Comment soigner l’anémie de l’enseignement secondaire ?

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Le Premier ministre, lors de son discours sur la situation de la nation, le 4 avril dernier devant l’Assemblée nationale, a mis le doigt sur un des multiples défis qui s’imposent aux Burkinabè : l’enseignement secondaire.

Des élèves dans la rue à Ouaga en mai 2013 (Ph : DR)
Des élèves dans la rue à Ouaga en mai 2013 (Ph : DR)

Luc Adolphe Tiao a relevé le faible taux de réussite aux différents examens dont le BEPC et le BAC. Les chiffres sont en effet à la baisse dans la période de 2012 à 2013. Au BEPC, le taux de réussite est passé de 52,16% à 22,6%. Le Baccalauréat a chuté de  37,1% à 34,9%. C’est « préoccupant », en effet.

Mais comme le dit un proverbe du Burkina, mieux vaut chercher la cause de sa chute là où l’on a trébuché et non à l’endroit où l’on a mordu le sol.

Le Premier ministre a en cela appliqué le proverbe en indexant « les troubles récurrents consécutifs aux mouvements des élèves et la persistance des grèves » comme « les causes principales » de cette chute vertigineuse.

Mais LAT  a aussi reconnu « une part de responsabilité de l’Etat avec l’insuffisance des moyens déployés et la surcharge des classes », quoiqu’il laisse transparaître que cette cause-là est mineure par rapport aux premières citées.

Soit. Des élèves qui ne sont jamais en classe, des enseignants qui ne donnent jamais cours, passant le temps à crier dans la rue et à jouer les durs avec les forces de l’ordre ne font pas bon ménage avec de bons taux de succès aux examens. Mais n’est-il pas objectif de reconnaître qu’ils ne l’ont pas fait non plus pour la seule envie de toiser du CRS ou pour uniquement « déranger » les ministres ?

A notre avis, les deux causes citées plus haut se tiennent et s’entremêlent. Le Chef du gouvernement a bien fait de parler de « sursaut national » pour sauver l’enseignement secondaire, et même le système éducatif burkinabè dans son ensemble.

Ce sursaut doit peut-être venir d’abord du gouvernement. Montrer une oreille un peu plus attentive et surtout plus agissante aux revendications des enseignants.

Eviter de faire inutilement dans la provocation en ce qui concerne les élèves, qui n’attendent qu’un seul prétexte pour se cabrer. Les efforts déployés cette année pour instaurer le dialogue et l’éducation au civisme sont louables et bons à continuer.

Enfin, instaurer une plus grande moralisation au sommet de l’Etat. Il est difficile de rendre sa blancheur à un linge blanc en le lavant avec de l’eau sale.

Ces signaux forts venant du haut du phare forceront peut-être les parents d’élèves à s’assumer un peu plus et à regarder de plus près à l’éducation de leurs enfants.

 Des enseignants, qui ne se demandent plus si le carburant dans le réservoir de leur mobylette suffira à les amener à l’école, n’auront plus d’excuse pour s’acquitter de leur devoir et instaurer l’autorité qu’il faut pour des conditions d’études réussies. Peut-être alors les élèves auront plus leurs pensées tournées à découvrir les richesses du savoir.

La seule question est : pourra-t-on appliquer cette thérapie ?

La Rédaction



Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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Il y a 6 commentaires

  1. je pense que les responsabilit?s sont partag?es de part et d’autres. parlant d’abord des parents qui loin de savoir que l’?ducation de l’enfant passer primo en famille avant d’atteindre les salles de classes,pensent que une fois inscrit l’enfant ? l’?cole,l’?ducateur ou l’enseignant doit ?tre responsable de son devenir. ensuite,les encadreurs pour une raison ou une autre(…)

  2. Le mot an?mie est fort ? propos mais vous n’avez diagnostiqu? une seule facette de la gangr?ne qui tue les efforts du primaire et envoient des bacheliers bancals ? l’universit?:
    – le MESS est min? par le peu de souci que les prof d’universit? (le ministre sort tjrs de leurs rangs) accordent ? l’enseignement secondaire depuis les encadreurs aux ?l?ves en passant par les enseignants
    – L’ENS/UK charg? de former le personnel est en train de s’illustrer dans des retards dans l’ex?cution de ses programmes qui font penser aux chevauchement de promotions ? l’UO (stages report?s, suivi al?atoire des stagiaires sur le terrain, )
    – de jeunes enseignats comp?tents et ambitieux, devenus encadreurs se tournent les poussent dans les DR par manque de carburant pour les visites de classe
    – les ?tablissements souffrent de la compromission de l’insuffisance de formation professionnelle de certains enseignants, des probl?mes de gestion avec des chefs d’?tablissement plus que d?motiv?s, de l’indiscipline des ?l?ves …)
    QUE ALLAH DANS SON INFINIE MIS?RICORDE NOUS SAUVE!

