Le Premier ministre devant le Parlement : L’intégralité du discours sur la situation de la nation

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Le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a prononcé devant l’Assemblée nationale, ce 3 avril 2014, son 4e discours sur la situation de la nation. En voici l’intégralité.

Le Premier ministre était devant les députés (Ph. D'archives)
Le Premier ministre était devant les députés (Ph. D’archives)

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En me présentant devant votre Auguste Assemblée en ce jour mémorable, j’éprouve à la fois un sentiment d’honneur et une légitime fierté. Notre loi fondamentale fait obligation au Chef du Gouvernement que je suis, de rendre compte de sa gestion des affaires de l’Etat au moyen d’un exposé sur l’état de la Nation livré devant la Représentation Nationale.

Je voudrais avant tout propos, vous adresser, Monsieur le Président, honorables députés, mes salutations distinguées et mes chaleureuses félicitations pour l’immense travail législatif que vous avez accompli au cours de l’année 2013, et dont les retombées constituent de puissants adjuvants à la consolidation et au raffermissement de notre jeune processus démocratique.

Monsieur le Président,

L’expression de ma pleine et entière satisfaction à l’endroit du travail législatif serait incomplète si je ne faisais pas une mention spéciale à la hauteur de vue et à la rigueur avec lesquelles, vous assurez, Monsieur le Président, la direction de cette Assemblée.

Ce sont ces qualités qui ont été saluées à travers votre élévation au rang de Chevalier de la légion d’honneur de la République française et dont les insignes vous ont été remis le 04 mars 2014. L’occasion est heureuse pour moi, Monsieur le Président, de vous renouveler mes vives félicitations pour cette haute distinction.

Mes compliments s’adressent également aux membres du bureau de l’Assemblée Nationale qui vous assistent dans la conduite de votre lourde et noble charge.

Ma conviction est établie que la représentation nationale ne marchandera pas son soutien aux actions conduites par le Gouvernement, tant il est vrai, que le seul combat qui vaille et auquel nous sommes tous commis, reste le combat pour le bien-être et pour le mieux-être quotidien de nos laborieuses populations.

C’est dans ce sens que je salue  dans le cadre de  l’exercice de vos fonctions de suivi et de contrôle de l’action gouvernementale, vos  nombreuses sorties sur le terrain. A l’occasion de ces missions parlementaires, vous avez pu apprécier l’état d’exécution de divers chantiers : la justice, les marchés publics, les infrastructures hydro-agricoles, sociales, les questions foncières et de défense etc. Comme vous l’avez bien constaté, les obstacles ne manquent pas dans la mise en œuvre de nos programmes d’activités. Mais comme le dit si bien Antoine de Saint-Exupéry : je cite « Dans la vie, il n’y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions viennent ». Fin de citation.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

En 2013, la croissance économique mondiale est restée faible. Un nombre considérable de pays industrialisés notamment Européens, sont retombés dans la récession.

En Afrique, singulièrement dans la sous-région ouest africaine, les espoirs nés du redressement de l’économie ivoirienne ont été vite tempérés par la crise dans la zone sahélienne.

Au Burkina Faso, l’année 2013 a été marquée par une campagne agricole satisfaisante, une hausse importante de la production cotonnière. Les cours de l’or ont enregistré une importante baisse sur le marché mondial.

C’est dans un contexte morose de l’économie mondiale, de volatilité des cours des matières premières et du climat d’insécurité dans notre sous région, que le Gouvernement a poursuivi la mise en œuvre de la SCADD et du Programme présidentiel « bâtir, ensemble, un Burkina émergent ».

Le Gouvernement, dans sa quête permanente du bien-être de la population, a adopté le 11 septembre 2013, une série de mesures visant l’amélioration des conditions de vie des populations. Ces mesures sociales d’un coût global de 65 milliards de FCFA ont permis d’apporter une réponse à la vie chère. Une réponse, certes modestes mais ces mesures sont l’expression de notre volonté de partager les fruits de la croissance économique avec tous les compatriotes.

Lors de l’évaluation de la mise en œuvre desdites mesures le 17 janvier 2014, il ressort qu’elles  ont suscité une forte adhésion et un réel engouement des populations. Au regard des témoignages d’un échantillon des bénéficiaires, les mesures prises   ont contribué incontestablement à améliorer leur niveau de vie, notamment, en milieu rural.

Aussi, dans l’optique de consolider les mesures déjà prises et en réponse au souhait exprimé par les participants aux concertations nationales, le Gouvernement vient-il  d’adopter de nouvelles dispositions  sociales en Conseil des Ministres  extraordinaire  tenu  le  24 mars  2014  pour  un  coût  global  évalué à 110 milliards de F CFA.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Les acquis importants enregistrés par notre pays au cours des années écoulées peuvent cependant être compromis si les Burkinabè ne parvenaient pas à œuvrer dans un esprit patriotique à l’intérêt supérieur de la Nation. C’est dans cet esprit que son Excellence Blaise COMPAORE, Président du Faso disait dans son message à la Nation le 31 décembre 2013 que : Je le cite : « Le raffermissement de notre jeune démocratie requiert de tous les acteurs, une hauteur de vue, un esprit de discernement, afin de toujours privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. ». Fin de citation.

La controverse autour de la mise en place du SENAT a conduit Son Excellence Monsieur le Président du Faso, dans un esprit d’apaisement et de renforcement du dialogue politique, à suspendre le processus de désignation des sénateurs. Toute chose qui révèle une fois de plus la grandeur d’un homme d’Etat très attaché au dialogue, aux idéaux de la paix et de la cohésion sociale.

Au plan politique, l’année 2013 a été riche en évènements. La tenue régulière des sessions parlementaires, la mise en place de conseils municipaux, des conseils régionaux ont confirmé l’ancrage du processus démocratique et la consolidation de la décentralisation dans notre pays. Nonobstant les difficultés rencontrées, notre peuple a ainsi démontré, une fois de plus, son attachement à la démocratie et à la paix sociale.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Après ce bref aperçu, vous me permettrez de vous exposer la situation de notre Nation durant l’année écoulée.  Le document dont vous disposez et qui contient  l’intégralité de mon discours s’organise  autour des cinq (05) pôles de concentration que sont :

  • le pôle de renforcement de la gouvernance ;
  • le pôle de renforcement des piliers de la croissance ;
  • le pôle de la consolidation de l’investissement humain ;
  • le pôle de l’intégration des thématiques émergentes dans les stratégies de développement ;
  • le pôle du renforcement de la coopération internationale, de l’intégration et du rayonnement de l’image du Burkina Faso et son leadership mondial.

Le présent exposé est donc le condensé de mon discours sur la situation de la Nation. Prenant en compte vos observations, j’ai voulu innover en vous faisant parvenir 72 heures à l’avance, l’intégralité de mon discours. Je vous prie d’ores et déjà, de m’excuser pour les coquilles et erreurs que vous viendrez à relever.

  1. I.            Le pôle du renforcement de la gouvernance 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au titre de la gouvernance démocratique et politique, le Burkina Faso se caractérise par un fonctionnement régulier de toutes ses institutions, la permanence d’un débat démocratique marqué par la pluralité des opinions et  un climat social apaisé rythmé des expressions publiques plurielles.

De l’évaluation des réformes politiques engagées, il ressort que la quasi-totalité  des recommandations du CCRP ont été entièrement exécutées. Toujours  au chapitre des réformes politiques et institutionnelles, le Gouvernement a soumis à votre Auguste Assemblée, qui les a adoptées, les lois organiques portant composition, organisation, attributions et fonctionnement du Médiateur du Faso et du Conseil Supérieur de la Communication, celle portant organisation et fonctionnement du Parlement et la loi portant modification du code électoral.

Pour ce qui est de l’avènement du Senat, 2ème chambre du parlement, malgré les controverses nées autour de sa mise en place, l’institution demeure d’actualité puisqu’elle figure dans notre loi fondamentale.

En matière de relation avec les Institutions, le Gouvernement a entrepris d’améliorer  la production législative dans notre pays par la formation des différents cadres des Ministères et Institutions. Dans la période évaluée, il a soumis à votre appréciation et pour approbation, 55 projets de loi dont 46 ont été adoptés.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La justice est un   pilier essentiel de la démocratie et sans doute le miroir d’un pays. Mon Gouvernement a œuvré au renforcement et  à la consolidation des compétences, à l’amélioration de son accessibilité et, accordé une attention particulière à l’humanisation des lieux de détention.

Dans cette optique, le Gouvernement a consenti des efforts notables dans la consolidation des réformes juridiques et judiciaires. Il s’est notamment investi dans la réalisation de nouvelles infrastructures à travers la création d’un tribunal de Grande Instance à Pô pour lequel, je m’étais engagé et, d’un second à Ouagadougou.

Le Gouvernement a créé un pool économique et financier au sein du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou dans l’objectif de renforcer la diligence dans la lutte contre la corruption, la fraude et les crimes économiques.

Dans le souci d’améliorer les conditions de détention et  de promouvoir la réinsertion sociale des détenus, la ferme volonté du Gouvernement d’humaniser les prisons s’est traduite par la mise en œuvre des actions suivantes :

  • l’équipement de la prison de Haute sécurité de Ouagadougou en matériels et l’affectation de son personnel administratif ;
  • la normalisation des maisons d’arrêt et de correction de Gaoua, de Kongoussi, de Yako, de Diapaga et de Banfora à travers la construction des quartiers pour femmes et  pour mineurs ;
  • la réalisation de petites infrastructures (moulins, cuisines, forages et châteaux d’eau, etc.), dans les Maisons d’arrêt et de correction de Gaoua,  Kongoussi,  Boromo,  Djibo,  Léo,  Diébougou et de Orodara ;
  • la mise à disposition de travailleurs sociaux et d’infirmiers permanents dans les Maisons d’arrêt et de correction (MAC) pour la prise en charge sanitaire des détenus.

 

 

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de droits humains et de promotion civique,  malgré les progrès réalisés, des efforts doivent encore être déployés pour nous hisser aux normes internationales. Les  violations des droits humains dans tous les milieux sociaux sont quotidiennement relevées. L’incivisme constitue une négation de l’Etat de droit et nous constatons malheureusement  sa montée,  en particulier dans les centres urbains.

Face à cette situation, les actions majeures du Gouvernement ont porté sur l’éducation aux droits humains, au civisme et à la citoyenneté et sur un encadrement  plus rigoureux du pilotage du secteur des droits humains et de la promotion civique.

