Gabon : la fin de la dynastie des Bongo en 2016 ?

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Depuis le 18 février dernier, la question de savoir si le pouvoir dynastique des Bongo qui dure depuis 47 ans, tire à sa fin, peut être posée.

En effet, ce 18 février, à l’o²ccasion d’une interview accordée à l’agence de presse américaine bloomberg, Jean Ping, l’ex président de la commission de l’Union Africaine a déclaré : « Si le peuple gabonais me demande sérieusement d’être candidat à l’élection présidentielle de 2016, j’accepterai ».

Le moins que l’homme n’exclut plus d’aller à la conquête du dernier titre qui manque à son impressionnant CV, celui de Chef de l’Etat.

Abondant toujours dans le même sens, après avoir fait savoir qu’il a été approché par l’opposition Gabonaise pour en être le leader, il a adressé un message d’unité à cette dernière en déclarant que « L’opposition gabonaise divisée doit s’unir et contribuer au développement du pays. Il est par ailleurs clair que je n’ai rien à voir avec les autorités gabonaises actuelles » .

De telles déclarations sont à prendre avec beaucoup de sérieux puisque celui dont il s’agit n’est pas un petit joueur, il possède des atouts qui pèseront dans la balance. Même s’il est le père des enfants de Pascaline Bongo, la soeur de l’actuel président, son principal atout demeure son CV.

A 71 ans en effet, il bénéficie d’une expérience que beaucoup lui envieraient.

Titulaire d’un doctorat en science économiques obtenu à la Sorbonne, celui qui est l’ami d’Hubert Védrine ( ancien Ministre Français des affaires étrangères ) a pendant longtemps occuper de hautes fonctions dans son pays depuis 1990.

D’abord Ministre de l’Information, des Postes et des Télécommunications, du Tourisme et des Loisirs, de la Réforme du secteur parapublic, chargé des relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement, il sera propulsé 2 mois plus tard Ministre des Mines, de l’Énergie et des Ressources hydrauliques où il restera pendant environ 4 ans.

Il fera sa première expérience en tant que Ministre des affaires étrangères le 25 Mars 1994 ; expérience brève car il sera nommé le 30 octobre de la même année Ministre délégué auprès du Ministre en charge des finances et du budget.

Un peu moins de 2 ans plus tard il est reconduit au gouvernement avec cette fois le poste de Ministre de la Planification, de l’Environnement et du Tourisme où il fera 2 ans également avant de retourner au Ministère des affaires étrangères pour y faire 9 ans et cette fois avec le titre de Ministre d’Etat.

Comme pour dire qu’il compte vraiment dans le Gabon de Bongo père, il préside de 2004 à 2005 l’Assemblée Nationale cumulativement avec ses fonctions de chef de la diplomatie Gabonaise.

C’est cette fonction qu’il  va quitter pour présider la commission de l’UA après Alpha Oumar Konaré.

Cet « éternel ministre » n’est pourtant pas un homme du sérail de la fonction publique gabonaise car avant d’occuper tous ces portes-feuilles il était fonctionnaire international à l’UNESCO ou il fût à un moment délégué permanent de son pays.

Avec un tel CV il est certain que lorsqu’on insinue la possibilité de briguer la magistrature suprême on est tout de suite pris au sérieux et ce n’est que logique car, on comprend bien qu’il s’agit d’un homme dont le carnet d’adresse n’a rien à envier à celui d’Ali Bongo. Bien au contraire, ayant géré des dossiers complexes dans différents environnements politiques, Jean Ping a rencontré du beau monde, de différents horizons et n’est rien de moins qu’un rival à prendre très au sérieux.

Que fera Ali Bongo pour perpétrer la dynastie familiale ? Il est hasardeux d’y répondre pour l’heure, d’autant plus qu’il n’y a pas encore eu de commentaire du côté du pouvoir Gabonais.

A la question de savoir si Ping ira jusqu’au bout de ses allégations, rien n’est moins sûr mais, une chose est constante en politique : avec de telles ambitions l’on sonde toujours l’opinion avant d’aviser ; ce que Ping semble avoir fait avec cette déclaration. Tout dépendra ensuite de l’adhésion ou non des Gabonais à cette idée.

En tout état de cause, les sorties médiatiques de ce début d’année de Jean Ping ne sont pas anodines ; l’avenir nous dira ce qu’il en sera mais pour l’heure, l’opinion publique africaine attend avec impatience la sortie de son deuxième livre intitulé « Eclipse sur l’Afrique : fallait-il tuer Kadhafi ? », lequel permettra certainement de jauger sa popularité.

Youssouf Bâ

Pour Burkina 24



Youssouf Bâ

Juriste, Spécialisé en Droit de l'Intégration. Journaliste, Poète.

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There are 2 comments

  1. JAMES KENNY |

    D?cid? de mettre fin a la dynastie BONGO, c’est affront? la France dans ce qu’elle a de plus servile ?conomiquement, ses int?r?ts. C’est d?fier la franc-ma?onnerie. Enfin c’est laver l’Afrique de l’humiliation qui lui pend au nez depuis des d?cennies: LA FRANCAFRIQUE.Bonne chance Ping.

  2. c'est la patrimonialisation du pouvoir au FASO qui me pr?occupe:fin du mandat de blaise=novembre 2015 .pas 1seul jour de plus.Zeph et Cie on attend les mots d'ordre.Les sages sont en train de nous endormir et font la part belle ? blaise:comme ils pensent qu'ils b?n?ficie d'un credit au plan international il ne sera pas difficile de lui trouver un "job international"

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