  3. Le mot an?mie est fort ? propos mais vous n’avez diagnostiqu? une seule facette de la gangr?ne qui tuent les efforts du primaire et envoient des bacheliers bancals ? l’universit?:
    – le MESS est min? par le peu de souci que les prof d’universit? (le ministre sort tjrs de leurs rangs) accorde ? l’enseignement secondaire depuis les encadreurs aux ?l?ves en passant par les enseignants
    – L’ENS/UK charg? de former le personnel est en train de s’illustrer dans des retards dans l’ex?cution de ses programmes qui font penser aux chevauchement de promotions ? l’UO (stages report?s, suivi al?atoire des stagiaires sur le terrain, )
    – les ?tablissement souffrent de la compromission de l’insuffisance de formation professionnelle de certains enseignant, des probl?mes de gestion avec des chefs d’?tablissement plus que d?motiv?s, de l’indiscipline des ?l?ves …)
    QUE ALLAH DANS SON INFINIE MIS?RICORDE NOUS SAUVE!

  4. merci ? tous pour ces analyses; cependant, je tiens ? signaler l’?tat de fait suivant: un ?l?ve arrive en 6?me ne sachant m?me pas lire une seule bonne phrase ne fran?ais, ni m?me ?crire correctement son propre nom, s’il vous pla?t ce n’est pas une fait divers j’en ai personnellement ?t? t?moin auculaire. Quelle magie va faire un professeur de fran?ais pour mettre cet ?l?ve l? ? niveau. Cons?quence tout le monde ferme les yeux et cet ?l?ve par beaucoup de gymnastiques arrivent en 3?me, ?coutez je vous assure que ce n’est pas pour am?liorer le taux de succ?s mais bien le contraire, bref le probl?me vient de loin, il vient de la base, depuis les premiers pas ? l’?cole, merci.

  5. Je suis enti?rement d’accord avec Haricotvert en ce sens que tant que chacun doit ?tre l’exemple pour les autres. Les d?cideurs ne sauraient ? eux seuls ?tre l’exemples. L’enseignant en premier sera le mod?le pour l’?l?ve et ainsi de suite. De nos jour on voit des profs qui exigent le d?part du chef d’?tablissement comme si eux n’ont aucune tare. Les ?l?ves aussi appr?cient n?gativement les profs et exigent leur remplacement. Ce syst?me laxiste ne peut rien produire de bon. La discipline tant au niveau des encadreurs que des ?l?ves doit ?tre instaurer pour un enseignement soucieux du devenir de tous.

  6. Pour avoir ?t? enseignant pendant 2 ann?es dans le syst?me ?ducatif du Faso, je crois qu’au dela des causes mentionn?es dans l’article, la situation ira de mal en pis pour une autre raison tr?s simple: Si les ?l?ves sont impolis et pensent dans les classes d’examen qu’avec m?me 3 de moyenne on peut r?ussir, je ne vois pas quel miracle peut changer la situation. Il faut comme ce qui se fait deja en C?te d’Ivoire instaurer une note de conduite en classe. Cela aura pour cons?quence de r?duire drastiquement le nombre de cas d’impolitesses et verra les enseignants plus motiv?s ? donner le meilleur pour leur ?l?ves. Ensuite, il faut tenir compte de la moyenne de classe dans les conditions de rachat aux examens (ce qui se fait aussi d?j? en C?te d’Ivoire avec de bons r?sultats). Ce fait obligera les ?l?ves ? venir en classe et quand on vient ? l’?cole, il est logique qu’on apprenne plus surtout quand on est poli et que l’enseignant fait l’effort n?cessaire pour faire passer le message. Tout cela n’est pas difficile ? faire mais tant que ce ne sera pas fait, tous les autres efforts seront de la peine perdue.

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