Ainsi, le Gouvernement a rendu effective l’introduction de l’enseignement des droits humains au primaire. Le processus est à sa phase expérimentale à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso depuis la rentrée scolaire 2013 – 2014. Il est prévu une évaluation de cette phase pilote en juillet 2014 et la généralisation de l’enseignement des droits humains à partir de la rentrée scolaire 2014-2015, si les résultats de cette phase pilote sont concluants.

Pour un meilleur pilotage de ce secteur, le Gouvernement a adopté une nouvelle politique nationale des droits humains et de la promotion civique (PNDHPC) et son premier plan d’actions de mise en œuvre 2013-2015.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au cours de l’année 2013, le Gouvernement, dans sa volonté de rapprocher l’administration des administrés, a construit et/ou réhabilité de nombreux  bâtiments administratifs, acquis des véhicules  et des motos au profit des autorités administratives déconcentrées.

En matière de sécurité, l’année 2013 a été marquée par une recrudescence du grand banditisme et de l’insécurité  sur l’ensemble du territoire.

Le phénomène des attaques et agressions persiste et reste toujours préoccupant dans les régions de l’Est, du  Centre, du Centre- Est, du Centre- Nord et du Plateau-Central. Il se manifeste par la recrudescence des vols et cambriolages dans les domiciles, les attaques à main armée sur les principaux axes routiers et les pistes rurales.

Dans la perspective de faire reculer cette  montée du grand banditisme, des actions vigoureuses ont été entreprises par le Gouvernement. Il s’agit notamment de :

  • l’intensification des patrouilles dans les zones à risque ;
  • l’organisation d’opérations de lutte contre la criminalité dans les zones criminogènes ;
  • la recherche du renseignement opérationnel ;
  • la création d’une « Unité d’Intervention Polyvalente de la Police Nationale » (UIP-PN) ;
  • la création et l’installation des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) dans les régions du Nord et du Centre-Est ;
  • le déploiement en soutien aux services de police, des équipes de la CRS et de l’Unité d’intervention polyvalente de la police nationale ;
  • l’intensification de la collaboration avec les populations grâce à la police de proximité ;
  • la construction de 05 bâtiments administratifs et l’acquisition de 99 véhicules et de 05 motos au profit des services de sécurité ;
  • le recrutement de 2.610 agents de police tous grades confondus.

Je voudrais ici saluer le professionnalisme, le dévouement et la bravoure de nos agents de sécurité pour leur engagement sans faille dans la lutte contre le grand banditisme  et la criminalité.

En matière de modernisation de l’état civil, l’année 2013 a été consacrée à l’opérationnalisation de la Stratégie Nationale de l’état civil, afin de doter notre pays d’un système d’état civil sécurisé et transparent.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le Burkina Faso a commémoré le 11 décembre 2013, le 53ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale à Dori dans la région du Sahel sous le thème « Civisme et cohésion sociale : fondamentaux d’un développement durable ». Une fois de plus, cette commémoration a été une grande réussite pour notre pays et a permis au Gouvernement d’investir environ 15 milliards de francs CFA pour le développement de la région du sahel et particulièrement la ville de Dori. Ce succès engrangé a été possible grâce à l’adhésion totale de la population. C’est l’occasion pour moi de renouveler les remerciements du Gouvernement à l’ensemble des forces vives de la région du Sahel et en particulier à la population de Dori.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de protection civile, l’année 2013 a été consacrée à l’érection de l’Institut Supérieur d’Etudes et de Protection Civile (ISEPC) en un EPA et la mise en place de 06 Plans ORSEC dans les régions administratives du Plateau- central, de l’Est, des Cascades, du Centre-Est, du Centre-Sud et des Hauts-Bassins).

Dans le domaine des secours d’urgence, nous saluons également l’engagement et la disponibilité  des sapeurs-pompiers  qui, durant l’année  2013, ont effectué près de 30 000 interventions pour faits d’incendie, d’accidents de la circulation et autres.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de défense nationale, la réorganisation et la modernisation de l’armée s’est poursuivie durant l’année écoulée. Le Burkina Faso dispose d’une armée républicaine, disciplinée, entrainée et équipée, capable d’assurer sa mission régalienne. La dotation de nouvelles infrastructures au département de la défense Nationale et des Anciens Combattants en novembre 2013 a permis de pallier un tant soit peu l’insuffisance de locaux.

La construction de nouvelles casernes se poursuit avec le démarrage des travaux à  Dori et à Dédougou. Les casernes de Fada-N’gourma, Kaya et Tenkodogo ainsi que celle de la base aérienne 210 de Bobo-Dioulasso sont achevées en 2013.

Les opérations de soutien à la paix (OSP) contribuent non seulement au renforcement de la capacité opérationnelle de nos Forces Armées mais, elles constituent également un apport significatif de nos forces armées nationales au rayonnement international du Burkina Faso.

Nos vaillants soldats ont fait la preuve, sur les différents théâtres d’opération, qu’ils sont parmi les meilleurs en Afrique. C’est pourquoi, nous avons en ce moment une pensée particulière pour ceux qui sont en activités sur des fronts difficiles comme le Darfour et le nord du Mali.

En matière de défense et de sécurité du territoire, le déploiement du Groupement de Forces Antiterroristes (GFAT) a permis de sécuriser la frontière nord du territoire national.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de gouvernance administrative, les actions majeures menées avec succès en 2013 ont concerné l’organisation des concours de recrutements, la poursuite des réformes de l’administration, la gestion des agents de la fonction publique, ainsi que la promotion de l’administration électronique et de la déconcentration.

Pour l’amélioration de la gestion des carrières des agents de la fonction publique, le Gouvernement a engagé le processus de relecture de la loi 013/98/AN du  28 avril 1998 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents de la fonction publique et de ses textes d’application.

En matière de promotion du travail décent, l’action du Gouvernement  s’est traduite par la mise en place d’un  groupe de travail tripartite sur la question de la classification nationale des emplois afin de valoriser les emplois dans le secteur privé.

Par ailleurs, dans la lutte contre le travail des enfants, les actions phares ont été l’intensification de la formation, de la sensibilisation et du plaidoyer  pour l’intégration de la lutte contre les Pires Formes de Travail des Enfants (PFTE) dans les plans communaux de développement.

Dans le cadre de la consolidation du dialogue social, le Gouvernement a renforcé la concertation avec les organisations de travailleurs au sein des cadres permanents de concertation existants. C’est ainsi que la rencontre annuelle Gouvernement/Syndicats de 2013  a débuté le 18 novembre 2013 en vue de l’examen de la plateforme revendicative des organisations syndicales des travailleurs dont la relecture de la grille indemnitaire des agents de la fonction publique. Cette relecture a connu son épilogue le 27 février dernier et, les travailleurs ont déjà constaté ses effets  fin mars 2014.

Le Fonds national d’appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR a financé 157 projets  générant 453 emplois. De même, ce fonds a formé 136 promoteurs d’entreprises en technique de création et de gestion d’activités génératrices de revenus. Toutes choses qui participent à résoudre la situation de précarités de certains travailleurs frappés par les crises traversées par certaines entreprises privées.

L’exécution de l’une des mesures phares du Programme présidentiel à savoir la politique nationale de protection sociale, est en très bonne voie. L’adoption prochaine par le conseil des Ministres de l’avant-projet de loi sur l’assurance maladie universelle et le cadre stratégique des mutuelles sociales, marque la volonté du Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de  la politique nationale de protection sociale. L’avant–projet de loi y relatif sera incessamment  soumis à votre auguste Assemblée.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’année sous revue a enregistré l’initiation et la mise en œuvre de nouveaux formats de communication. Elles ont permis au Gouvernement d’expliquer les enjeux et la portée des réformes politiques engagées, mais aussi de vulgariser les décisions gouvernementales et de promouvoir les politiques publiques.

Pour le renforcement des capacités organisationnelles et opérationnelles des médias publics, nous avons poursuivi le déploiement de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina avec l’ouverture de la station RTB2 Centre à Ouagadougou, à la faveur de la commémoration des 50 ans de notre Radiodiffusion nationale. Les travaux de construction de la RTB2 Sud-ouest ont été lancés ; et l’implantation de 09 Centres de production télévisuelle en vue de consolider la proximité de la chaîne avec les populations est en cours.

Pour  être au rendez-vous du 17  juin 2015, date à laquelle est prévue la migration vers la Télévision Numérique de Terre, le Gouvernement a initié le projet « Télévision numérique de terre » d’un coût de plus de  40 milliards de francs CFA.

Pour les Editions « SIDWAYA », une presse quatre couleurs a été acquise et installée pour améliorer la qualité de l’offre de services et assurer une parution régulière des titres. Les rédactions et les services régionaux ont également été renforcés et dotés en kits de reportage.

S’agissant de l’aide à la presse privée, la subvention financière annuelle de 250 millions de francs CFA de l’Etat a été renouvelée en 2013.

En outre, le 18 décembre dernier, le Gouvernement a autorisé le désarmement fiscal de certains équipements de collecte et de production de la presse et la création d’un fonds d’appui au développement des médias privés.

En matière de liberté de presse et d’expression, nous devons saluer le dynamisme  de nos médias qui permet à notre pays, de gagner 22 places dans le classement mondial en 2013 et, d’occuper le 5ème rang en Afrique. Toute chose qui consolide et crédibilise notre démocratie et l’image du Burkina Faso au plan international.

Toutefois, j’invite l’ensemble des femmes et hommes de médias à faire davantage preuve de professionnalisme et de respect de l’éthique et de la déontologie professionnelle afin de renforcer leur crédibilité.

  1. II.            Le renforcement des piliers de la croissance

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Plusieurs évaluations indépendantes notamment celles du FMI et de la Banque Mondiale, ont fait ressortir que sur la période considérée, notre pays a réalisé de bonnes performances économiques.

Sur ce plan, le taux de croissance du PIB est  de 6,8% contre 9% en 2012. Le taux d’inflation moyen en forte baisse, est à 0,5% à fin décembre 2013 contre une hausse de 3,8% en 2012. Ces résultats obtenus dans un contexte international difficile témoignent de la pertinence de nos choix et des efforts consentis par tous les acteurs à qui je renouvelle notre reconnaissance.

Relativement à la mobilisation des ressources internes, la consolidation des acquis de l’approche « Unités de recouvrement » ainsi que la simplification et la modernisation des dispositifs douanier et fiscal, ont contribué à l’amélioration de la mobilisation des recettes propres. Elles ont permis de porter nos ressources internes à 1 115 milliards 304 millions 825 mille 247 francs CFA en 2013, soit une progression de plus de 10% par rapport à 2012.

