Recrutement des opérateurs de kits par la CENI: pour le député Ablassé Ouédraogo, des problèmes de transparence et de crédibilité se posent

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Le recrutement des agents pour la mise a jour du fichier ne s’est pas déroulé sans difficultés, pour le centre de Ouagadougou. Les conditions dans lesquelles ce recrutement a été conduit à Ouagadougou ont été pointées du doigt par le député d’opposition Ablassé Ouédraogo qui a interpellé le Gouvernement, à l’occasion de la séance plénière de l’Assemblée nationale de ce vendredi 25 avril, consacrée aux questions du Parlement.
Les images de bousculades au stade du 4 Août lors du premier jour de dépôt des dossiers de candidature pour le recrutement de 2 500 opérateurs de kits ont fait courir beaucoup de bruits et suscitent maintenant des interrogations.

La situation n’est pas passée sans poser un problème, notamment quant à la transparence dans ce recrutement, voire la crédibilité du processus électoral même.

Par une question d’actualité, le député Ablassé a interpellé le gouvernement, représenté par Jerome Bougma, pour demander, à demi-mot, l’annulation du recrutement et relevé pour l’occasion le vide juridique concernant ce type de recrutement par la CENI.

Ablassé Ouédraogo, président de "Le Faso Autrement" (Ph : Dr)
Ablassé Ouédraogo, président de “Le Faso Autrement” (Ph :Burkina 24)

Le président du Faso Autrement a en effet pointé du doigt l’absence de récépissé au dépôt du dossier et l’intervention des agents de sécurité pour la réception des dossiers.

Qui plus est, a soulevé le député, les dossiers auraient été traites avec une grande rapidité (72 heures selon le député).

Toute chose qui laisse planer un doute dans la tête du député: “Tous les dossiers ont-ils pris en compte?”, s’est interrogé le député.

En effet, la remise de récépissé était prévu et a été respectée à Bobo où le processus de recrutement s’est déroulement sans problème, a indiqué le ministre de l’administration territoriale et de la sécurité. À Ouaga, il y a eu une bousculade et cela a amené la CENI à alléger le processus.

Pour le ministre Jerome Bougma, “aucun dossier n’a été abandonné sur place”. Selon les chiffres données par le ministre Bougma, 19 747 dossiers auraient été enregistrés le premier jours et 4 948 dossiers pour le deuxième jours pour le centre de Ouagadougou.

Au total, la CENI aurait reçu 27 903 dossiers dont le traitement aurait été effectué, non en 72 h comme l’a avancé le député, mais au fur et à mesure, par une équipe de tri qui a identifié les dossiers répondant aux critères.

En jeu, la crédibilité du processus électoral lui même

Pour Jerome Bougma qui a estimé que “la CENI a agit en bon père de famille et avec professionnalisme face a une difficulté inattendue“, la demande d’annulation ne peut être justifiée et le gouvernement respectueux de l’indépendance de la CENI ne peut envisager une telle action.

Ce n’était pas l’objectif premier d’ailleurs du député auteur de question, car, selon Ablassé Ouedraogo, il s’agissait surtout, à travers sa question de relever certaines inquiétudes.

“Rien ne prouve que tous les dossiers ont été pris en compte, cela cela pose un problème de transparence” et pourrait constituer une violation du principe de l’égalité entre Burkinabé, inscrite dans la constitution, a argumenté le député.

Mais surtout cela constitue une source d’inquiétude car toute la crédibilité du processus repose sur les ressources humaines qui conduisent ce processus.

Un autre motif d’inquiétude pour le député auteur de la question d’actualité, c’est  l’absence dans le code électoral de dispositions sur ce type de recrutement.

La CENI aurait d’ailleurs transmis des propositions au gouvernement pour la relecture du code électoral, des propositions qui pourraient prendre en compte ces inquiétudes, a promis Jérôme Bougma.



Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

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Il y a 8 commentaires

  1. c'est juste monsieur le depute. trop d'irr?gularit?s dans beaucoup de procedures.que le minister de la function publique vienne nous expliquer le r?crutement "special" d'?l?ves commissaires de police sur etude de dossiers et entretien: pourquoi deux recrutements la meme ann?e? a quoi servent les DRH? pourquoi sur entretien en violation de la procedure classique? pour avoir des commissaires "acquis"?

  2. ne nous cachons pas la v?rit?,le gouvernement ne peut pas trouver du travail pour tous les jeunes il faut que tout un chacun comprenne ?a!d?j? ce qu’il fait c’est de trop!

  3. la reponse du ministre n’etanche pas ma soif. les inquietudes du deput? Ablass? sont reelles et demeurent.

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