Egypte : Adieu les partis religieux, le coup de grâce pour les Frères Musulmans !

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Comité de rédaction du projet de constitution en pleine séance
Comité de rédaction du projet de constitution en pleine séance

L’eau coule sous les ponts en Egypte et malgré les agitations dans le camp des frères musulmans, les choses avancent, et dans un autre sens qui risque de leur être fatal. Désormais Il ne sera plus possible en Egypte de fonder un parti politique sur des bases religieuses.

C’est du moins ce que stipule la nouvelle constitution non encore adoptée et qui sera soumise à référendum à la fin du mois de décembre ou en début janvier prochains.

A l’issue des travaux du comité de rédaction (dirigé par Amr Moussa anciennement secrétaire général de la ligue arabe) qui a adopté un projet de constitution le 1er Décembre dernier, l’analyse révèle plusieurs innovations auxquelles on pouvait pour l’essentiel s’y attendre.

Trois conclusions peuvent déjà être tirées : C’est semble-t-il la fin des frères musulmans, les intérêts de l’armée sont préservés et une avancée au niveau des libertés individuelles.

Fin Probable pour les Frères Musulmans

S’agissant de cette « fin » probable, on peut à la lumière de certaines dispositions du nouveau texte affirmer sans ambages que s’il venait à être adopté, ce serait la fin du parti créé par les frères musulmans et peut même de leur confrérie.  C’est le nouvel article 6 qui dispose de façon expresse qu’il est « interdit la formation de partis politiques sur des bases religieuses ». La conséquence première en sera alors la dissolution du parti crée par les frères musulmans et qui a propulsé Morsi au pouvoir. C’est sans doute l’un des objectifs visés par le nouveau pourvoir Égyptien sauf que cet article touche du même coup un allié du régime à savoir le parti Al-Nour qui risque également d’en pâtir.

Dans un tout registre on note des avancées sur  le plan des libertés individuelles. D’abord il a été expressément consacré l’égalité entre femme et homme, ce qui n’était pas le cas dans l’ancienne constitution votée sous la pression des frères musulmans. Il y a également que désormais la liberté de croyance est érigée en principe et que l’article 219 de l’ancienne constitution qui définissait les principes de la loi islamique et les conditions de son interprétation a été purement et simplement supprimé consacrant une Egypte laïque.

L’armée ne s’oublie pas.

Pour finir avec les innovations du nouveau texte, disons que l’armée n’aura pas fait dans la dentelle pour préserver ses intérêts. Ainsi donc, d’après la nouvelle loi suprême (si elle passe au referendum bien sûr), pour les deux prochains mandats présidentiels, le ministère de la défense ne pourra échoir qu’à un officier militaire présenté avec l’accord du conseil supérieur des forces armées ; le budget militaire demeurera secret défense. En plus de cela, les civils s’en prenant aux biens de l’armée ou à un soldat comparaîtront devant les tribunaux militaires et non de droit commun.

Au regard de cette nouvelle constitution, on peut dire que Mohammed Morsi et ses frères auront eu tord de s’aliéner l’armée de si tôt, en plus de la justice et de cette frange de la population d’obédience plutôt laïque.

Youssouf Bâ

Pour Burkina 24



Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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There are 1 comments

  1. Il ya des points positifs dans ce projet mais aussi des points n?gatifs.j s8 daccord sur le fait par exemple d’interdire ls partis politico-religieux.A mon aime la vie,politique et religion ne font pas du tout bon menage, pie certains en profite pour s’attaquer a la r?ligion.Cependant j craint fort que ces mesures ne plonge l’Egypte dans une crise profonde. Amicalement…

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