Les recettes fiscales et non fiscales ont contribué respectivement pour 88,84% et 11,16% aux ressources internes mobilisées. Ce bon niveau de mobilisation des recettes fiscales en 2013 a permis d’enregistrer un taux de pression fiscale de 17,45% pour une cible de 17%.

L’évaluation des politiques publiques constitue l’un des points essentiels de la mise en œuvre des politiques de développement du Gouvernement. Ainsi, des actions de suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SCADD ont été menées à travers le suivi des indicateurs, la tenue de la revue annuelle de la SCADD ainsi que l’adoption du rapport de performance 2012 et de la matrice de performance 2014-2016. Par ailleurs, il faut noter la tenue effective des Cadres sectoriels et régionaux de dialogue avec l’élaboration des rapports de performance y afférents. Dans le cadre de la campagne de communication sur la SCADD, le document de stratégie a été traduit en 08 langues nationales, reproduit et diffusé.

Pour ce qui concerne la promotion d’une gestion efficace et transparente de la dépense, les actions ont porté sur la mise en œuvre d’une politique budgétaire à même d’impulser une croissance soutenue et un développement durable ainsi que sur le renforcement de la gouvernance financière. L’année 2013 a été marquée par la généralisation de la production des budgets programmes expérimentaux aux seins de 39 Ministères et Institutions.

Pour permettre le basculement du budget objet au budget-programme en 2017, des actions de revue des programmes budgétaires ont été conduites avec 15 Ministères et Institutions en 2013 ; ce processus aboutira à la mise à disposition de la maquette définitive des programmes budgétaires pour l’élaboration des budgets programmes définitifs en 2016.

Toujours, dans le même registre, le processus de création des unités de vérifications a été renforcé au cours de l’année 2013 avec la mise en place de 11 unités de vérification des dépenses (UVD), portant à 21 le nombre de ces unités de vérification depuis le démarrage du processus en 2011.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de renforcement du contrôle des finances publiques et de la lutte contre la fraude, le faux et la corruption, l’année écoulée a connu l’adoption d’une politique nationale de lutte contre la corruption et d’un projet de loi anti-corruption, la nomination et l’installation des membres des Comités anti-corruption et l’adoption d’un plan de contrôle des comptables publics.

En attendant l’adoption de la Stratégie globale de lutte contre la fraude  et sa  mise en œuvre, des actions majeures ont été exécutées dans le but de réduire la fraude et ses conséquences. Il s’agit notamment du contrôle de l’application de la réglementation douanière, fiscale, commerciale et environnementale dans plusieurs entreprises ainsi que du contrôle de la régularité de la détention des marchandises en magasin et en circulation.

La bonne performance économique est portée par la hausse de la production agricole, la bonne tenue des activités industrielles et des BTP ainsi que le regain d’activités dans le secteur tertiaire notamment le commerce, les transports et les activités touristiques et hôtelières. Par ailleurs, cette croissance a bénéficié des retombées positives de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD).

Il reste cependant que l’incivisme fiscale, la fraude, la contrebande et la corruption constitue des freins à la mise en œuvre efficiente de la SCADD. Les efforts du gouvernement pour vaincre ses fléaux resteront vains s’il n’y a pas une forte implication  de la population.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’agriculture demeure le principal secteur économique de notre pays. D’où l’attention du Gouvernement au développement du monde rural à travers la poursuite de la mise en œuvre du  Programme National du Secteur Rural (PNSR). L’application de ce programme consolide notre synergie d’actions sectorielles et les résultats se ressentent déjà nettement.

En dépit des caprices pluviométriques dont notre agriculture est tributaire, la production céréalière définitive de la campagne agricole 2013-2014 est évaluée à 4 millions 869 mille 723 tonnes. Il faut noter la bonne tenue  de la production de riz qui a atteint 305 mille 382 tonnes,  et de certaines cultures de rente qui enregistrent  une forte progression avec une  production de 1 million 274 mille 367 tonnes dont celle du coton qui est remonté à 766 mille 221 tonnes, en hausse de 26,23%.

La situation alimentaire reste favorable dans 32 provinces, dégageant même un excédent céréalier brut de 679 mille 120 tonnes, soit l’équivalent de 20% des besoins de consommation nationale. Cet excédent pourrait atteindre 1 million 094 mille 517 tonnes en tenant compte du solde import/export. En termes de couverture des besoins, sur les 45 provinces de notre pays, 20 sont excédentaires avec un taux de couverture de plus de 120% et 10 sont déficitaires avec un taux de couverture inférieur à 90%.

Sur le plan de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le Gouvernement, à travers la SONAGESS, a renforcé le Stock National de Sécurité (SNS) et le stock d’intervention (SI) de 15 000 tonnes de vivres chacun. Il a en outre ouvert 180 boutiques témoins qui ont mis à la disposition des consommateurs  60 000 tonnes de vivres à prix social. Par ailleurs, sur le plan des aménagements hydrauliques, plus de 2 700 ha de nouveaux périmètres irrigués ont été aménagés ; accroissant ainsi les potentialités de productions rizicole et maraîchère.

Ces résultats sont le fruit de l’ensemble des sacrifices consentis par tous les acteurs : le Gouvernement, les partenaires au développement et nos braves producteurs eux-mêmes.

S’adressant au monde rural à l’occasion de Journée nationale de paysans en 2013, le Chef de l’Etat, Son Excellence Blaise COMPAORE disait, je le cite : « L’adaptation de nos stratégies de production aux mutations environnementales est une nécessité pour relever le défi de construction d’une agriculture à même de répondre efficacement aux besoins de la communauté et d’accélérer, l’épanouissement de toutes les composantes de notre société. » Fin de citation.

Aussi, pour accompagner les producteurs, le gouvernement et ses partenaires ont mis à leur disposition environ  13 000 tonnes d’engrais minéraux, 11 000 tonnes de semences améliorées et 6 295 unités d’équipements d’irrigation à prix subventionnés, livré 32 300 unités de matériels agricoles et 1 466 animaux de trait issus de l’opération 100 000 charrues par an. En outre, ces résultats sont consolidés par des actions de restauration, de conservation des eaux et du sol, et la mise en place dans plusieurs localités, d’instance de gestion et Conciliation Foncières Villageoises.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Avec le boom minier qu’a connu  notre pays ces dernières années, ce secteur est en proie de nos jours aux critiques de l’opinion publique et aux polémiques de toutes sortes. La problématique se résume à « comment mieux gérer les ressources minières de notre pays, de manière à ce que les retombées positives profitent au plus grand nombre, sans compromettre l’équilibre financier de nos sociétés minières et l’avenir de nos générations futures ? »

La recherche d’une réponse pertinente à cette problématique, a conduit le Gouvernement à recentrer ses actions sur l’optimisation de la contribution des mines à l’économie nationale pour en faire de véritables moteurs de notre développement.

De même, il a été adopté  la politique sectorielle des mines en 2013, avec l’ambition d’en faire un secteur compétitif, véritable levier de développement économique et social durable du Burkina Faso, à l’horizon 2022.

Une Société dénommée « Société de Participation Minière du Burkina Faso » (SOPAMB), a été créée en 2013, dans le but de valoriser les actifs détenus par l’Etat dans les sociétés minières. L’Office national de sécurisation des sites miniers a été créé en 2013 afin de sécuriser les installations et les investissements miniers.

S’agissant de la problématique de l’exploitation artisanale et sauvage des mines, le Gouvernement a mené, au cours du dernier semestre de l’année écoulée, une large concertation avec tous les acteurs du secteur. Ce processus de concertation permettra de convoquer au cours de cette année, des assises nationales sur l’exploitation minière artisanale. Parallèlement, nous avons entamé des échanges dans l’espace sous-régional afin de trouver une solution commune au phénomène récurrent de l’orpaillage.

Au plan réglementaire, le code minier et le guide de l’investisseur minier sont en relecture pour prendre davantage en  compte les intérêts du Burkina Faso et les contraintes qui freinent l’épanouissement harmonieux du secteur minier.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En cette période de chaleur et de délestage électrique, on mesure à quel point, l’énergie est un soutien déterminant des piliers de la croissance et du bien – être de nos populations. Dans ce secteur, les principales préoccupations demeurent la disponibilité de la ressource en quantité et en qualité, son coût à l’investissement, son accessibilité pour les populations consommatrices. Manifestement, dans notre pays, l’offre énergétique est nettement en deçà   de la  demande.

Contrairement à ce que pense une certaine opinion, le gouvernement n’est pas resté inactif face à la question énergétique. Les actions conduites par mon Gouvernement, en 2013, visait  à alléger ces contraintes. Nous avons, en effet, enregistré l’achèvement des travaux de neuf projet interconnexions électriques : Dédougou-Tougan ; Dédougou-Nouna ; Pouytenga-Boulsa ; Ouagadougou-Kongoussi ; Pâ-Dano ; Dori-Gorom-Gorom ; Pâ-Dédougou ; Pâ-Boromo et Diébougou-Gaoua. Le programme spécial de Son Excellence Monsieur le Président du Faso pour l’électrification de tous les chefs-lieux de commune rurale a, quant à lui, permis d’enregistrer le démarrage des travaux pour l’électrification de 105 chefs-lieux de communes rurales.

Sur financement du budget national à travers la Taxe de Développement de l’Electrification, 36 localités ont été électrifiées et 07 sont en cours d’électrification.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au cours de l’année 2013, le Gouvernement a mis en service la première tranche de 18 MW de la centrale de Komsilga. Les travaux de construction de la 3ème  tranche de 36 MW se sont poursuivis avec la livraison des équipements, ce qui permettra de rendre tous les ouvrages des trois tranches fonctionnels au cours du 1er semestre 2014,  portant sa puissance à 90 MW soit 10% de la demande nationale. Ma dernière visite sur le site de Komsilga le 17 mars 2014 m’a convaincu de l’efficacité de cette option.

S’agissant des énergies alternatives et renouvelables, le Gouvernement a poursuivi la mise en œuvre des actions visant à créer un environnement institutionnel, réglementaire et fiscal favorable pour susciter un intérêt plus accru des investisseurs privés dans le secteur. Il s’agit :

  • de l’exonération des droits et taxes de douane en faveur des équipements solaires importés au Burkina Faso à compter du 01 janvier 2013 pour une période de cinq ans ;
  • du recrutement d’au moins deux promoteurs privés pour la construction de centrales solaires photovoltaïques en vue d’accroître l’offre en énergie électrique.

