucune conséquence sur les procédures en cours?  On peut dire qu’elle vaut au moins une désapprobation expresse qui pourrait entamer la légitimité de cette Cour si l’exemple est suivi par d’autres.

Il y a dans cette démarche du Kenya comme une leçon aux États africains qui s’empressent de ratifier toute convention, et qui, pour ce qui est du traité de Rome, s’empressent de crier à une chasse aux africains.

Le vote d’une motion demandant le retrait du pays du traité fondateur de cette Cour est historique et fera surement des émules dans un continent qui comptent beaucoup de détracteurs de la CPI, notamment au sein même des dirigeants. Il faut s’attendre à ce que beaucoup d’autres États soient tentés de prendre la porte de sortie. Déjà qu’ils refusent de coopérer, accueillant sur leurs sols leurs pairs poursuivis par la Cour, pour beaucoup de ces dirigeants africains, le Kenya est en train d’ouvrir une brèche dans le traité fondateur de la Cour.

Mais dans nos pays où la justice est le plus souvent faible face aux forts, et où ne l’imagine pas s’attaquer aux dirigeants eux-mêmes, heureusement pour les victimes que cette Cour pourra toujours, par d’autres moyens poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et autres crimes de sa compétence.



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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