Egypte: des décisions qui enlisent le pays dans l’impasse politique et sécuritaire

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Manifestation des Frères musulmans au Caire
Manifestation des Frères musulmans au Caire

La justice a condamné plus de 500 pro-Morsi, membres des Frères musulmans à la peine capitale, accusés d’assassinat, lundi 24 mars 2014 en Egypte ; un acte très loin de produire les résultats attendus.

Arrêtés au cours des manifestations qui ont suivi le renversement par les militaires de leur président Mohamed Morsi en juillet dernier, ils sont plus du millier à comparaître devant les tribunaux par vagues.

Cette décision de justice assez lourde fait suite à une autre toute aussi lourde, prise en décembre qui est de classer la confrérie des Frères musulmans comme organisation terroriste, pour avoir affronter les forces de l’ordre comme cela se passe ailleurs.

La répression sanglante  qui a suivi la destitution du président Morsi élu une année auparavant, a cause la mort de plus d’un millier de manifestants membres de la confrérie amputée par le coup d’Etat.

Cette situation intervient aussi dans un contexte hautement politique et politisé, avec la déclaration du Maréchal Al Sissi tombeur de Morsi comme candidat à l’élection présidentielle prochaine en Egypte.

Certaines puissances à l’origine du chaos

Par ces décisions et actes, le pouvoir égyptien compte et pense pouvoir éradiquer la violence qu’il attribue aux Frères musulmans, avec surtout le soutien de certaines puissances dont les USA, l’Arabie Saoudite.

La condamnation sus citée, est perçue comme excessive par l’allié américain, celui-là même qui a été l’origine la situation chaotique actuelle, par le feu vert indéfectible accordé à l’armée sur le peuple égyptien dans le but qu’elle demeure un allié sûr sur la protection d’Israël.

Après que les dés soient déjà jetés, les Etats-Unis, fleuron de la démocratie ou plutôt de «l’autocratie» mondiale auraient ainsi demandé à l’Egypte de reconsidérer la décision sous peine de revoir leurs appuis au pays.

Du côté du Golfe, la diversion se poursuit également. Ceux qui ont su ou pu ‘’échapper’’ au printemps arabe n’en sont les moins autoritaires, ou les plus correctes politiquement au regard des ambitions économiques, politiques mais surtout idéologiques de leurs dirigeants.

Le sommet annuel des dirigeants des pays de la Ligue arabe tenu le 25 mars Koweït a mis à nu les divergences au sein de certains de ces pays ; notamment d’un côté l’Arabie Saoudite, Barheïn et les Emirats arabes unis qui ont retiré leurs ambassadeurs du Qatar de l’autre, seul soutien indéfectible affiché des frères musulmans dans la région.

Doha, seul soutien affiché des Frère musulmans

Les trois monarchies du golfe reprochent à Doha, qui souhaite mener une politique étrangère indépendante, d’accorder un appui à ‘’une force déstabilisatrice’’ de la région, comme si celle-ci connaissait une stabilité.

Cette force jugée déstabilisatrice est pourtant une force politique bien ancrée dans certains pays du Golfe comme le Koweit dont le dirigeant est bien respecté de l’Arabie et du Qatar.

Le rôle des Frères musulmans dans la révolte de 2011 a surement effrayé les monarchies dont certaines ont engagé une guerre idéologique sans précédent et une guerre d’influence contre eux.

Le retour progressif de l’Iran sur la scène internationale qui réduit l’influence de ces monarchies, l’idéologie politique du Koweit et l’existence d’alliés occidentaux du Qatar relancent les débats quant à l’isolement de Doha, ou à la mise à l’écart des Frères musulmans de la politique au Maghreb, dans le Golfe et au moyen Orient.

Pour une possible paix dans la région, la prise en compte des composantes, toutes les composantes idéologiques, politiques et économiques demeure indéniablement le chemin.

Boureima LANKOANDE pour Burkina 24



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