En outre, avec l’appui des Partenaires Techniques et Financiers, le Gouvernement met en œuvre un certain nombre de projets, notamment :

  • la construction d’une centrale solaire de 33 MW à Zagtouli ;
  • la réalisation des études des mini-centrales solaires de Kaya, Ouaga 2000, Diapaga, Dédougou et Gaoua ;
  • la construction, en partenariat avec SEMAFO, d’une centrale solaire de 20 MW à Mana.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’avenir de notre économie repose sur la viabilité de notre tissu industriel. Pour relever ce défi, nous devons prendre des initiatives fortes pour accompagner le développement de ce secteur.

C’est pourquoi, durant l’année 2013, la mise en œuvre du Programme de Restructuration des Entreprises en Difficulté (PRED) s’est poursuivie avec la réhabilitation et la mise à niveau de plusieurs entreprises. On note également la création de nombreuses unités  de transformation.

Le Gouvernement a mis en place les instances décisionnelles et de gestion de l’Agence de Promotion des Investissements du Burkina Faso (API-BF) et la loi d’orientation  de  l’investissement  a  été  adoptée  par votre auguste Assemblée, le 30 mai 2013.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Au titre de la promotion du commerce intérieur, à l’occasion de l’organisation  de la foire régionale agro-sylvo-pastorale du Nord, le marché central de Yako a été construit. Afin d’assurer une concurrence saine et loyale sur le marché national et d’assurer la protection des consommateurs, la surveillance des prix a été renforcée. Ces contrôles, effectués tout au long de l’année, ont stabilisé les prix. Je salue le courage des contrôleurs et le sens de civisme dont on fait preuve de nombreux acteurs du monde du commerce.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’année 2013 a connu la poursuite des actions visant à créer un environnement légal et institutionnel propice aux affaires. Nous constatons malheureusement que notre pays a reculé dans le classement « DOING BUSINESS ». Ceci en raison de certaines réformes qui n’ont pas été engagées.  A cet effet, le Conseil des Ministres du 04 septembre 2013 a adopté un décret organique mettant en place le Comité de pilotage du suivi des indicateurs « DOING BUSINESS ». Des actions énergiques seront entreprises pour amener notre pays à se rapprocher des normes internationales.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’Artisanat joue un rôle important dans l’économie de notre pays à travers sa contribution à la création de richesses nationales. Dans ce secteur, les activités entreprises en 2013 ont porté sur :

  • le renforcement du cadre législatif, règlementaire et institutionnel ;
  • l’organisation et la structuration du secteur ;
  • le développement des stratégies de promotion et de commercialisation des produits de l’artisanat ;
  • la mise en place d’un système de financement mieux adapté au secteur ;
  • l’appui à l’insertion socio-économique des jeunes et des femmes ;
  • l’appui aux organismes du secteur.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

En matière d’infrastructures routières, l’ambition du Gouvernement est de travailler à désenclaver totalement toutes les régions de notre pays,  faciliter les échanges avec les pays voisins et assurer une fluidité de la mobilité urbaine.

Dans cette perspective, les actions menées au cours de l’année 2013 nous ont permis d’enregistrer des résultats significatifs dont vous trouverez le détail dans l’intégralité du discours en votre possession.

Le domaine du transport, de la sécurité et du transit routiers reste caractérisé par les surcharges, la vétusté du parc de véhicules automobiles, l’inobservance des règles du code de la route et le taux élevé d’accidents de la circulation.

Pour y faire face, le Gouvernement a entrepris plusieurs actions dont les plus significatives sont :

  • le contrôle de la charge à l’essieu et des activités des transporteurs routiers.
  • l’adoption et la mise en œuvre du décret portant port obligatoire de la ceinture de sécurité ;
  • la poursuite de la mise en œuvre de l’opération d’importation, et d’exonération de droits et taxes de douanes, de véhicules neufs de transport de marchandises, d’hydrocarbures et à usage de taxis. Dans ce cadre, 200 véhicules de transport d’hydrocarbures, 52 véhicules de transport de marchandises et 20 véhicules à usage de taxis, ont pu être acquis par les opérateurs du secteur.

En ce qui concerne l’aviation civile, L’ambitieux projet de construction de l’aéroport de Donsin, conçu par Son Excellence Monsieur le Président du Faso, a évolué significativement. Les actions en direction des bailleurs de fonds ont permis d’atteindre un taux de mobilisation financière de plus de 85%. Les actions indispensables à l’opération de déplacement des populations affectées par le projet, ont toutes été lancées ; ce qui permettra au cours de cette année 2014, de démarrer les différents travaux proprement dits, y compris les travaux de construction et de bitumage des voies d’accès à l’aéroport.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Les technologies de l’information et de la communication permettent d’enregistrer des progrès substantiels sur le plan économique et social. C’est pourquoi, le Gouvernement s’est attelé à l’extension du Réseau Informatique National (RESINA). Le projet de  réalisation d’un réseau national de fibre optique a été finalisé en 2013 et soumis à un partenaire international. La conclusion du partenariat sera effectuée dans les mois à venir et le lancement des travaux avant 2015. Les opérateurs de téléphonie mobile ont poursuivi la modernisation de leurs équipements.

Pour marquer notre volonté d’être en phase avec une administration moderne, nous avons démarré en 2013, le processus devant conduire  à  la  mise en place du Projet e-Conseil des Ministres avec la finalisation du développement de la plateforme de collaboration et le démarrage de la formation des acteurs. Ce projet fait de notre pays, un des pionniers en la matière et notre expertise est déjà sollicité par plusieurs capitales de la sous-région.

Mais la qualité des services ne satisfait pas entièrement le Gouvernement. L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes prendra des sanctions contre les sociétés défaillantes.

En ce qui concerne le sous-secteur des Postes, le Gouvernement a étendu le réseau postal à travers la construction de bureaux de postes dans 13 nouvelles localités du pays. Il a aussi engagé un processus d’informatisation de ces bureaux de postes.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Sur le plan du développement des piliers de la croissance accélérée et de l’émergence, les actions majeures réalisées par le Gouvernement courant 2013 ont porté essentiellement sur le développement du secteur financier et des pôles de croissance.

Au chapitre du secteur financier, des actions ont été menées dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’actions de la stratégie nationale de microfinance 2012-2016. Aussi,  convient-il de relever  la tenue du cadre national des acteurs de la microfinance du Burkina Faso qui se sont penchés sur les préoccupations des populations vulnérables en matière d’accès aux financements, notamment le monde rural, les jeunes et surtout les femmes.

Dans le domaine des pôles de  croissance, l’accent a été mis au cours de l’année 2013 sur la poursuite de la construction du pôle pilote de Bagré, à travers la création des conditions nécessaires pour le développement de l’activité économique. Les actions ont été traduites par l’opérationnalisation de la société d’économie mixte BAGREPOLE  sous forme de partenariat public-privé, la prise de mesures fiscales, douanières et juridiques pour attirer les investisseurs et assurer une meilleure exécution du Projet.

L’année 2013 a connu également le lancement des processus d’allocation d’une première tranche ferme de 12 712 hectares de terres aménagées, l’aménagement des terres irrigables, et la réalisation d’un parc industriel de 230 hectares. Aussi, plusieurs activités de soutien ont-elles été réalisées notamment, la mise en place d’un réseau partenarial avec les banques, les fournisseurs d’engrais, les collecteurs et les transformateurs de riz.

Honorables députés, Bagrépôle constitue déjà une réussite qui fait l’admiration au plan international.

Par ailleurs, le Gouvernement a décidé de la mise en route progressive de nouveaux pôles de croissance identifiés comme prioritaires. Ce sont : le pôle minier du sahel, les agropoles du Sourou et de Samendeni, le pôle touristique de l’Est, les zones économiques spéciales de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les grappes d’entreprises dans les secteurs de l’huilerie à Bobo-Dioulasso, culture et tourisme-hôtellerie à Ouagadougou. Pour compléter ce dispositif, le Gouvernement a engagé l’élaboration d’une stratégie afin d’identifier les meilleurs produits de niches à promouvoir.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La recherche scientifique dans notre pays est marquée aujourd’hui par l’existence d’importants acquis en matière de résultats de recherche scientifique, d’inventions et d’innovations. Cependant, leur vulgarisation demeure un défi à relever.

C’est donc pour répondre à cet objectif prioritaire,  que  mon Gouvernement, au cours de l’année 2013, a doté ce sous-secteur, d’une vision stratégique cohérente, de la stratégie nationale d’innovation et nous attendons, confiants, l’adoption par votre Auguste Assemblée, de la  loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation.

Honorables députés, vous me permettrez de rendre un hommage mérité à tous les chercheurs du Burkina dont la qualité de leur travail s’impose au plan international. Ces chercheurs ont mis au point dans plusieurs domaines des innovations majeures qui contribuent au développement de l’agriculture, de l’élevage, de la santé, de l’énergie etc.

Ainsi,  20 nouvelles variétés d’espèces agricoles performantes  ont été mises au point, 04 variétés de patate douce ont été homologuées, 05 variétés de cotonnier ont été testées et validées, une dizaine de technologies de transformation agro-alimentaires des produits céréaliers carnés et produits forestiers non ligneux ont été mises au point. Dans le domaine des sciences sociales et humaines, je note avec beaucoup de satisfaction que la recherche scientifique a permis de traduire notre loi fondamentale en  10 langues nationales, favorisant ainsi son appropriation par nos populations alphabétisées dans ces langues.

    III.          Le Pôle de la consolidation de l’investissement humain

Monsieur le Président,

Honorables députés,

La consolidation de l’investissement humain et la protection sociale constituent le socle du développement humain durable que mon Gouvernement s’emploie à réaliser à travers la mise en œuvre des politiques sociales. Dans cette dynamique, l’éducation de base se pose en véritable défi à relever pour promouvoir l’accès de tous les enfants burkinabè à l’école. C’est pourquoi, nous poursuivrons avec détermination le processus de réforme du système éducatif.

Au plan institutionnel, l’année 2013 reste marquée par le transfert de l’ensemble des établissements du préscolaire et de 350 CEG au Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. Notre souci majeur étant d’accroître à travers cette réforme profonde, l’accès à une éducation de base de qualité.

Le Gouvernement a procédé aussi à l’ouverture de l’Ecole Nationale des Enseignants du Primaire (ENEP) de Dédougou en novembre 2013. Ce qui porte à 07 le nombre des ENEP avec un accroissement de leur capacité de 700 élèves-maîtres, soit un effectif total de 4 900 élèves-maîtres formés par an. L’effectif des enseignants du primaire est passé de 48 592 à 51 453 entre 2011/2012/2013, soit une hausse de 5,89 %.

