Scolarisation et maintien des filles à l’école : La méthode CRS découverte à Kaya

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L’ONG Catholic Relief Service (CRS) a développé une approche novatrice pour favoriser la scolarisation, le maintien et la réussite des filles à l’école tout en développant le leadership féminin : le « mentoring des filles ».  En presque trois ans d’application, la méthode a engrangé des acquis certains. Pour les faire connaître aux autorités  du Burkina, CRS a organisé un atelier le 13 mars 2014 à Kaya dans le Sanmatenga.

Les autorités centrales et déconcentrées ont pris connaissance avec le "mentoring des filles" de CRS (Ph : B24)
Les autorités centrales et déconcentrées ont pris connaissance avec le “mentoring des filles” de CRS (Ph : B24)

« Le mentoring des filles, un leadership féminin engagé pour l’éducation de qualité ». C’est le thème retenu par CRS pour cette journée régionale pour faire connaître le « mentoring des filles » à Kaya, dans le Sanmatenga, le 13 mars.

Cette approche a été développée par CRS, dans le cadre de son programme « Beoog Biiga » financé par le Ministère de l’agriculture des Etats-Unis (USDA). Il consiste à désigner des mentors féminins pour suivre, soutenir et conseiller des filles dans leur scolarité.

Mis en œuvre depuis près de trois ans, « le Mentoring des filles » a identifié 750 femmes volontaires et bénévoles qui œuvrent dans 50 écoles pilotes dans les provinces du Bam et du Sanmatenga dans le Centre-Nord. Equipée de vélo et formée par CRS, chaque femme est chargée d’assurer le mentoring de 5 à 8 élèves.

Le témoignage de la mentor Lougouri Dialla

Lougouri Dialla  participe au programme « Mentoring des filles » depuis près de trois ans. Avec son groupe formé de 15 femmes mentors, elles appuient 104 filles. Toutes sont scolarisées. « Quand une fille est absente à l’école, explique-t-elle, nous allons nous renseigner chez elle pour en connaître les raisons. Si elle est malade, nous venons avertir l’enseignant. Si c’est parce que la fille refuse d’aller à l’école de son plein gré ou si ce sont les parents qui refusent, nous savons comment discuter avec elle ou ses parents pour les convaincre ». CRS témoignageSelon elle, les mentalités ont changé grâce au mentoring et des acquis certains ont été engrangés. Elle en veut pour preuve, cette anecdote.  « L’année passée, relate-t-elle, nous avons connu cinq filles qui refusaient d’aller à l’école. Nous avons échangé avec les filles, les chefs coutumiers, les enseignants et les parents des filles. Le lendemain, quatre des filles sont venues à l’école, et parmi elles, trois sont aujourd’hui au collège ».

A.Z

 

Cela consiste d’abord à être une interface entre les parents, les autorités coutumières, les enseignants et les élèves pour informer, négocier et conseiller sur les difficultés que rencontrent les élèves.

72 filles récupérées

Vewonyi Adjavon, représentant résident intérimaire de CRS (Ph B24)
Vewonyi Adjavon, représentant résident intérimaire de CRS (Ph B24)

Il s’agit ensuite d’être à l’écoute de l’élève, de la suivre et de trouver les moyens de la maintenir à l’école.

Le mentoring a donc le double avantage d’une part, de développer le leadership féminin pour  le mettre au service d’une meilleure scolarisation de la fille en termes d’accès, de fréquentation, de maintien et de réussite scolaire et, d’autre part, d’intéresser la communauté à la promotion de l’éducation de qualité.

Cette approche a permis, entre autres acquis, révèle Vewonyi Adjavon, représentant résident intérimaire de CRS,  de récupérer et de réinscrire 72 filles. Près de 6 000 filles ont été suivies et encadrées dans la période 2012-2013. CRS a donc estimé, selon Vewonyi  Adjavon, que cette approche méritait d’être mieux connue des autorités.

» » En savoir plus : Programme « Beoog Biiga »

Koumba Boly/Barry, ministre en charge de l'Education a félicité CRS et indiqué que des mesures seront prises pour vulgariser le mentoring à toutes les écoles du Burkina (Ph : B24)
Koumba Boly/Barry, ministre en charge de l’Education nationale, a félicité CRS et indiqué que des mesures seront prises pour vulgariser le mentoring à toutes les écoles du Burkina (Ph : B24)

D’où cet atelier-bilan à Kaya qui a vu la présence des autorités centrales et déconcentrées de l’éducation et de la promotion de la femme, entre autres, et de  la ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Koumba Boly/Barry.

 Celle-ci a apprécié à sa juste valeur l’initiative et a félicité CRS. Répondant au vœu de CRS  que cette méthode soit vulgarisée à toutes les écoles du Burkina, Koumba Boly/Barry a déclaré que « toutes les mesures seront prises pour capitaliser cette expérience ».

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Il y a 4 commentaires

  1. SAWADOGO Martine |

    Intitiative novatrice qui mettre d??tre vulgaris? dans toutes les ?coles du Burkina. F?licitation ? CRS et bon courage aux femme. Mais quel avenir lui r?serve-t-on dans un monde de concurrences et de tensions? Comment le gouvernement va-t-il travailler ? la divulguer? Je crois et je souhaite que la visite de Koumba Boly ne soit pas seulement solennelle. Mme la ministre, d?montrez-nous vos appr?ciations sur terrain. Bravo!!!

  2. Intitiative novatrice qui mettre d’etre vulagaris? dans toutes les ?coles du Burkina. Felicitation ? CRS et bon courage aux femmes.

  3. Belle initiative des hommes de Dieu. Mais quel avenir lui r?serve-t-on dans un monde de concurrences et de tensions? Comment le gouvernement va-t-il travailler ? la divulguer? Je crois et je souhaite que la visite de Koumba Boly ne soit pas seulement solennelle. Mme la ministre, d?montrez-nous vos appr?ciations sur terrain.

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