Situation à Kidal : IBK fait le choix du dialogue et de la « real politik »

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Finalement, le Président malien Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) a décidé d’opposer la menace « des juridictions nationales et internationales » à l’attaque du Premier ministre Moussa Mara, à la mort des 36 Maliens et à la prise d’otages du MNLA.

Dans son adresse à la nation le 19 mai, IBK a tenu  un discours martial qui, dès son entame, faisait craindre que le Chef suprême des forces armées ne décrète une réplique militaire à ce qu’il a d’ailleurs considéré comme une « déclaration de guerre ».

Les mots du Chef de l’Etat n’ont pas été tendres. Il ne s’est pas embarrassé pour mettre  MNLA, groupes terroristes et narcotrafiquants dans le même sac.

Alors que la MINUSMA doute que des terroristes soient mêlés à l’attaque et que la France attend que « tout se décante » avant de tirer des conclusions, IBK, lui, se veut affirmatif : « il n’est plus permis de douter de la collusion entre les mouvements armés sévissant dans le Septentrion malien et le terrorisme international : samedi dernier, les fanions d’AQMI et d’Ansardine flottaient en effet sur les véhicules des agresseurs, à côté de ceux du MNLA ; Qui plus est, la prise d’otages ainsi que leurs exécutions sommaires, constituent les meilleures illustrations, quoique macabres, de cette collusion ».

Insistant sur la « l’unité du Mali » « un » et « indivisible », l’on s’attendait à ce que le président malien décide de régler définitivement par la force la question de Kidal, qui semble l’exaspérer au plus haut point, et avec lui, nombre de Maliens, (il ne digère pas en tout cas que le MNLA profite de l’accord de Ouagadougou pour se reconstituer des forces avec une « insolente et incompréhensible liberté de mouvement et de manœuvre »).

Mais la fin du discours donne une autre voie. « Nous allons donc au dialogue », a dit IBK qui considère que « le salut passe impérativement par là ». Quant aux soldats tombés sur le champ de bataille, aux civils qui ont été abattus, aux fonctionnaires pris en otages, le président malien réserve à leur bourreau, la menace des « juridictions nationales et internationales ».

Pouvait-il seulement en être autrement ? Il est connu que le MNLA est dans le giron de la France, qui, sous le prétexte qu’il l’avait aidée à bouter les djihadistes hors de Kidal, avait étendu son veto protecteur lors du « nettoyage » lancé par l’opération SERVAL.

IBK, qui a eu l’occasion de remercier sous plusieurs formes le « sauveur », peut-il se résoudre à faire œuvre d’ingratitude ?

Il apparaît également qu’on ne saurait appréhender totalement l’onde de déflagration d’une guerre ouverte entre les forces armées maliennes et le MNLA. Mais, dans l’absolu, le président malien peut avoir une consolation : les soldats maliens sont désormais à Kidal.

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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