L’exécution des programmes d’activités 2013 du secteur de l’éducation de base a poussé à la hausse l’ensemble des indicateurs sectoriels clés.

Dans le domaine de l’éducation non formelle et de l’alphabétisation, la mise en œuvre du Programme National d’Accélération de l’Alphabétisation a permis d’accroître l’effectif des apprenants. La Campagne spéciale d’alphabétisation 2013-2014, lancée le 27 août 2013, permettra l’ouverture d’au moins 4 262 centres d’alphabétisation au profit de 100 000 personnes dont 83 720 jeunes et femmes. Cet effort d’amélioration de l’accès au savoir lire et écrire par le plus grand nombre de Burkinabè a pris en compte les groupes spécifiques.

Cependant, j’ai eu l’opportunité de toucher du doigt les réalisés du secteur de l’éducation à travers le pays. L’un des principaux enseignements que je tire est que le Gouvernement doit investir davantage pour améliorer les infrastructures et la qualité de l’enseignement. Aucun sacrifice ne sera de trop pour accompagner le secteur de l’éducation.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Durant l’année écoulée, mon Gouvernement s’est investi à accroître  l’offre éducative et à améliorer la qualité de l’enseignement secondaire.  Au titre des principaux acquis enregistrés, on retiendra l’ouverture de 36 nouveaux CEG, la construction de 116 salles de classes, l’érection de 235 CEG en lycées dans des chefs-lieux de commune et des villages. Par ailleurs, notons la réception des collèges d’enseignement technique (CET) de Tenkodogo, Garango et Toma, la pose de la première pierre du lycée professionnel régional de Dori et le recrutement exceptionnel de 1 689 enseignants du post-primaire et du secondaire.

Les nombreuses actions  conjuguées ont induit une hausse des indicateurs d’accès et de participation. Ainsi, le nombre d’établissements d’enseignement publics et privés est passé de 1 578 en 2011/2012 à 1 772 en 2012/2013, soit une augmentation de 194 établissements ; les effectifs scolaires du post- primaire et du secondaire sont passés  de  676 337 à 762 445 élèves, soit un accroissement de 12,7% ; Ce taux est passé de 11,3% à 13,9% au secondaire, soit une hausse de 2,6 points dans la même période.

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les Députés,

Cependant, le faible  taux de réussite aux différents examens dont le BEPC et le baccalauréat  demeure préoccupant. Les troubles récurrents consécutifs aux mouvements des élèves et la persistance des grèves en sont les causes principales. Nous reconnaissons tout de même une part de responsabilité de l’Etat avec l’insuffisance des moyens déployés et la surcharge des classes. Quoiqu’il en soit, il faut un sursaut national pour que l’enseignement secondaire retrouve son lustre d’antan. Il y va de l’avenir de nos enfants et de notre pays.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, nous devons signaler que 2013 a été marquée par  la volonté affichée de mon Gouvernement  de résoudre de manière durable et concertée les problèmes qui minent cet ordre d’enseignement par l’organisation des Etats Généraux de l’enseignement supérieur en juin 2013. Ces assises ont conduit à l’adoption du Plan d’action National de Développement de l’Enseignement supérieur  2014-2025 d’un coût d’environ  1 127 milliards de francs CFA.

Le blanchiment technique a été l’une des principales recommandations de ces assises pour réguler l’impasse académique. A ce jour, les efforts conjugués ont un impact positif sur la normalisation  progressive du  calendrier universitaire.

Dans le cadre des mesures sociales, mon Gouvernement a mis en place un vaste programme jamais réalisé de renforcement des infrastructures universitaires par l’allocation d’une rallonge budgétaire de 21,9 milliards de FCFA au profit du ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur. Cette rallonge a permis la réalisation et la réfection d’infrastructures dans les universités de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso et de Koudougou mais aussi dans les centres universitaires de Fada N’Gourma, Ouahigouya et Dédougou. Les enseignants, les étudiants et le personnel administratif constatent eux-mêmes les changements notoires opérés depuis 2013.

Les nouvelles mesures prises le 24 mars dernier vont impacter davantage l’amélioration des conditions de la vie universitaire. Je voudrais ici  annoncer que  c’est sur instruction  du Chef de l’Etat que le Gouvernement a procédé à l’augmentation du nombre de bourses à attribuer annuellement, l’augmentation du taux de la bourse et enfin la disposition particulière accordant uniquement aux filles 300 bourses.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La jeunesse, fer de lance de la nation, constitue près de 60% de notre population. Ce fort potentiel économique est malheureusement  caractérisé par un faible niveau d’employabilité, une participation précoce au monde du travail, des difficultés d’insertion et une vulnérabilité dans l’emploi. Cette situation entrave considérablement son rôle d’acteur de promotion et de développement économique, social, culturel et politique.

En vue de permettre à la jeunesse d’occuper toute sa place, le Gouvernement a intégré la dimension jeune dans tous ses projets et programmes de développement.

Dans le domaine spécifique de la formation professionnelle, la mise en œuvre du Programme d’Appui à la Politique Sectorielle d’Enseignement et de Formation Techniques et Professionnels (PAPS/EFTP) a permis d’appuyer l’organisation de la session 2013 de l’examen du Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), la formation de 1 358 apprenants aux métiers de production. Le Programme de Formation aux Métiers (PFM) a permis à plus de 4 000 jeunes de bénéficier d’une formation professionnelle de qualité.

Par ailleurs, l’exécution du Programme de Renforcement de la Formation Professionnelle (PRFP) s’est poursuivie avec le financement de la réhabilitation de  07 centres régionaux de formation professionnelle, du plan de formation continue et l’appui à l’émergence d’un environnement favorable à la promotion de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels.

En ce qui concerne, le sous secteur de l’emploi, le Gouvernement a poursuivi en 2013 la mise en œuvre de ses différents projets et programmes de création d’emplois. Ainsi, plus de 2 000 projets d’auto-emploi ont été mis en œuvre et ont permis de créer et de consolider 4 478 emplois pour un coût d’environ 1,6 milliard de francs CFA.

Le Programme Spécial de Création d’Emplois pour les Jeunes et les Femmes (PSCE/JF) a connu une réorientation et un renforcement de son champ d’action, pour plus d’impacts en matière de création d’emplois. Ainsi, environ 42 000 emplois directs et indirects ont été créés suite à la mise en œuvre de ce projet. Plus de 100 000 jeunes ont été recrutés dans le cadre de plusieurs programmes à Haute intensité de main-d’œuvre.

Le programme des mesures sociales de septembre 2013 a permis également le recrutement de 3000 volontaires adjoints de sécurité de 18 à 25 ans et  l’octroi de crédit d’investissement et d’installation pour le financement de l’auto emploi des jeunes diplômés à hauteur d’un milliard de Francs CFA ;

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La santé demeure une des préoccupations majeures de nos populations et de ce fait, elle figure en bonne place parmi les priorités du Gouvernement. La quête permanente d’un meilleur état de santé possible pour l’ensemble de la population du Burkina Faso, telle que déclinée par la vision de notre politique nationale en la matière, a toujours guidé son action.

Afin de réaliser les objectifs nationaux de santé tout en gardant le cap vers ceux des OMD, la mise en œuvre du plan national de développement sanitaire 2011-2020 qui bénéficie de l’accompagnement de nos Partenaires Techniques et Financiers, a permis de renforcer la performance du système de santé pour lui permettre d’en tirer les meilleurs résultats possibles. C’est ainsi que des résultats forts appréciables ont été atteints dans ce secteur, grâce aux efforts de l’ensemble des acteurs.

En effet, pour l’année écoulée, notre pays a vu le renforcement des infrastructures sanitaires et des équipements médico-techniques avec une élévation du niveau des plateaux techniques. La transformation des CSPS des chefs-lieux de communes rurales en centres médicaux est parachevée dans  37 communes.

L’effort de réalisation d’infrastructures sanitaires a  permis de réduire le rayon moyen d’action théorique à 6 km en 2013 contre 9,1 km en 2003 et d’améliorer l’accès des populations aux services de santé. En outre,  près de  90% des formations sanitaires (CSPS) remplissent les normes minimales en personnel.

Par ailleurs, le Gouvernement a adopté un programme d’investissements prioritaires concernant les infrastructures hospitalières dans le but d’accroître davantage l’offre de soins d’ici à 2018. Le coût de ces investissements estimé à 229 milliards 96 millions 646 mille 365 francs CFA, permettra la mise à niveau de plusieurs hôpitaux régionaux, la  construction et l’équipement d’un nouvel hôpital à Bobo-Dioulasso,  construction d’un Centre de soins spécialisés de haut niveau en neurochirurgie et la construction et l’équipement d’un Centre de Cancérologie à Ouagadougou et la mise en place d’une unité d’hémodialyse à Bobo-Dioulasso.

Nous apprécions déjà la qualité des prestations de  l’Hôpital National Blaise COMPAORE (HNBC) qui peinait au début à fonctionner. La création de  différentes unités et l’acquisition des équipements y relatifs et la mutualisation des compétences avec les hôpitaux universitaires ont contribué à améliorer les différents services fournis par cet hôpital en 2013.

De même, un plan d’équipement médico-technique pour les hôpitaux est mis en œuvre à travers la Société de gestion de l’équipement et de la maintenance biomédicale (SOGEMAB) à hauteur de milliards 29 millions 818 mille  francs CFA avec un accent particulier sur le renouvellement et le relèvement de leur plateau technique.

Au plan du développement du leadership et de la gouvernance, le secteur de la santé a développé le dialogue sectoriel avec tous les partenaires de la santé à travers la dynamisation des organes de suivi du PNDS à tous les échelons du système. Ce faisant, la revue du secteur de la santé a permis  d’évaluer sa performance et l’état de mise en œuvre de son programme sectoriel  SCADD.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le Gouvernement a maintenu les différentes subventions et mesures de gratuité en vue de faciliter l’accès aux soins de santé aux groupes vulnérables dont  les Soins obstétricaux et néonataux  d’urgence (SONU) et des accouchements pour 3 milliards de francs CFA,   l’accès gratuit aux soins préventifs pour 650 millions de francs CFA, et  l’acquisition de produits contraceptifs pour 500 millions de francs.

Pour protéger davantage les enfants contre la maladie, nous avons introduit dans le calendrier vaccinal national, deux nouveaux vaccins contre les infections à pneumocoques et les infections à rota virus. Je note avec satisfaction que notre pays a atteint un taux de couverture vaccinale de plus de 98%.

