Guinée-Conakry : L’Alpha et le Dalein

349 0

Depuis près de quatre ans, ils jouent au chat et à la souris. Le premier a semble-t-il juré de mener la vie dure au second qui en est conscient et joue le jeu. Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé font de la politique en Guinée-Conakry, le plus souvent au grand dam de leurs concitoyens.

Alpha Condé  et Cellou Dalein Diallo (Photo montage: B24)
Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo (Photo montage: B24)

Le dernier exemple en date de cette joute sans merci et toujours d’actualité est matérialisé par les élections législatives. D’abord le temps qu’a pris ce scrutin avant de se tenir : trois ans pour le régime d’Alpha Condé (depuis six ans pour le peuple guinéen). Rarement un scrutin législatif n’a pris autant de temps pour se tenir.

Mais pour en comprendre l’origine, il faut revenir en 2010, date à laquelle Cellou Dalein Diallo renonçait à envoyer ses partisans dans la rue et reconnaissait sa défaite à l’élection présidentielle, permettant ainsi à Alpha Condé de remporter le scrutin.

Une défaite qui prend des allures de revanche

Cet aveu de défaite avait cependant les traits d’une promesse de revanche. La suite l’a prouvé.

Alpha Condé, après son investiture, n’a pas pu se consacrer totalement à régler les problèmes des Guinéens, étant sans cesse importuné par Cellou Dalein Diallo aidé par ses alliés. Ce dernier s’est comme évertué à mettre des bâtons dans les roues de son challenger.

Il l’a ainsi forcé à consacrer plus de la moitié de son mandat à esquiver ses coups et à diriger un pays pendant trois ans sans assemblée nationale. Et peut-être plus, si Dalein Diallo et ses alliés décident de contester les résultats définitifs issus des urnes que publiera la Cour suprême le 11 novembre prochain.

Une attitude qui pourrait sembler maximaliste et extrémiste pour Cellou Dalein Diallo dans la mesure où la position (provisoire) de l’opposition dans la future Assemblée nationale n’est tout de même pas négligeable dans un pays africain. Elle dispose de 56 sièges sur 114 contre 58 pour le parti au pouvoir (en plus des voix des partis de la mouvance).

La Guinée-Conakry piétine

On peut comprendre que l’opposant indécrottable d’Alpha Condé veuille lui « pourrir » le mandat à tout prix. Mais le faire au risque et au dépends de la vie de Guinéens ne serait toutefois pas compréhensible.

Depuis 2008, date du coup d’Etat du capitaine Dadis Camara, la Guinée-Conakry est plongée dans une succession de crises violentes et sanglantes, dans un imbroglio de haine interethnique, que les dirigeants politiques contribuent très souvent à enflammer.

Il est peut-être temps que Alpha et Dalein trouvent le moyen de fumer le calumet de la paix. La Guinée-Conakry a assez souffert.

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre