Les déchets des indépendances

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Ceci est l’opinion d’un lecteur de Burkina 24, tout en poésie en “vers denses”, sur les indépendances africaines.  “Nous avons encore célébré notre indépendance cette année, disait Emile Lalsaga, l’auteur. Mais sommes-nous vraiment indépendants ? On nous dira que nous sommes un peuple souverain, et pourtant…” Bonne lecture. 

Emile Lalsaga (Ph  : DR)
Emile Lalsaga (Ph : DR)

Cinquante plaies après cinquante ans d’indépendance,
L’Afrique a perdu sa Culture,
Mon Afrique a perdu sa verdure,
Elle est pleine de ratures
Et vivote dans la Nature.
En P O L I T I Q U E

Elle n’a pas de régime fixe.

La démocratie piétine,

Entre les dirigeants plusieurs combines ;

Des élections truquées,

Des présidents mal élus,

Le suffrage universel contesté ;

Le peuple toujours déçu.

Des coups d’Etat savamment orchestrés,
La Loi fondamentale maladroitement modifiée,
Des présidents dictateurs
Maintiennent le peuple dans la misère et la guerre.
Véritable chemin de croix, quel malheur !

Jamais le sang n’a cessé de couler
Et les populations demeurent endeuillées.
Malheureusement la Justice est injuste
Et le droit n’est pas dit dans la droiture…

L’A F R I Q U E
C’est aussi la maladie,
Ah la vie à demie !
Le sida et le paludisme tuent sans partage,
La méningite et le choléra, eux aussi ravagent,
Le peuple est plus que malade
Mais dans nos hôpitaux rien que de la salade.
La faim voici l’autre maladie de l’Afrique,
Ah ça tique !

La sous alimentation et la malnutrition
Frappent les populations.
Tout est d’airain
Et on meurt souvent de faim
Par manque de pain.
L’économie de nos pays,
A peine si elle vit…

Elle est fragilisée par la corruption,
Les détournements et le manque d’industrie de pointe.
Que dire de la jeunesse africaine ?
Elle semble désespérée
Et végète dans les geôles du chômage aussi cuisantes
Que le soleil accablant du mois d’avril.

Perte de repère,
Les vices et le grand banditisme les récupèrent.
C’est l’ère de la galère
Et de la misère
Qui errent sur son aire,
Quel enfer !

Au niveau de l’E D U C A T I O N
C’est la totale consternation.
Rien n’est fait pour une réelle éducation
Du P E U P L E ;
L’école est marchandée,
A peine si les enfants du peuple sont alphabétisés !
Déphasage total entre les beaux discours
Et les salles de cours.

L’enseignant aujourd’hui est brimé
Par le regard social négatif
Dû aux conditions précaires de vie et de travail.
Aucun signe mélioratif :
Manque de reconnaissance, de motivation et d’encouragement,
Insuffisance des supports didactiques
Et des capacités d’accueil des élèves et étudiants
Qui se retrouvent le plus souvent
Coincés comme des sardines
Dans ce qu’on ose appeler « classroom »
Que dirent de ceux qui reçoivent les cours
Sous les hangars et autres arbres de fortune ?

Enseignants et enseignés sont blessés par l’amertume ;
Au primaire, au secondaire et au supérieur,
Tout, bascule vers l’inférieur
Et c’est bien D O M M A G E !

Merde, quel cinquantenaire des indépendances !
Triste anniversaire
Qui frise les nerfs.
L’ I N D E P E N D A N C E
Sous forme de new-dépendance.

Rien n’avance,
La misère menace,
Le développement toujours en instance
Et le peuple sous silence.
La guerre en cadence
Et la mal gouvernance en transe
Profitent à la France.
Pour l’une une chance belle,
Pour l’autre, une décadence éternelle.

Ah l’A F R I Q U E
Ça tique !
Au Burkina
Viima ya kanga.
Bonne fête de l’indépendance

P A R D O N
Plutôt bonne quête de la non dépendance.
Ainsi parle le poète de l’Amour et de la Douleur
Dans cette poésie aux vers denses.

Par Emile LALSAGA, poète de l’Amour et de la Douleur.  

Professeur certifié de français exerçant à Ouagadougou

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Il y a 4 commentaires

  1. F?licitement prof ! voil? une belle t?te. Mais il manque qlq vers au po?me. Car la non d?pendance comme souhait, est ridicule.?a ne s’octroie pas; ?a s’acquiert. Mais je vous demande de nous proposer les voies et moyens. Vous ?tes intelligent; essayer donc une suite.

  2. Il y a encore du chemin ? faire pas de quoi baisser les bras l'histoire est faite de naissance d'apog?e de d?cadence et de renaissance et dans ?a, chaque g?n?ration dans une relative opacit? d?couvrira sa mission pour l'accomplir et la r?ussir , la rater ou la trahir . Personne ne pourra arr?ter la roue de l'histoire.

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