Concernant notre initiative visant l’éradication de la poliomyélite, sa mise en œuvre efficiente nous amène à constater l’absence de cas de poliovirus sauvage dans notre pays depuis trois ans. Aussi, le Burkina Faso se prépare à soumettre un dossier à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la certification de l’absence de circulation de cette maladie.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Pour le cas spécifique du paludisme qui constitue le premier motif de consultation et d’hospitalisation dans les structures sanitaires, les efforts du Gouvernement et de ses partenaires ont été accentué en 2013. Aussi, les actions majeures engagées ont-elles  consisté à subventionner le prix des médicaments, à effectuer gratuitement  trois millions de tests de diagnostic rapides, distribuer plus de  9 600 000   moustiquaires imprégnées.

Sur le front de la lutte contre le VIH/Sida, le nombre de malades sous traitement antirétroviral a atteint 42 145 patients dont 1 911 enfants de moins de 14 ans au 31 décembre 2013. Le taux de prévalence a régressé et s’établi à 1% en fin 2013 contre 1,2% en fin 2012.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Dans le secteur des ressources animales, l’insuffisance de l’offre en alimentation demeure une contrainte majeure pour le développement des productions animales dans notre pays. Pour y remédier, les actions majeures que nous avons conduites sont :

  • le lancement le 20 décembre 2013, de l’usine de fabrique d’aliments de bétail de Koubri. Cette unité industrielle contribuera à renforcer le disponible alimentaire de nos animaux, gage d’une meilleure productivité.
  • la constitution de plus de 155 000 tonnes de fourrage et la mobilisation de 12 050 tonnes de sous produits agro-industriels (SPAI) à prix subventionnés qui ont amélioré sensiblement les caractéristiques laitières et le rendement boucher des animaux ;
  • le démarrage du Projet de développement de l’élevage laitier dans la zone périurbaine de Ouagadougou.  Ce projet de construction et d’opérationnalisation d’une unité de transformation de grande capacité  permettra d’améliorer l’alimentation et le statut nutritionnel de nos populations et réduira de façon conséquente, nos importations massives de produits laitiers.

Aussi, le Gouvernement, dans sa quête de renforcement de l’employabilité des jeunes et de la promotion des activités rémunératrices des femmes, a-t-il  poursuivi le projet de promotion de l’aviculture traditionnelle améliorée au profit de 7 020 jeunes et femmes de nos contrées rurales et urbaines.

Une attention particulière a été accordée à la santé animale avec le renforcement   des  programmes   de  vaccination.  On  note  la  production  de  5 millions de litres de lait, 25 millions d’œufs de consommation, 50 mille tonnes de viande ; et plus de 400 mille bovins exportés. Plusieurs infrastructures marchandes ont été soit réhabilitées, soit construites dont, entre autres, le marché à bétail de Pouytenga qui a une vocation sou-régionale et, que j’ai eu la chance de visiter le 20 mars dernier.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’eau demeure une des ressources précieuses de notre pays. Aussi en 2013, le Gouvernement a-t-il  intensifié son programme  d’accès à l’eau potable. En milieu rural, cette amélioration s’est traduite par la réalisation de 1 697 forages, 104 puits, 44 adductions d’eau potable simplifiées neuves et 131 bornes fontaines. Les réhabilitations ont concerné 1 407 points d’eau modernes et 21 adductions d’eau potable simplifiées.

Ces réalisations, d’un coût global 17 milliards 257 millions de francs CFA, ont poussé le taux d’accès à l’eau potable de 63% en 2012 à 63,54% en 2013. Ainsi, dans  le  cadre  de  la  Maîtrise  d’ouvrage  communale  en  matière  d’eau potable, 2 milliards 212 millions de francs CFA ont été transférés à 73 communes rurales pour la réhabilitation de 73 ouvrages au titre du transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux communes.

En milieu urbain, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 83% en fin 2012 à 86,2% au 31 décembre 2013. L’ONEA a  réalisé 30 771 nouveaux branchements et 134 bornes fontaines donnant ainsi l’accès à l’eau potable à 430 000 personnes supplémentaires. Le coût global des investissements s’élève à 20 milliards 485 millions de  francs CFA.

En matière d’ouvrages hydrauliques d’ampleur, les barrages de Kaoré, Bion, Nagbingou, Doudou et Guiti sont effectivement achevés et les travaux se poursuivent sur 4 autres barrages et neuf barrages sont réhabilités. Les travaux de remblai du barrage de la Comoé ont été lancés le 18 juillet 2013 et se poursuivent.

Concernant la construction du barrage de Samendéni, que je suis de très près, le taux d’exécution à ce jour a atteint 63%. Il est regrettable   que  d’énormes difficultés entravent le respect des échéances dont la mise en eau était prévu pour juin 2014.

Nous travaillons à aplanir les difficultés et rattraper ce grand retard afin de procéder à la mise en eau effective en 2015.

Dans le domaine de l’Assainissement des Eaux Usées et Excréta, nous devons accentuer nos efforts au regard du taux d’accès encore très faible de l’assainissement tant en milieu rural que urbain

    IV.          Le  pôle de l’intégration des thématiques émergentes dans les   

    stratégies de développement

Monsieur le Président,                                                     

Honorables Députés,

Notre pays demeure toujours marqué par les séquelles des évènements de la crise alimentaire, économique et financière, la crise ivoirienne, les inondations du 1er septembre 2009 etc. Ceux-ci ont fortement affecté nos populations pauvres et vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants. Leurs ampleurs nous interpellent sur l’importance des questions sociales qui méritent une attention particulière. Pour parer à l’aggravation de cette vulnérabilité, la protection sociale est considérée comme un des outils capables de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

C’est pourquoi, le Gouvernement a adopté la Politique Nationale de Protection Sociale (PNPS) et son Plan d’Action Opérationnel (PAO) et décidé de rattacher le Secrétariat Permanent du Conseil National de Protection Sociale (CNPS) au Premier Ministère, en vue de lui donner plus d’autorité dans sa mission de suivi-évaluation. Aussi, les différents textes relatifs au dispositif institutionnel ont été adoptés avec la nomination d’un Secrétaire Permanent.

Monsieur le Président,                                                     

Honorables Députés,

Les enfants représentent la première couche vulnérable de notre société que nous devons protéger. Conscient de cette nécessité, le Gouvernement a renforcé les capacités matérielles de 24 structures de protection de l’enfant. Cela a permis de consolider les compétences de 1 113 acteurs. En outre, des Centres d’accueil des enfants en détresse au nombre de 34 et 54  familles d’accueil des enfants en détresses ont bénéficié de l’appui de l’Etat pour leur fonctionnement.

Au titre de l’éducation et de la formation des enfants en détresse, le Gouvernement a pris en charge les frais de formation, les frais d’accompagnement et octroyé des bourses à 210 enfants victimes de traite et placé 216 enfants et jeunes sous le régime d’internat dans les structures publiques d’éducation spécialisée.

En outre, près de 5000  enfants victimes de toutes violences confondues ont été pris en charge. Le Gouvernement a, à travers diverses prestations, amélioré la prise en charge de 56 657 orphelins et autres enfants vulnérables.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La famille n’est pas en reste. Elle occupe également une place de choix dans la société. C’est pourquoi, dans le domaine du renforcement de la protection et de la promotion de la famille, des efforts ont été faits et ont permis à 300 femmes et filles de bénéficier de réparation des séquelles de l’excision et d’enregistrer 20 dénonciations   de   pratique   d’excision   ayant   concerné  165  filles  excisées. Toujours dans cette dynamique, 158 filles victimes ou à risque de mariage précoce ont bénéficié de bourses d’études pour l’année scolaire 2013-2014. Le Programme d’appui à la promotion socioéconomique des adolescents a permis à 1 843 bénéficiaires d’être recrutés.  300 personnes vivant avec le VIH/Sida, ont bénéficié chacune d’un appui financier d’un montant de 150 000francs CFA pour mener des activités génératrices de revenus.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Des actions en faveur des personnes vivant avec un handicap ont permis à 2 434 d’entre elles, de bénéficier de matériels de mobilité et d’autonomie prévus dans le cadre des mesures sociales du Gouvernement. Toujours en matière d’appuis,  des groupes spécifiques ont bénéficié d’un soutien d’une valeur de 83 millions 926 mille 500 francs CFA. Des malades indigents ont été pris en charge pour un montant de 49 millions 547 mille 239 francs CFA. De même 1 870 élèves ont bénéficié d’un appui au paiement de leur frais de scolarité et de cantine scolaire.

Les mesures prises en septembre 2013 ont eu un impact positif dans les milieux les plus défavorisés de notre pays.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le changement climatique est une réalité qui touche de plus en plus notre pays ; lequel doit faire face aux nombreuses conséquences négatives qui frappent la population. Le gouvernement a pu assurer une assistance humanitaire à 85 634 victimes de catastrophes naturelles durant l’année 2013.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Le genre est une dimension fondamentale et transversale dont la prise en compte dans l’action de l’exécutif favorise un développement plus harmonieux et équitable de notre pays.

Les femmes du Burkina Faso contribuent pour une part importante au développement  et dans tous les domaines de la vie socioéconomique de notre pays. En effet, 60% des activités de productions notamment l’agriculture, l’élevage, la sylviculture et la transformation agro-sylvo-pastorales sont réalisées par les femmes. Pour ce faire, le Gouvernement a renforcé, courant 2013, ses actions dans le domaine de la promotion de l’accès des  femmes   à   des   produits financiers  adaptés  à   leurs  besoins. C’est  au   total   un   montant   de 6 milliards 404 millions 785 mille francs CFA qui a été octroyé à 111 mille 501 femmes sous  forme   de   crédits.  Il   convient   de  relever   qu’un   montant   de  6 milliards 742 millions 799 mille 369 francs CFA a été recouvré au cours de l’année ; ce qui atteste de la viabilité de ces opérations de crédits au profit des femmes.

Par ailleurs, 13 mille 650 femmes sont bénéficiaires du volet « autonomisation socioéconomique des femmes » avec l’acquisition de technologie par 1 573 groupements et associations féminines, dont 273 dans le cadre du programme spécial de création d’emplois notamment pour les femmes et les jeunes (PSCE).

Le Ministère de la Promotion de la Femme et du Genre  a intensifié les campagnes de sensibilisation sur les droits et les violences faites aux femmes qui ont touché  2 594 femmes et hommes en 2013.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En outre, six rencontres multi-acteurs sur la mise en œuvre de la Politique Nationale Genre (PNG) ont été tenues ainsi que deux rencontres de concertation avec les PTF sur le financement des actions de cette politique genre.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Un habitat et un cadre urbain sains sont au cœur du Programme présidentiel. C’est vous dire combien, permettre à tout citoyen burkinabè de se loger décemment, mais aussi, de vivre dans un cadre de qualité, reste un défi majeur que mon Gouvernement s’efforce de relever.

C’est pourquoi, dans le cadre du programme 10 000 logements sociaux et économiques, l’année 2013 a connu la mise en chantier de 913 logements sur 1 000, soit un  taux de réalisation de 91,3%. Parallèlement, une étude sur la réglementation du logement locatif privé, dont l’objectif est de rendre le logement décent accessible au plus grand nombre, a été réalisée. Un projet de loi y relatif vous sera soumis avant la fin de l’année.

Par ailleurs, afin de permettre aux autorités communales de disposer d’un instrument de gestion rationnelle et efficace des espaces communaux et d’assurer aux populations un meilleur accès aux services de base, six villes : Banfora, Bobo-Dioulasso, Dori, Koudougou, Dédougou et Ziniaré  ont été dotées de Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme. Pour la promotion de la bonne gouvernance urbaine, il nous a paru important d’organiser, en 2013, des « Etats Généraux sur les Lotissements au Burkina Faso ». La mise en œuvre des principales recommandations issues de ces états généraux, permettra une amélioration véritable des aménagements urbains dans notre pays, notamment à travers l’adoption de nouvelles pratiques en matière de lotissement.

Egalement, en vue d’assurer la réalisation d’ouvrages durables, le Gouvernement a procédé, au cours de l’année écoulée, au contrôle de 2 687 chantiers  notamment à : Ouahigouya,  Tenkodogo, Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Ces contrôles ont couvert également 517 espaces aménagés dans les villes de Ouahigouya et de Tenkodogo. Comme à l’occasion de mes sorties régulières sur les chantiers dans les régions, j’ai souvent  noté  des abandons de chantiers, des retards et des travaux parfois mal exécutés. Je peux rassurer tous nos compatriotes, que tous les manquements constatés ont été notifiés aux entreprises défaillantes et les mesures appropriées ont été prises pour sanctionner ces insuffisances conformément à la règlementation.

Cependant  nous avons pu relever de nombreux motifs de satisfaction et je tiens ici à féliciter les entreprises qui exécutent leurs travaux avec professionnalisme, dans le respect de leur cahier de charge. Une mention spéciale est à faire aux entrepreneurs femmes.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

L’incidence du sport sur la croissance économique,  la promotion de la cohésion sociale,  la tolérance et le bien-être de nos populations n’est plus à démontrer.  C’est pourquoi, le Gouvernement accorde une grande importance à ce secteur en termes d’orientation stratégique et d’amélioration des conditions de pratique malgré la modestie de ses ressources.

Il convient de reconnaitre que l’année 2013 a été l’année du sport burkinabè. En effet, nos sportifs ont réalisé dans l’ensemble des résultats exceptionnels tant en football, en cyclisme, qu’en basketball, en boxe et, dans bien d’autres disciplines.

Nous avons encore fraichement en mémoire la ferveur populaire, le sentiment de fierté et d’appartenance à la nation, en tant que Burkinabè, qui ont accompagné la chevauchée fantastique des Etalons en Afrique du Sud à l’occasion de la CAN 2013 ; la fin victorieuse de Abdel Aziz NIKIEMA au Tour cycliste du Faso 2013 ; la ceinture mondiale en boxe remportée en décembre 2013 par Alexis KABORE.

Tous ces hauts faits concourent au rayonnement du Burkina Faso dans le concert des nations. C’est le lieu pour moi de réitérer nos vifs remerciements à tous ses valeureux sportifs qui nous ont fait cet honneur, qui nous ont fait rêver, qui ont hissé notre drapeau sur le toit de la planète sport.

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le professeur Joseph Ki-Zerbo disait, je le cite : « Sans identité, nous sommes un objet de l’histoire, un instrument utilisé pour les autres, un ustensile. » Fin de citation.

Aussi, la culture demeure-t-elle, un axe important de notre action. Les différentes manifestations culturelles organisées tout au long de l’année 2013 avec toujours le soutien du Gouvernement nous rappellent que la culture demeure la source première de notre identité et constitue à ce titre, une ressource précieuse qu’il nous appartient de sauvegarder et de valoriser pour un développement harmonieux de notre société. C’est pourquoi je salue tous les artistes qui, chaque jour, rivalisent d’ardeur dans la création et la sauvegarde du patrimoine culturelle burkinabè.

Une Agence de Développement des Industries Culturelles et Créatives est en chantier pour doter le monde de la culture burkinabè d’un mécanisme d’appui technique et financier adéquat.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

La dégradation des ressources naturelles est une préoccupation actuelle de mon Gouvernement, en dépit des multiples actions menées. A cet effet, au cours de l’année 2013, des efforts ont été déployés pour assurer la mise en œuvre et le suivi des actions en matière de gestion durable des ressources forestières et fauniques. Ces actions se sont traduites entre autres, par l’augmentation des superficies aménagées, la réhabilitation des aires classées, l’amélioration des performances et la rentabilité des filières forestières.

Les actions de valorisation des ressources forestières ont contribué à la promotion de l’économie forestière et à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

L’adoption de la loi portant Code de l’Environnement au cours de l’année 2013 par la Représentation nationale constitue le meilleur gage d’un développement durable. De même, l’élaboration de l’avant-projet de loi portant interdiction des sachets plastiques non biodégradables au Burkina Faso sera prochainement soumise à votre Auguste assemblée.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

En matière de décentralisation, le Burkina Faso connait depuis 2006 une communalisation intégrale de son territoire avec la création des 351 communes : la mise en place des organes délibérants et exécutifs de ces communes qui sont tous fonctionnels ; les organes renouvelés notamment, à travers les élections couplées du 02 décembre 2012.

Le schéma national d’aménagement du territoire, longtemps attendu a été  élaboré et adopté en 2013 par le Gouvernement. Il  permet de déterminer la destination générale des terres, la nature et la localisation des grands équipements d’infrastructures sur l’ensemble du territoire national. Son adoption offre à notre pays un référentiel unique auquel devront se référer les politiques, programmes et projets sectoriels et régionaux de développement.

Aussi, pour l’élaboration des schémas régionaux d’aménagement du territoire, un guide a-t-il été élaboré pour faciliter la conception des plans prévus pour 2014 et 2015.

Je voudrais ici remercier le Gouvernement et le peuple américain qui nous ont permis, à travers le déroulement du Millenium challenge account (MCC), de faire de réel progrès en matière de sécurisation foncière.

Nous restons néanmoins conscients que le processus de transfert de compétences et de ressources aux collectivités territoriales  se heurte encore à de nombreux obstacles dont souvent d’ordre  bureaucratique et la résistance de certains agents de l’Etat peu enclins de voir leurs prérogatives transférées aux communes. Je puis vous assurer que je veillerai à ce que les recommandations prises lors de la 4ème Conférence nationale   de la décentralisation (CONAD) tenue dans le dernier trimestre de l’ année 2013, aboutissent à la levée des obstacles majeurs aux transferts de compétences et de ressources pour les communes qui disposent de la capacité de les absorber et de les mettre en œuvre.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

  1. V.            le pôle du renforcement de la coopération internationale et de l’intégration régionale, de réhabilitation et du rayonnement de l’image du Burkina Faso et son leadership mondial.

Au plan diplomatique, notre influence n’a cessé de croître sur la scène internationale. Ce rayonnement, vous vous en doutez, s’explique par : l’action personnelle du Président du Faso et, par le savoir, le savoir-faire, le savoir-être des fils et filles de ce pays dans divers domaines, partout où ils se trouvent. En vue de la consolidation de ce leadership, nos rapports avec le monde se sont déclinés, au cours de l’année 2013, autour de la défense des intérêts du Burkina Faso au sein de la Communauté internationale, du renforcement de sa contribution aux processus d’intégration régionale et sous-régionale en Afrique ainsi que de la poursuite de ses efforts en faveur de la promotion de la paix et de la sécurité internationale.

Plusieurs actions ont été entreprises en faveur de la protection des Burkinabè de l’Etranger et de la promotion de leur participation au développement national. Des missions effectuées par les agents de l’administration ont permis de doter nos compatriotes de documents essentiels tels que la CNIB, le passeport, le certificat de nationalité burkinabè, le carnet de voyage CEDEAO et de lancer la production de la nouvelle carte consulaire.

Par ailleurs, et pour consolider notre présence dans le monde, notre couverture diplomatique connaît un élargissement avec l’ouverture d’ambassades au Tchad, en Russie, en Turquie ainsi que de Consulats Généraux à Lomé et à Milan. Pour ce qui est des Consulats Honoraires, ils sont à ce jour au nombre de 82.

S’agissant du renforcement de notre contribution aux processus d’intégration régionale et sous régionale en Afrique, au cours de l’année sous revue,  notre pays a pris part à toutes les rencontres des instances de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de la CEN-SAD et du Conseil de l’Entente. Je dois signaler aussi notre présence active sur tous les chantiers communautaires ainsi que nos efforts internes. Vous vous souviendrez, Honorables députés, que Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso,  a été mandaté par ses Pairs pour suivre la mise en œuvre du Protocole relatif à la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO.

Je dois noter ici la tenue en juillet 2013 à Yamoussokro, de la tenue de la Conférence au Sommet du Traité d’amitié Burkina-Côte d’Ivoire. Ce cadre presque unique en Afrique, réunit les gouvernements au complet des deux pays. D’importantes décisions ont été prises dont les plus emblématiques demeurent la réhabilitation du Chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya-Tambao,  la construction de l’autoroute Yamoussokro-Ouagadougou.

En matière de promotion de la paix et de la sécurité internationales, le Burkina Faso a renforcé sa participation aux opérations de maintien de la paix. A ce jour,  il occupe la 21e place dans le classement des pays contributeurs de troupes au niveau mondial, la 11e au niveau africain et la 5e au niveau sous-régional.

A cet effet, je voudrais souligner avec force ici, la participation jusqu’à nos jours, de nos Forces Armées Nationales à la stabilisation du Mali.

Concernant en particulier la crise malienne, il convient de saluer les efforts consentis par le Médiateur de la CEDEAO, S.E.M. Blaise COMPAORE, qui ont abouti à la signature, le 18 juin 2013, de l’« Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs  de paix au Mali ». Ledit accord a permis l’organisation réussie de l’élection présidentielle malienne sur toute l’étendue du territoire et créé un cadre pour mener des pourparlers  inclusifs avec toutes les communautés du nord du Mali.

Il convient  enfin de saluer l’évolution positive de la situation en Guinée, ainsi que l’esprit de consensus des acteurs politiques en Guinée-Bissau pour conduire à terme, la transition politique dans ce pays, avec la tenue prochaine de l’élection présidentielle.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Qu’il me soit permis, au nom de la Nation entière, d’exprimer ma profonde gratitude à l’endroit des pays amis, de nos  Partenaires Techniques et Financiers pour leur constante disponibilité, leurs soutiens multiformes et surtout pour la confiance sans cesse renouvelée au Gouvernement dans la conduite de la destinée du peuple burkinabè.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Avant de conclure mon discours, je voudrais  vous demander par avance votre indulgence, tant le bilan que je viens de vous dresser, loin d’être exhaustif, peut cacher des omissions, des lacunes ou des insuffisances. Je reste donc à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires.

Ces progrès que nous avons réalisés dans un contexte national parfois tendu et un environnement international difficile, l’ont été grâce aux directives avisées de SEM  Blaise COMPAORE, Président du Faso, Président du Conseil des Ministres. Je voudrais ici lui témoigner de façon solennelle toute la reconnaissance de mon Gouvernement pour la confiance sans cesse renouvelée en nous et lui dire toute notre disponibilité à poursuivre sans relâche sous son leadership avisé, la mise en œuvre de son Programme quinquennal. Les résultats positifs auxquels nous sommes parvenus, sont l’illustration de la pertinence de sa vision politique et de l’amour qu’il porte à son peuple.

Je voudrais aussi dire, que ce bilan est l’action conjuguée de tous les fils et  filles  du Burkina Faso auxquels je profite de votre tribune, pour rendre un vibrant hommage pour leur engagement résolu et constant à nos côtés. Je pense aux milliers d’associations, aux ONG, aux OSC et à toutes les initiatives individuelles déployées  dans les coins les plus reculés du Burkina Faso.

Lors de ma visite le 15 mars dernier  à Labola  chez sa majesté Mawoura Tollé Sagnon, chef de canton du Karaborola dans la Comoé, j’ai été séduit par ces jeunes hommes et femmes du village de Kouagoué qui ont cotisé deux millions pour réaliser un ouvrage de franchissement.  Avec deux millions on ne peut certes pas réaliser une telle infrastructure. Mais ici, la symbolique est  forte, car, elle traduit le volontarisme des burkinabè conscients que l’Etat seul ne peut développer le pays.

A ces jeunes de ce village, j’ai promis que le Gouvernement complètera la somme pour la construction de leur pont. C’est  cette dynamique qui peut accélérer l’émergence du Burkina.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Les  débats animés que nous connaissons et qui sont perçus par certains comme une crise, ne sont en réalité que le signe de l’expression de la démocratie qui du reste, ne constitue pas une exception burkinabè.

Je reste convaincu que le bon sens et l’attachement à nos valeurs séculaires de dialogue et de paix, vont prendre le dessus sur les divergences actuelles. Notre pays est dirigé par un homme d’Etat aux qualités exceptionnelles, qui a su sortir le Burkina Faso  des sentiers battus. Il a su apporter des réponses appropriées aux situations les plus difficiles.  Je parle de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, qui a jusque-là démontré sa capacité et sa détermination à conduire notre pays pacifiquement vers le progrès, la paix et la concorde nationale. A cet effet, fidèle aux valeurs qui ont toujours motivé son action politique, il ne démentira pas Martin Luther King qui disait et je cite « la mesure ultime d’un homme ne s’apprécie pas dans les moments confortables mais lorsqu’il se tient face aux défis et aux controverses. » Fin de citation.

Monsieur le Président,

Honorables Députés,

Avant de vous céder la parole,  je voudrais profiter de cette tribune que vous m’offrez, pour inviter l’ensemble des Burkinabè à prendre conscience que  nous devons tous croire en nos capacités à relever les divers défis qui se présentent à nous et, quel que soient les difficultés et obstacles que nous rencontrerons sur notre chemin, nous devons savoir les contenir avec toute la dignité et le courage nécessaires.   Comme l’a dit Aristote dans l’Ethique à Nicomaque : « Plus une chose est difficile, plus elle exige d’art et de vertu » et ce n’est pas, loin s’en faut, ce qui manque au légendaire et courageux peuple de notre Faso à tous, bien aimé.

Dieu Bénisse le Burkina Faso !

Je vous remercie !



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 14 commentaires

  1. bilan propre!les anglais disent “no comment”.Quand tout est tranquille nul n’a besoin d’etre ?labor?.Ca nous ?tonne pas que certains trouvent quelque chose encore a dire.Seulement c’est les jaloux qui vont maigrir

  2. D. BOUBAKAR napoli ITALIE |

    Merci Mr le premier ministrepour votre conte rendu mais en ce qui conserne la securit? de notre pays ilfaudras declar? d?faite car l’insecurit? est total dans notre pays .mais cella ne depande pas de la police ni de la gendarmerie .la d?fection est de cot? de la justice par ce que un criminel arret? est libre en moin de quel que moi car notre justice est corompus a cent pour cent le fais grave qui entrene le m?canisme de notre administration dans la boue est la direction generale des examen et concourpar ce que la ba toute les examen son vendu.. autre chose Mr le premier minstre je vous prie de bien vouloir visiter hopital de secteur 15 de ouagadougou pour vous rendre conte de la soufrence de notre population dans le moi de aout 2012 devan moi les docteur est obliger de liber? un malade ? 2 heur du matin pour manquant de placeje vous declare ouvertement que hopital m?me ne repond pas aux igienique pour un quartier comme padoua en conclusion Mr le premier ministre les burkinab? son fatigu?e des discour unitile la pousier tue les burkinabe a ouagadougou et dans les province en plus il faux eviter sur tous de vendre les mine d’or aux blanc comme exemple a yuga les canadien exploite 250 kilograme d’or par semaine aux moin il pouvais aider le governement a bitume l’axe manga -zabre pour aider ala reduction de banditisme

  3. le bilan du gouvernement est positif.J’aime le dire;il ne faut pas etre l? a critiquer uniquement les failles du gouvernement.Il faut aussi savoir reconnaitre les bonnes actions pos?es.

  4. j’ai suivi le premier ministre du debut jusqu’a la fin.Et franchement j’ai app?reci? son discours.Luc Adolph Tiao est un des plus durs premiers ministres que le pays ait connu

  5. je suis content quand le PM dit que le s?nat est tjrs d’actualit? parcequ’il figure dans notre loi fondamentale mais au m?me moment j’ai voudrais lui demander si la limitation de mandats pr?sidentiels n’est pas inscrite dans cette m?me loi dite fondamentale?

  6. Discours pleins d'intentions, rien que des intentions d?magogiques. Vous vous en rendriez compte en ?coutant le Premier Ministre dans la deuxi?me du point sur l'?tat de na nation, la r?ponse aux questions des ?lus. Voil? un premier ministre , un gouvernement et une mouvance pr?sidentielle aux antipodes de la conscience, de l'?veil et du r?alisme d'une jeunesse burkinab? aujourd'hui tr?s ambitieuse, battante, et moins condescendante. C'est un Premier Ministre ?pris d'un Fatalisme tel qu'il traite m?me notre Grande Nation, le Pays des Hommes Int?gres, de " Le Petit Burkina " face aux pesanteurs naturelles, g?opolitiques qui minent l'envol?e de notre pays vers l??mergence. Il tente des fois d'?tre honn?te sur les difficult?s sur certains projets, mais c'est avant tout un aveu d'incapacit?, d'incomp?tence doubl? d'un manque de patriotisme et d'un ?gocentrisme consistant ? laisser telles les difficult?s nous ruiner pendant que nous avons les comp?tences ici ou ailleurs ! Ce long verbiage ne convainc aucun citoyen ?clair? et libre de ses opinions. Il faut pousser tout ce syst?me ? la retraite anticip?e en 2015. 28 ans de mal-gouvernance avec le m?me syst?me constipatoire, c'est trop de mal?dictions. L'?tat de jungle fa?onn? par Compaor? et son CDP est inacceptable. Il nous faut un ?tat d??galit? et d'?quit?.

  7. LE gouvernement se donne r?ellement pour que le pays am?liore!nul ne peut dire le contraire!rien qu’en ?coutant le discoure de luc on sent de l’am?lioration sur tous les points.bravo au gouvernement!

  8. LES fossoyeur du pays tu ne les connais pas?je te rappel que ceux qui ont vraiment ruin?s la nation c’est bien ?videment roch simon et salif!c’est eux ils ?taient sens?s a la bonne marche de beaucoup de projets ?labor?s par Blaise.cherchons le probl?me ou il est!

  9. bravo,monsieur le premier ministre pour ce bilan ,autant le dire le Burkina est un pays ou nous devons pour avancer reconna?tre tous les efforts fournis par tout individu ,quel-qu en soit sa valeur il faut encourager ,monsieur nous vous savons travailleur ,alors nous comptons sur vous pour des avancements pour le compte de l ann?e avenir (2014)vive le gouvernement Tiao

  10. Eric Sawadogo, vous ne faites que r?p?ter la m?me chanson, il faut accepter ?voluer et reconna?tre que le Burkina bouge et les choses ?voluent, il faut souvent d?passer cette id?e basique que la plupart des burkinab? nouent tous les jours. Il faut voir la r?alit? en face et voir ce que le gouvernement a fait malgr? ses ressources limit?s.

  11. Fils du Centre-Ouest |

    Je souhaite que vous oeuvrez ? ce que les CSPS qui ne repondent pas aux normes nationales, le soient. Ils sont encore nombreux ces CSPS qualifi?s de dispensaires am?lior?s. C’est facile de les identifier. A quand l’effectivit? du nouveau d?coupage administratif, surtout les nouveaux d?partements pour encore rapprocher l’administration de l’administr?. Nous pensons que l? o? il y a eu consensus et crit?res bien remplis, il faut aller vite afin que ceux qui sont toujours ? couteau tir? prennent le bon exemple.

  12. moins d'un tiers des Burkinabe savent lire et ?crire.nos h?pitaux sont d?pass?s.l'?crasante majorit? vit sous le seuil de pauvret?.le chantiers abandonn?s ou en souffrance d?montrent que ce r?gime est fort dans la malgouvernance.blaise est le fossoyeur de ce pays et pour rien au monde les Burkinabe consciencieux ne le laisseraientt faire une mn de plus apr?s nov 2015.

  13. ?coutez, vous avez ?t? un bon journaliste, puis un ambassadeur ?m?rite mais de gr?ce ne vous compromettez pas avec cette histoire de s?nat qui nous m?nera tout droit vers la ruine.

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